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Dans « L’Eté de notre colère », l’auteur s’interroge sur la part de responsabilité des progressistes dans le retour de Donald Trump au pouvoir.
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A Minneapolis (Etats-Unis), le 2 juin 2020, sur les lieux du meurtre de George Floyd par la police. « L’Eté de notre colère. L’avènement du dogmatisme identitaire » (Summer of Our Discontent. The Age of Certainty and the Demise of Discourse), de Thomas Chatterton Williams, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Colin Reingewirtz, Grasset, 368 p., 24 €, numérique 17 €.
Dans son essai précédent, Autoportrait en noir et blanc (Grasset, 2021), Thomas Chatterton Williams mêlait déjà récit intime et réflexion théorique pour refuser les assignations raciales. Avec L’Eté de notre colère. L’avènement du dogmatisme identitaire, l’essayiste américain ne conteste ni la réalité des discriminations ni la nécessité de faire entendre des expériences invisibilisées. Il s’inquiète en revanche du moment où l’identité devient une grille générale de lecture du monde, enfermant chacun dans son appartenance. Et pose la question qui fâche : quelle part de responsabilité les démocrates américains ont-ils eue dans la réaction « antiwoke » ayant accompagné le retour de Trump au pouvoir ? Une position d’équilibriste parfois périlleuse, mais stimulante, chez cet Américain devenu aussi observateur des passions françaises – il vit entre Paris et New York depuis quinze ans.
Le titre de votre livre est « L’Eté de notre colère ». Qui est ce « nous » ?
A l’été 2020, quand j’ai commencé à écrire cet essai, il y avait de la colère partout. Le livre porte sur le discours racial, mais aussi la pandémie de Covid-19, le confinement et la frustration d’être enfermé chez soi. Il y avait également l’élection opposant Donald Trump à Joe Biden. Les conservateurs ont trouvé un objet de révolte dans les restrictions sanitaires. Les progressistes, eux, se sont mobilisés contre le racisme, présenté comme une autre pandémie : celle de la suprématie blanche. Toute la société était traversée par cette colère. Et ce « nous » dépasse d’ailleurs les seuls Etats-Unis : le livre parle aussi de la France et de l’Europe.
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