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À huit mois de la présidentielle, le président de l’UDR appelle les électeurs « de droite » à « ne plus perdre de temps » et à soutenir la candidate… d’extrême droite.

ARTHUR N. ORCHARD / Hans Lucas via AFP
Éric Ciotti et Marine Le Pen à la présentation détaillée du programme du Rassemblement National en cas de victoire aux élections législatives anticipées, le 24 juin 2024.
Éric Ciotti a choisi son camp, et il le fait savoir. À moins d’un an de l’élection présidentielle, le président de l’Union des droites pour la République (UDR) appelle les électeurs « de droite » à soutenir Marine Le Pen. Dans un message publié dimanche 23 août sur X, il indique : « Je dis aux électeurs de droite de ne plus perdre de temps, parce que notre pays n’a plus le loisir d’en perdre, et de participer à la véritable alliance du changement entre l’UDR et le RN en soutenant Marine Le Pen. »
Le 15 août dernier, Éric Ciotti avait déjà annoncé, au cours d’un entretien accordé au JDD, qu’il serait « engagé loyalement et fortement pour la victoire de Marine Le Pen ». Il y expliquait également considérer l’alliance entre son mouvement et le Rassemblement national comme « le seul choix possible » pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « socialisme de circonstance ».
« Marine Le Pen possède aujourd’hui l’expérience et le courage nécessaires pour engager la véritable révolution dans les pratiques, dans l’économie et dans la gestion dont la France a besoin », affirmait-il. Une prise de position qui contraste avec la précédente élection présidentielle. Le soir du premier tour en 2022, Éric Ciotti avait annoncé qu’il ne voterait pas pour Emmanuel Macron au second tour. Mais il avait également refusé de donner une consigne de vote aux électeurs de droite.
« J’ai été le premier artisan d’une véritable alliance avec le RN »
Entre ces deux présidentielles (et après une aventure aussi infructueuse que rocambolesque à la tête des Républicains), Éric Ciotti s’est fortement rapproché du RN. Le 11 juin 2024, au lendemain de la dissolution de l’Assemblée nationale, alors que des élections législatives anticipées étaient annoncées, il déclarait : « Nous avons besoin d’une alliance, en restant nous-mêmes, (...) avec le Rassemblement national et avec ses candidats. » Il avait alors proposé une alliance électorale entre Les Républicains et le RN pour les législatives des 30 juin et 7 juillet. Marine Le Pen avait salué son « choix courageux » et son « sens des responsabilités ». Et son parti l’avait exclu, conduisant in fine à la création de l’UDR.
Il rappelait d’ailleurs au JDD en ce mois d’août : « J’ai été le premier artisan, en tant que président de LR, d’une véritable alliance avec le Rassemblement national. Elle repose sur le constat que nous avons beaucoup plus de points communs que de divergences. »
Après son exclusion de LR, en 2024 donc, Éric Ciotti s’était tout de même présenté aux législatives avec le soutien du RN. Il avait été réélu dans la première circonscription des Alpes-Maritimes au second tour.
Depuis cette rupture avec LR, Éric Ciotti a structuré son propre mouvement autour de l’idée d’une union des droites avec le RN, un terme cher à l’extrême droite depuis des années, vu comme un moyen rapide pour elle d’arriver au pouvoir. À l’Assemblée nationale, cette proximité est désormais institutionnalisée : des députés UDR et RN siègent à proximité dans l’hémicycle, mais dans deux groupes distincts. Éric Ciotti a également défendu à plusieurs reprises l’idée d’une alliance durable entre les deux formations.


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