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À partir de ce mardi, des députés vont auditionner les industriels ayant procédé à des rappels, les autorités administratives et sanitaires, des pédiatres, associations et représentants de parents pour évaluer « la responsabilité des multinationales », mais aussi la « réactivité de l’État », dans le scandale des laits infantiles contaminés.
Charlotte Murat - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :
Trois mois pour comprendre. La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale lance ce mardi une mission flash sur les rappels massifs de laits infantiles, dont les conclusions sont attendues pour le mois de juin. Il s’agit, pour les députés, d’évaluer « la responsabilité des multinationales », mais aussi la « réactivité de l’État », détaille Mathilde Hignet (LFI), co-rapporteure avec Michel Lauzzana (Ensemble pour la République). « L’idée est aussi de pouvoir rassurer les familles et de pouvoir répondre à leurs inquiétudes », ajoute Mathilde Hignet, alors que 24 familles ont porté plainte, accusant les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.
La mission devra ainsi éclaircir « pourquoi il y a eu autant de délais entre les premiers rappels et les premières informations données aux familles », précise la députée. Les autorités ont en effet attendu plusieurs semaines avant de transmettre aux soignants et hôpitaux des critères justifiant une alerte.
Trois bébés décédés
La commission va entendre toutes les parties prenantes de cette affaire : industriels ayant procédé à des rappels, autorités sanitaires françaises et européennes, ministères de la Santé et de l’Agriculture, pédiatres, associations de consommateurs et représentants de parents. L’association Foodwatch, qui dénonce un « scandale sanitaire international », sera notamment entendue. Elle a porté plainte, accusant notamment les industriels concernés de manquement à leurs obligations de sécurité et de tromperie aggravée. Car, en France, trois bébés ayant consommé du lait faisant l’objet d’un rappel sont décédés et une dizaine ont été hospitalisés. Des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer si le lait est à l’origine des décès.
L’affaire a éclaté au grand jour début janvier, quand Nestlé (Guigoz, Nidal), puis Danone (Blédilait, Gallia), Lactalis (Picot) et de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima) ont procédé à des rappels massifs, dont certains par précaution, de plus de 800 références de laits infantiles dans une soixantaine de pays, à cause d’un risque de contamination à la céréulide. Cette toxine peut causer vomissements et diarrhées. Un premier rappel avait en fait été effectué par Nestlé dès le mois de décembre, mais n’avait pas été médiatisé. Le géant suisse s’est justifié en affirmant avoir respecté les procédures habituelles « en l’absence de réglementation européenne sur la présence de céréulide dans les aliments ». L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a depuis établi des doses de référence maximales pour la céréulide dans le lait en poudre.


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