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Il n’y a pas à dire, nos chefs politiques ne sont jamais aussi inspirés que lorsqu’ils vont sur le terrain et écoutent la population. Et la fameuse séance de porte-à-porte de Paul St-Pierre Plamondon dans la circonscription de Chicoutimi a visiblement donné un peu de souplesse à l’option référendaire qu’il a toujours semblé défendre sous l’injonction « crois ou meurs ». C’est la première fois, je pense, que le chef péquiste ne donnait pas l’impression de faire de « son » option un absolu hors duquel tout Québécois sensé et intelligent peut réellement aspirer à la fierté.
Tout en affirmant que son éventuel gouvernement disposerait d’une fenêtre de quatre ans pour réaliser son objectif, il a pris soin d’ajouter que « des gens intelligents et responsables vont agir en personnes intelligentes et responsables et [que] jamais on ne mettra en cause la sécurité économique des Québécois ou la sécurité tout court ». Même à dose homéopathique, ces mots étaient une bouffée d’air frais à l’approche d’élections qui en proposeront plus que le client en demande, sur fond de tensions avec nos voisins du Sud.
Ce contact avec « le vrai monde » n’était pas sans rappeler le retour de vacances de notre premier ministre démissionnaire, en septembre dernier, après le revers que son parti a subi à l’élection partielle dans Arthabaska. À sa sortie de limousine, dans un topo du 13 août 2025 sur le réseau de télévision Noovo, celui-ci affirmait candidement être à une étape d’humilité et d’écoute. Une étape d’humilité et d’écoute, vraiment ?
J’avoue que cette affirmation a ébranlé grandement le citoyen lambda (et sans doute très naïf) que je suis : si je vous ai bien compris, Monsieur le Premier Ministre, n’eût été cette énième défaite et des sondages catastrophiques qui vous plongent dans le caniveau (et que vous vous targuez généralement de prendre avec circonspection), vous ne seriez pas vraiment à notre écoute et votre humilité ne serait qu’une façade ?
Le menu s’annonce varié entre un parti de troisième voie avec, à sa tête, un ou une nouvelle première ministre qui devra distribuer des lunettes roses pour faire oublier son gouvernement en fin de régime ; un Parti québécois obsédé par son option référendaire et qui, par ses propos répétés sur l’immigration et un épisode tristement mémorable sur l’aplaventrisme du milieu culturel, fait craindre un sérieux virage à droite ; un Parti libéral toujours aussi farouchement fédéraliste qui baigne dans les enquêtes, dirigé par un ex-pharmacien qui se déclare déjà chauffeur officiel du camp du Non ; un Parti (toujours plus) conservateur qui salue la fin de l’unanimisme contre les oléoducs et rêve de maisons pour tous ; et finalement (toujours en ascension inversée !), un parti de gauche qui se dit également indépendantiste, mais qui semble avoir développé l’art de se peinturer dans le coin et n’avoir d’indépendantiste et de véritablement solidaire, bien souvent, que le nom.
Au-delà de ces étiquettes idéologiques de surface, que proposeront vraiment tous ces partis à celles et ceux qui forment le terrain ? Cette question, je la pose à toutes les personnes qui mettront leur visage sur un poteau en espérant accéder au pouvoir. En effet, il faudra que nous sentions réellement concernés pour qu’on ait le goût d’aller voter et encore plus de nous donner un nouveau pays. Sans compter que notre valse-hésitation pourrait se solder par la seule option susceptible de capter et de maintenir votre attention : soit celle d’un gouvernement minoritaire qui n’a pas vraiment le choix d’être à une « étape d’humilité et d’écoute ».


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