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Depuis des années, la culture des algues est présentée comme un moyen de ralentir le changement climatique. Or, une nouvelle étude relayée par New Scientist vient bousculer cette affirmation. D'après des scientifiques australiens, leur culture émet bien plus de CO₂ que ce que les algues n'absorberont une fois matures.
Chaque année, les algues absorbent en moyenne 3,7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, grâce à la photosynthèse. Ces organismes vivants poussent principalement près des côtes. Lorsqu'ils se décomposent, ils émettent du carbone.
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Dans les années 2010, les scientifiques ont commencé à ériger les algues comme un rempart au réchauffement climatique, en prônant notamment leur culture à large échelle. Ce qui permettrait, à terme, d'absorber du CO₂ en grandes quantités.
Une mesure que l'ONU estime nécessaire pour parvenir à endiguer le réchauffement climatique. Des forêts entières dédiées à la culture d'algues brunes ont été plantées, jusqu'à atteindre 640.000 kilomètres carrés à l'échelle mondiale –une superficie équivalente à celle de la France.
60% des forêts d'algues brunes en déclin
Mais aujourd'hui, avec l'augmentation des températures des océans, ces algues sont mal en point. Des chercheurs de l'université d'Australie-Occidentale, estiment ainsi que 60% des forêts de varech sont en déclin. D'après eux, ces écosystèmes qui périclitent pourraient finir par émettre plus de carbone qu'ils n'en absorbent.
La solution pour éviter un tel scénario? Privilégier la préservation des algues plutôt que leur culture. «Au lieu de nous demander combien de carbone nous pouvons éliminer grâce aux algues, nous devrions nous demander combien de carbone nous pouvons empêcher d'être rejeté à mesure que ces écosystèmes sont endommagés par le changement climatique», explique Karen Filbee-Dexter, principale autrice de l'étude.
D'autant que plusieurs projets de restauration des forêts d'algues brunes se sont révélés infructueux ces dernières années. En Norvège, par exemple, 70 hectares d'algues ont été restaurés, au détriment de nombreux oursins, morts empoisonnés par les plantes. La forêt rénovée n'absorbera que 50.000 tonnes de CO₂ par an. La disparition des algues engendrerait, elle, l'émission de 14 millions de tonnes de carbone par an, à l'échelle mondiale. Ces chiffres donnent un aperçu de la difficulté de trouver un équilibre.
L'étude menée par Karen Filbee-Dexter et ses collègues montre également que la préservation des écosystèmes d'algues brunes coûte plus de huit fois moins cher, par hectare, que leur restauration. «La restauration et la culture des algues ont peu de chances de constituer une solution majeure au changement climatique», souligne la scientifique. Avant de nuancer: «Mais cela ne signifie pas pour autant que ce soit inutile». Ces nouveaux résultats jettent toutefois un froid sur les nombreux espoirs autour de la culture de varech.




























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