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Le vendredi 11 septembre, Francis Choinière, son Orchestre FILMharmonique et la violoniste Isabella d’Éloize Perron présenteront aux Montréalais en grande première Les quatre saisons du Québec de François Dompierre. Entretien avec le chef avant cette création.
Présenté comme une « première mondiale », le concert du 11 septembre à la Maison symphonique sera en fait une « quatrième », puisque les artistes ont déjà proposé ce même programme — associant Les quatre saisons de Vivaldi, Les quatre saisons de Buenos Aires d’Astor Piazzolla et Les quatre saisons du Québec de François Dompierre — au Palais Montcalm de Québec vendredi et samedi derniers et à la salle Les-frères-Lemaire de Victoriaville dimanche.
Encouragement
Le disque et les fichiers permettant de découvrir l’œuvre en téléchargement ou en écoute à la demande sont même accessibles depuis le 28 août. « C’est ce que l’on veut faire désormais. Pour l’enregistrement en général, mais tout particulièrement pour de nouvelles créations. Je crois que c’est encore plus important que les gens puissent découvrir une œuvre avant d’entrer en salle. Ça permet une meilleure appréciation, une meilleure capacité d’écoute et de compréhension de l’œuvre », dit au Devoir le chef Francis Choinière, désormais partie prenante dans les décisions artistiques de l’étiquette Atma, qui a publié l’enregistrement.
« Même dans l’industrie du film, très souvent la trame sonore va être disponible avant le film. Idem pour une nouvelle création de Broadway : les promoteurs veulent exposer quelque peu les gens à la musique avant qu’ils l’entendent en spectacle. »
Le projet des Quatre saisons du Québec est né dans la foulée de la création du Requiem. « Avant tout ça, François Dompierre avait plutôt déclaré que ça ne lui tentait plus vraiment de composer. Mais après le Requiem, je me souviens, en coulisses, juste avant de monter sur scène, il m’avait dit : “Si jamais tu as d’autres trips comme ça, moi je suis partant.” Donc, deux ou trois mois plus tard, je lui ai fait une proposition : “Nous avons notre tournée des Quatre saisons. Ça fait trois ou quatre fois qu’on fait cette tournée-là et on aimerait la renouveler avec une nouvelle œuvre. Est-ce que ça te tenterait de composer Les quatre saisons du Québec ?” Il y a réfléchi une ou deux semaines et a dit oui. Il a composé l’œuvre en trois ou quatre mois et on l’a enregistrée deux mois plus tard, en mars 2026, pour une sortie avant la tournée. »
Avec l’ancienne mouture à huit saisons (Vivaldi et Piazzolla), Francis Choinière, l’Orchestre FILMharmonique et Isabella d’Éloize Perron s’étaient rendus aux États-Unis, notamment à Carnegie Hall. Avec la création et les douze saisons, ce sera bientôt l’Europe : Paris, Bordeaux, Vienne, Berlin et Prague.
Profondément québécois
Dans sa très habile et attachante composition, qui s’articule comme un « concerto symphonique en quatre mouvements » (allegro/rigaudon ; mouvement lent/complainte ; scherzo/valse, contredanse ; Finale/quadrille), François Dompierre procède un peu comme Astor Piazzolla. Si le tango de Piazzolla est indissociable de l’Argentine (l’agencement en « Quatre saisons » étant, lui, dû au compositeur russe Leonid Desyatnikov à l’instigation de Gidon Kremer), les thèmes de Dompierre sont profondément québécois, ce qui fait la réussite du projet.
« En fait, chaque mouvement contient un petit clin d’œil à Vivaldi, note le chef d’orchestre. Il y en a qui sont plus évidents que d’autres. Mais je crois que l’approche était un peu plus dans le style folklore et le style violoneux pour les solos. C’était l’approche que nous voulions : quelque chose de québécois. Ce sont les inspirations, les idées de François Dompierre. Je l’ai juste guidé au sens où je voulais quelques rappels de Vivaldi pour arrimer le programme. »
Ces projets avec l’Orchestre FILMharmonique et Francis Choinière ont remis le pied à l’étrier à François Dompierre. « Il va écrire plus d’œuvres. Je ne veux pas me prononcer, parce que ce n’est pas confirmé encore pour lui, mais il y a en discussion des projets de compositions orchestrales pour d’autres ensembles. Pour lui, ce qui est important et encourageant, c’est que ces œuvres que nous avons commandées, que ce soit le Requiem ou les Quatre saisons, se jouent en salle. C’est très inspirant pour lui. Rien qu’au Québec, on présente le programme dans quinze villes. Beaucoup de gens vont entendre son œuvre. Comparez cela au modèle des commandes où la première se fait une fois dans une ville et n’est jamais reprise ! C’est plus difficile pour un compositeur de consacrer des mois de travail à cela. »


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