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ENQUÊTE - Entre pollution, fuites et nouvelles normes, les collectivités doivent engager des travaux colossaux sur l’eau potable. Une bombe à retardement pour les prix de l’or bleu.
Quand le courrier de la mairie est arrivé dans sa boîte aux lettres, David ne s’est pas étonné. Depuis un an, ce garagiste de 43 ans, habitant Villy dans les Ardennes ne peut plus boire l’eau du robinet, contaminé par les PFAS, ces «polluants éternels» d’origine industrielle. «On ne boit plus que de l’eau en bouteille, et pour laver les aliments c’est pareil», explique ce père de famille de deux enfants, furieux que le problème n’ait pas été adressé plus tôt : «Cela fait des années qu’on est au courant de la pollution de l’eau dans la région ! Moi j’ai dépassé 40 ans, mais ce n’est pas normal que les enfants paient pour les conneries des adultes». Cette commune du nord-est de la France fait figure d’épicentre du phénomène.
Ce n’est pourtant pas un cas isolé. Lors d’une vaste campagne de mesures menée dans toute la France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a détecté la présence d’un polluant de la famille des PFAS, dans 92% des échantillons d’eau potable. Les dépassements des normes sur les pesticides, quant à elles, ne concernaient il y a peu que de petites communes rurales, mais des villes comme Reims, La Rochelle ou Beauvais sont désormais touchées. Un phénomène national qui va aussi impacter les factures des Français autant que leur santé.


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