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Pas d’accord au premier tour des municipales et pas d’accord non plus au second : le PS a clarifié son rapport à LFI à la suite des « propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon dans plusieurs meetings.
Nathalie Mauret - Hier à 19:32 | mis à jour hier à 19:39 - Temps de lecture :
À 10 jours du premier tour des élections municipales, le climat se tend, au sein même de la gauche. En cause, l’agression du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon le 12 février, par des militants antifascistes proches de La France insoumise (LFI), et les récentes saillies de Jean-Luc Mélenchon dans plusieurs meetings, ironisant sur la prononciation de patronymes juifs comme « Epstein » ou « Glucksmann ». Sous pression, notamment de la droite, le Parti socialiste (PS) est sorti de l’ambiguïté quant à de possibles alliances de second tour avec le parti mélenchoniste.
« Jean-Luc Mélenchon donne l’impression que la gauche est plus dangereuse que le Rassemblement national (RN) », dénonce Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste. Le parti à la rose a donc voté une résolution condamnant sans réserve « les propos antisémites intolérables » du leader insoumis. Conséquence : « Il n’y a pas eu d’accord national entre le PS et LFI pour les élections municipales et il ne saurait y en avoir au second tour compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement », a acté le bureau national du PS dans un communiqué publié mardi soir.
Au risque de perdre ?
Est-ce à dire qu’il n’y aura aucun accord local avec La France insoumise pour le second tour ? Sans entente avec LFI, plusieurs villes où le PS est en conquête et en position de pouvoir gagner resteront sans doute à droite. C’est surtout le cas de Toulouse, où la liste de l’insoumis François Piquemal dépasse les 20 % dans les derniers sondages, mais la question sera aussi prégnante à Avignon et Limoges.
Localement, certains pourraient donc s’affranchir des consignes nationales. C’est d’autant plus vrai que Pierre Jouvet, sur Public Sénat ce mercredi, n’a « pas mis de trait d’égalité » entre LFI « ses électeurs et certains de leurs dirigeants » et le RN. Ou comment mettre au ban LFI sans se mettre à dos tous leurs électeurs… « La clarté peut vous priver d’un gain, mais vous donne le crédit nécessaire pour le gain suivant », avertit François Hollande, sans concession vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, l’électorat de centre gauche ne comprendrait pas un accord. « La radicalité fait fuir les modérés et l’envie de victoire peut convaincre les plus radicaux de voter utile. »
Leadership à gauche
Sans surprise, la position du PS ulcère les insoumis. « Un acte de division sans précédent qui pourrait conduire à la victoire de la droite ou de l’extrême droite dans de nombreuses communes », affirme Manuel Bompard, coordinateur de LFI. Ce qui se joue, à l’occasion des municipales, c’est le rapport de force à gauche à un an de la présidentielle. Le PS est mieux placé que les insoumis, dans tous les sondages. Et au sein du PS, on considère que si La France insoumise fait perdre la gauche à Marseille au profit du RN, ils en seront comptables.
Jean-Luc Mélenchon, qui a réussi à capter « le vote utile » à gauche aux deux dernières présidentielles, pourra-t-il récidiver en 2027 ? « Non, il est allé trop loin », affirme un député PS. « Il n’incarnera pas le vote utile si on gagne des villes et que l’on peut dire que le rassemblement de la gauche et des écologistes permet la victoire », analyse Pierre Jouvet. « Il ne peut surtout pas incarner le vote utile parce qu’il ne peut pas gagner au second tour à la différence de 2017 et 2022. » La campagne présidentielle a déjà commencé.


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