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Par Guillaume Jan
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
ReportageInvestis par des milliers d’orpailleurs artisanaux séduits par la promesse de gains rapides, les sites riches en or du Haut-Uele, dans l’est congolais, sont peu à peu rachetés par des compagnies minières étrangères. Dans un pays gangrené par la pauvreté, l’exploitation aurifère, galvanisée par la flambée du cours de l’or, se montre ravageuse pour l’environnement et les populations locales.
C’est une ville de planches et de poussière bâtie comme un décor de western, avec sa rue principale, ses devantures peintes à la main, ses cabarets agencés comme des saloons et ses échoppes achalandées de bêches et de bassines – tout le matériel nécessaire aux chercheurs d’or artisanaux. En ce début du mois de février, le soleil équatorial va bientôt se coucher sur la ville de Giro, 15 000 habitants, située à l’extrémité nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), et les terrasses se remplissent de jeunes hommes ayant troqué leurs frusques de travail contre des vêtements à la mode.
« Là où il y a de l’or, il y a de l’ambiance », fanfaronne l’un d’eux. Blouson violet à paillettes et attirail de rappeur autour du cou, Babyssy Abayogo a 21 ans. Il est originaire d’Isiro, le chef-lieu de la province du Haut-Uele, à 300 kilomètres de Giro. « Je suis arrivé ici en 2020, explique-t-il en dégustant une glace à la fraise. J’avais 16 ans. Il n’y a pour ainsi dire pas d’autres sources de revenus dans la province. C’est pénible, c’est dangereux, mais ça rapporte. Les bons mois, je gagne de 1 000 à 2 000 dollars [de 870 à 1 740 euros]. »
Il retournera demain à la mine mais, ce soir, l’orpailleur endimanché dépense ses billets dans les bars et les établissements de jeux où se pressent des centaines d’autres jeunes garçons comme lui. Et des jeunes femmes, attirées elles aussi par les opportunités financières de cette région aurifère, quitte à devoir se livrer à la prostitution.
La guerre de l’or
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