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La contribution française au budget européen s’invite dans le débat au moment où les partis et le gouvernement sont à la recherche de marge de manœuvre afin de boucler le projet de loi de finances 2027.
C.B. - Aujourd'hui à 08:10 - Temps de lecture :
L’Europe au secours du budget français 2027 ? Les députés doivent reprendre ce mardi, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, l’examen des “recettes” du projet de loi de finances (PLF) 2027. Dans sa version initiale, c’est-à-dire celle proposée par le gouvernement. Car la copie amendée par les groupes politiques en commission a été rejetée vendredi.
En tête des sondages, la candidate du RN, Marine Le Pen, a son idée pour faire faire des économies à l’État : « réduire massivement les programmes européens ». Dès 2027, elle entend diviser par trois la contribution annuelle de la France au budget de l’UE. Ce qui équivaudrait à un coup de rabot de plus de 11 milliards d’euros sur un montant total prévu à un peu plus de 31 milliards par l’exécutif. Les années suivantes, Marine Le Pen promet de baisser de près de 9 milliards le chèque français à Bruxelles.
LFI souhaite négocier des fonds pour la transition écologique
« Il faudra le faire adopter par les 26 partenaires de l’UE, ce n’est pas acquis », l’a mise en garde le ministre français de l’Économie, Roland Lescure. Et le locataire de Bercy de souligner que les premiers à en pâtir seraient « les agriculteurs français, les entreprises françaises qui bénéficient de subventions, les laboratoires de recherche français qui bénéficient des programmes de recherche européens ». La France insoumise fait, elle, de la contribution française un objet de négociations afin de diminuer le poids de la dette et de libérer des marges de manœuvre budgétaire au profit de la transition écologique. Concrètement, la gauche radicale propose de réduire de 10 % le montant versé par la France tant que la Banque centrale européenne ne gèlera pas la part de la dette française qu’elle détient.
L’idée d’alléger la facture européenne n’est pas l’exclusivité de l’opposition. Le gouvernement mise, lui, sur l’amende record (4,6 milliards d’euros) infligée pour abus de position dominante à Bruxelles au géant du numérique Google. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, souhaite que ce pactole soit redistribué aux Vingt-Sept afin de réduire leur contribution.
La France reçoit plus qu'elle ne verse à l'Europe
L’Europe coûte trop cher au contribuable. Régulière, la critique est forcément d’actualité en période de disette budgétaire. Son évaluation est, en réalité, très complexe (solde du coût et des bénéfices) et, surtout, son calcul est à géométrie très variable, selon les facteurs pris en compte. Avec une moyenne de 24 milliards d’euros par an sur la période 2021-24, la France est certes, avec l’Allemagne, l’un des plus gros contributeurs au budget de l’Union européenne.
Mais contrairement à la première économie de la zone euro, l’Hexagone affiche un bénéfice net de 2 milliards, avance le site Touteleurope. Car la France est aussi l’un des principaux bénéficiaires de la manne européenne : 25 milliards d’euros par an versés par Bruxelles dont huit du Plan de relance européen. Sans compter les aides captées au titre de la Politique agricole commune (PAC) : près de 65 milliards d’euros sur la période 2021-27. En outre, la contribution versée par chacun des Vingt-Sept n’est pas calculée au doigt mouillé. Sa “part nationale”, qui représente son montant principal, est proportionnelle à la richesse du pays et correspond à environ 1 % de son Produit intérieur brut (PIB).


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