Le RN et son allié le parti d’Eric Ciotti vont former un groupe conséquent au sénat. C’est le principal changement apporté par les élections sénatoriales de ce dimanche qui ne modifient pas les principaux équilibres de la chambre haute qui reste à droite.

Au Sénat, Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 20:46 | mis à jour aujourd'hui à 20:47 - Temps de lecture :

Gérard Larcher, en route vers sa réélection à la présidence de la Chambre haute, va devoir à présent composer avec un groupe sénatoriale plus à droite que lui.   Photo SIPA /SIPA/Stéphane Lemouton Gérard Larcher, en route vers sa réélection à la présidence de la Chambre haute, va devoir à présent composer avec un groupe sénatoriale plus à droite que lui.   Photo SIPA /SIPA/Stéphane Lemouton

L’extrême droite fera bien son entrée dans la chambre haute : le RN et son allié l’UDR, le parti d’Eric Ciotti ont remporté entre douze et quinze sièges et pourront donc former un groupe au Sénat. C’était l’un des principaux enjeux des élections sénatoriales de ce 27 septembre qui a permis de renouveler le Sénat par moitié. 178 sénateurs (sur 348) ont donc été élus ou réélus dans 63 départements.

La confirmation est arrivée avant même que les résultats soient tous consolidés par un message sur les réseaux sociaux posté par Jordan Bardella. « Pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National va constituer, avec ses alliés de l’UDR du président Eric Ciotti », a indiqué le président du Rassemblement national. « Notre groupe au Sénat portera la voix des territoires oubliés, de la ruralité, et des maires trop souvent éloignés des grandes décisions prises à Paris ».

« Une victoire historique » pour Marine Le Pen

« C’est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie » a renchéri, toujours sur les réseaux sociaux Marine Le Pen. Au-delà du symbole qui est de rentrer au sénat, qui jusqu’ici a toujours résisté à l’extrême droite, la candidate du RN à la présidentielle souligne la « percée générale » de son parti. Vaucluse, Gard, Gironde, Var, Hérault, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes, et l’inattendue Seine-Maritime : c’est principalement dans le Sud et le sud-est que le RN fait élire ses sénateurs

« C’est un coup d’accélérateur pour la présidentielle de 2027 », analysait dans le même temps Sébastien Chenu dans la grande Salle des Conférences du Sénat où se déroulait la soirée électorale. Car au-delà des élus du RN, le score du parti à la flamme dans les départements où il a perdu, notamment en zone rurale. Un des exemples les plus représentatifs est la Haute-Saône : le candidat du RN avait réuni 17 suffrages en 2020 et celui qui le remplaçait cette année a recueilli 153 voix. « On multiplie parfois nos scores par cinq », insistait Sébastien Chenu. C’est vraisemblablement Edwige Diaz, la députée de Gironde élue très largement dans son département, qui devrait présider ce nouveau groupe parlementaire.

Ce futur groupe RN-UDR ne modifiera cependant pas les équilibres politiques de la chambre haute qui restera à droite et présidé par Gérard Larcher. Le groupe LR devrait perdre quelques sièges, « mais pas autant qu’annoncé », précisait Mathieu Darnaud, son président réélu ce dimanche dans la Drôme. « Il n’y a pas de porosité avec le RN », a-t-il prévenu, la voix forte. Il sait que cette arrivée de nouveaux sénateurs, élus par des élus, est une pression indirecte de la part des électeurs de droite qui sont de plus en plus nombreux à être tenté par les extrêmes.

Un siège pour la France insoumise

À l’autre bout de l’échiquier politique, la France insoumise fait aussi son entrée au palais du Luxembourg, grâce à Gabriel Amard qui va quitter son poste de député du Rhône pour siéger au Sénat.

Les sénateurs, élus ou réélus, ont désormais une semaine pour choisir le groupe dans lequel ils veulent siéger. Il peut y avoir des surprises car nombreux sont ceux qui ont été élus sur une étiquette « divers droite ou divers centre ». Les groupes PS et LR pourraient perdre quelques sièges et le groupe socialiste pourrait perdre son statut de deuxième groupe du Sénat. Le groupe Macroniste, porté depuis des années par François Patriat, disparu en août, pourrait aussi faire les frais d’une recomposition politique qui intègre que, dans sept mois, Emmanuel Macron ne sera plus à l’Élysée.

Ils ont été élus (ou réélus)

Bruno Retailleau

Le président LR et candidat à la présidentielle a été réélu dans son département de Vendée.

Claude Malhuret

Le président (Horizons) du groupe les Indépendants a été largement réélu dans l’Allier avec près de 67 %.

Mathieu Darnaud

Le président des sénateurs LR a été réélu en Ardèche avec 62 % des voix.

Edwige Diaz

Edwige Diaz, députée RN de Gironde est élue dans son département dont elle menait la liste.

Renaud Muselier

Le président de la région Sud fait son entrée au sénat (Bouches-du-Rhône).

François Rebsamen

L’ancien ministre retrouve son poste de sénateur en Côte d’Or.

Françoise Gatel

La liste de la ministre Françoise Gatel arrive en tête et remporte deux sièges en Ille-et-Vilaine.

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