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  • Budget 2027 : le gouvernement ouvert au compromis, mais pas au-delà de 5 % de déficit

À l'ouverture des débats à l'Assemblée, Roland Lescure et David Amiel ont défendu 43 milliards d'euros d'efforts nouveaux pour redresser les comptes publics.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 00:01 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure a assuré mardi que le gouvernement entamait l'examen du budget 2027 au Parlement « dans un esprit de compromis », mais a insisté sur la nécessité de ne pas dépasser 5% du PIB de déficit l'an prochain. « Nous abordons ce débat dans un esprit de compromis (...) à condition bien sûr que le cadre soit respecté », a déclaré le ministre devant les députés à l'ouverture de l'examen du texte dans l'hémicycle.

Car, a-t-il prévenu, « il nous faut un budget d'ici la fin de l'année », et non en début d'année prochaine comme les deux précédents, « et l'objectif des 5% de déficit en 2027 doit être un point fixe, un cadre pour nos débats ».

Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, ce mardi. Photo Sipa/Jeanne Accorsini

Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, ce mardi. Photo Sipa/Jeanne Accorsini

« L'impérieuse nécessité de rétablir nos comptes publics »

Alors que les finances publiques de la France sont scrutées par les investisseurs internationaux et que les taux d'intérêt de la dette sont rapidement montés au cours des dernières semaines, le ministre a insisté sur « l'impérieuse nécessité de rétablir nos comptes publics ». Cela passera par « un effort de maîtrise de la dépense massif » l'an prochain, et elle baissera en volume, hors charge de la dette et hors effort de défense, « ce qui n'avait pas été observé depuis la sortie des aides Covid », a-t-il soutenu.

Il a rappelé que, parallèlement, le texte ne prévoyait « pas de hausse généralisée des impôts » mais « un travail de rationalisation des niches fiscales », tout cela pour un total de 43 milliards d'euros d'efforts nouveaux.

« Les lignes rouges à tous les étages »

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a de son côté qualifié le projet de loi de finances de « budget de sauvegarde pour que le pays ne parte pas dans le décor ». Il s'en est pris à la commission des Finances qui « a dégradé » virtuellement « le déficit public de 8 milliards d'euros » la semaine dernière en examinant le texte, qui arrive dans sa version initiale dans l'hémicycle. Il a évoqué un mépris, selon lui, des intérêts de la jeunesse, « qu'on ne peut pas soutenir à la télévision ou dans la rue et trahir dans l'hémicycle ». « Nous devons faire de la jeunesse le chantier prioritaire de nos débats et de nos compromis », a-t-il dit.

Il a dénoncé aussi « les lignes rouges à tous les étages », de ceux pour qui « il y a toujours une bonne raison de faire une exception pour soi et de demander des efforts aux autres ». Il a notamment cité « les organisations patronales qui s'offusquent » du gel des allègements généraux de cotisations patronales, « ceux qui s'indignent » que le budget prévoie de faire payer aux personnes en arrêt de travail les mêmes impôts à revenu égal que celles qui travaillent, ou « les levées de bouclier quand on s'attaque aux rentes de grandes entreprises ou à des niches fiscales des plus fortunés ».

Toujours dans la limite des 5% de PIB de déficit, David Amiel a assuré que le gouvernement était prêt « à examiner toutes les mesures (...) contre l'abus d'optimisation fiscale, contre les boîtes noires utilisées par certains, pour continuer à lutter contre les rentes ». Il faut toutefois « que ces mesures soient crédibles économiquement et budgétairement », a-t-il prévenu.

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