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De nombreuses voix ont décrié jeudi la mort « inacceptable » d’un enfant de quatre ans dans le village d’Ivujivik, au Nunavik. Le garçon serait décédé faute de soins appropriés à l’hôpital.
Jusi Padlayat, quatre ans, aurait souffert de douleurs à l’estomac, selon des informations circulant sur les réseaux sociaux. Sa famille l’aurait amené à plusieurs reprises à l’hôpital local, où la principale recommandation aurait été de lui donner de l’Advil (un analgésique), avant qu’il ne décède.
Le Bureau du Principe de Joyce, créé à la suite du décès tragique de Joyce Echaquan en 2020 à l’Hôpital de Joliette, a déploré que la « détresse d’une famille ignorée coûte une vie ».
« Il est inacceptable qu’un enfant soit laissé à sa souffrance pendant autant de temps. Dix jours d’agonie pour un enfant, c’est toute une vie de douleur et de chagrin pour ses parents », a déclaré Sylvestre Desterres, directeur général par intérim du Bureau du Principe de Joyce, par voie de communiqué jeudi.
« Transparence »
La Régie nationale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) a confirmé mercredi le décès de Jusi Padlayat, dans un communiqué conjoint avec le Centre de santé Inuulitsivik (CSI).
« Nous reconnaissons que cette perte est extrêmement douloureuse pour la famille, leurs proches et l’ensemble de la communauté », ont écrit les autorités locales de santé publique. « Il est de notre responsabilité de veiller à ce que les circonstances de cette tragédie fassent l’objet d’un examen approfondi et objectif. »
Un examen du CSI a été lancé à l’interne, en plus de procédures indépendantes et externes. « La coroner chargée de l’affaire a ouvert son enquête, le Commissariat aux plaintes et à la qualité des services est impliqué, et un expert médical indépendant, externe au CSI, se penchera également sur le dossier », indiquent le CSI et la RRSSSN.
Les autorités sanitaires ont également lancé un appel au calme. « La violence n’est pas une solution ».
Dans un courriel transmis au Devoir, le Service de police du Nunavik a confirmé avoir répondu à un appel d’assistance médicale concernant un enfant de quatre ans, inconscient, dans une résidence à Ivujivik.
« Au moment où nos agents se sont rendus sur les lieux, les services médicaux d’urgence transportaient déjà l’enfant vers des soins médicaux », a affirmé Shaun Longstreet, directeur adjoint du corps de police. « Nos dossiers n’indiquent aucun autre appel de service concernant l’enfant avant cette date. »
La classe politique réagit
La classe politique a également réagi jeudi, exigeant des réponses et un meilleur accès à des soins de santé au Nunavik.
La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a qualifié l’histoire de « profondément bouleversante ». « Nous devons comprendre comment une telle situation a pu se produire », a-t-elle écrit sur Facebook.
De son côté, le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, a assuré que le gouvernement québécois sera là pour appuyer les autorités Inuit. « On veut que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé », a-t-il dit, affirmant qu’une enquête du coroner est en cours « pour aller au fond des choses ».
Le Parti libéral du Québec a réagi « avec consternation » au décès de l’enfant de quatre ans. « Les citoyens du Nord méritent d’avoir accès à des soins de qualité, peu importe l’endroit où ils habitent », a déclaré André A. Morin, député libéral responsable de la région du Nord-du-Québec.
Québec solidaire a demandé à la Commission au bien-être et aux droits des enfants « de se saisir immédiatement du dossier ». « Combien de Joyce et de Jusi faudra-t-il avant qu’on agisse enfin ? » a demandé Sol Zanetti, co-porte-parole du parti. « Tout le monde au Québec devrait avoir accès à des soins de santé de qualité rapidement, et cela commence par une chose toute simple : être cru et entendu lorsqu’on consulte. »


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