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Ancien nageur puis triathlète de haut niveau, Quentin Garel a transformé les blessures qui ont freiné sa carrière en une nouvelle opportunité. À 29 ans, le Lyonnais figure parmi les meilleurs Français d'Hyrox (discipline hybride qui combine course à pied et cross-training) et s’apprête à disputer les championnats du monde à Stockholm à partir du 18 juin. Une ascension fulgurante bâtie sur vingt ans de sport intense.
Damien Lepetitgaland - Hier à 12:30 | mis à jour hier à 17:39 - Temps de lecture :
Dans quelques jours, Quentin Garel prendra la direction de Stockholm pour les championnats du monde d'Hyrox. Une nouvelle étape dans la trajectoire étonnante de ce Lyonnais de 29 ans, qui fêtera ses 30 ans cet été et figure déjà parmi les meilleurs Français d’une discipline en pleine explosion.
Une famille où le sport fait partie du quotidien
Pour comprendre cette ascension express, il faut remonter bien avant les salles de fitness et les réseaux sociaux. Direction les bassins du sud lyonnais. Né dans le 8e arrondissement de Lyon et élevé à Charly, Quentin Garel grandit dans une famille où le sport fait partie du quotidien. Sa mère est nageuse, son père pratique plusieurs sports dont la course à pied. Dès l’âge de 4 ans, il découvre les bébés nageurs à Irigny. Il intègre quelques années plus tard les groupes de compétition. Pendant plusieurs années, il avale les longueurs avec sérieux.
« J’étais plutôt un diesel. J’aimais les longues distances et les efforts qui durent. » Une qualité qui n’est pas valorisée chez les jeunes nageurs. « On nageait surtout des 50 ou des 100 mètres. J’étais plutôt petit et frêle et je n’arrivais pas vraiment à m’exprimer sur ces distances-là. »
À 12 ans, un aquathlon organisé par le club d’Oullins agit comme une révélation. Pour la première fois, il enchaîne natation et course à pied. « J’ai adoré immédiatement. Je courais déjà un peu avec mon père et j’aimais cette idée de ne pas faire qu’un seul sport. » Quelques mois plus tard, il rejoint Oullins Triathlon (natation, vélo, course à pied). Un univers qui lui correspond davantage. Faute d’une importante section jeunes, il s’entraîne rapidement avec les adultes. « À 13 ans, je roulais déjà avec eux le dimanche matin. Ça forge forcément. » Les résultats suivent : Championnats de France jeunes, sélections internationales et Coupes d’Europe juniors. Il se construit un solide parcours dans le triathlon. « Porter la tenue de l’équipe de France à 16 ans, j’avais les étoiles dans les yeux. »
À seulement 20 ans, il doit arrêter le triathlon
Mais les blessures viennent bouleverser ses plans. À son arrivée dans les catégories élites, les déchirures aux mollets se multiplient. Malgré deux opérations, les problèmes persistent. À seulement 20 ans, il doit arrêter le triathlon. « Ça a été un vrai choc. Le triathlon représentait une grande partie de ma vie. ». Il se tourne vers l’eau libre, discipline qui lui permet de continuer à performer sans solliciter autant ses jambes. Il enchaîne les semaines à près de 40 kilomètres de nage. L’investissement lui permet de participer aux championnats de France et de remporter une Coupe de France d’Eau Libre.
En parallèle, il poursuit des études d’ingénieur à l’INSA Lyon dont il sort diplômé en 2021. Puis vient la vie active. Le haut niveau s’éloigne momentanément. Pas l’entraînement. « Je n’ai jamais arrêté le sport. »
Il découvre alors la musculation et s’y investit avec la même rigueur que dans ses précédentes disciplines. Trois à quatre séances par semaine, auxquelles s’ajoutent des sorties course à pied régulières. Sans le savoir, il est en train de construire le profil idéal pour le sport qui va bientôt changer sa vie. En 2024, l'Hyrox commence à s’installer en France. Le concept le séduit immédiatement : huit kilomètres de course à pied entrecoupés de huit ateliers de force. « J’avais la caisse du triathlète et la force développée grâce à la musculation. Je me suis dit que ce sport était fait pour moi. »
Dès son premier Hyrox officiel à Marseille, en décembre 2024, il décroche sa qualification pour les championnats du monde. Depuis, tout s’accélère, en individuel et même en duo avec Alan Cao et en mixte avec Ambre Keram. Premier Français aux Mondiaux de Chicago en 2025, vainqueur à Toulouse, lauréat au Grand Palais de Paris, qualifié pour le prestigieux circuit Elite 15 : le Lyonnais est devenu l’un des hommes forts d'Hyrox français avec un record solo à 56 minutes et 56 secondes. Avec 1,86 mètre pour 83 kilos, il affiche exactement les mensurations moyennes des athlètes les plus performants.
Les JO de Brisbane en Australie dans le viseur
Comme l'Hyrox lui-même, devenu un phénomène porté par les réseaux sociaux , son compte Instagram est passé d’environ 10 000 abonnés en janvier à plus de 21 000 aujourd’hui. Cette visibilité attire désormais sponsors, salles spécialisées et équipementiers. Un partenariat d’envergure avec une grande marque mondiale pourrait prochainement voir le jour.
À Stockholm, Quentin Garel visera une médaille mondiale. Mais son horizon dépasse déjà la Suède. Il imagine pouvoir rester performant jusqu‘à 35 ou 36 ans et regarde avec attention vers Brisbane, en Australie, où une épreuve de « fitness racing » pourrait intégrer le programme olympique en 2032. « Tous les athlètes de l’Elite 15 vivent de leur sport. Moi, j’ai envie de montrer qu’on peut aussi réussir avec un double projet. » Ingénieur devenu conseiller financier, sportif de haut niveau sans être professionnel à temps plein, le Lyonnais entend poursuivre cette aventure à sa manière. Avec la conviction que ses meilleures années sont peut-être encore devant lui.


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