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Face à la hausse du sentiment d’insécurité, à la crise de l'itinérance et à l’explosion des interventions dans le métro, la Ville de Montréal, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la Société de transport de Montréal (STM) annoncent six nouvelles mesures.
Les constables spéciaux, chargés de la sécurité dans le métro, seront plus nombreux d’ici la fin de l’année. La Ville ajoute 52 constables spéciaux, pour porter leur nombre à 230. La mesure assurera leur présence permanente dans les stations les plus achalandées.
D’ici leur entrée en poste, le SPVM déploiera 12 policiers supplémentaires dans le réseau.
Le Centre de répartition et de vigie des opérations sera modernisé pour augmenter la capacité de surveillance par caméra en temps réel. Augmenter le nombre d'écrans facilitera la détection des méfaits, des incivilités, des intrusions dans les tunnels pour permettre aux équipes d’agir avant que les situations ne dégénèrent, a expliqué la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.
La STM et le SPVM renforceront également leur collaboration lors des interventions. Le nombre de brigades de l’Équipe métro d’intervention et de concertation passera de deux à six pour assurer une meilleure surveillance en soirée et en hiver.
Un partenariat a été établi avec Ambulance Saint-Jean pour augmenter la présence d’intervenants sociaux dans le métro. Deux équipes seront déployées 7 jours sur 7 pendant l’hiver pour diriger, par exemple, les personnes itinérantes vers les bonnes ressources lors de la fermeture du métro. Une seule équipe sera déployée le reste de l’année. La sécurité et l’accompagnement social vont main dans la main, poursuit Soraya Martinez Ferrada.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, espère redonner confiance aux usagers et améliorer la cohabitation avec les personnes vulnérables. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
La fréquence du métro augmentera de 5 % à partir de 2027. L'objectif est de revenir à un passage du métro toutes les cinq minutes les soirs et les fins de semaine, comme avant la pandémie. Cette mesure vise à réduire les temps d’attente et à augmenter la prévisibilité en soirée. Plus le métro est fréquenté, plus il est fiable, plus les gens vont le prendre, plus ils vont se sentir en sécurité, affirme la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard.
La STM crée la direction « Sûreté et résilience organisationnelle », avec à sa tête l'ex-directeur général de la Sûreté du Québec Martin Prud’homme. Il apporte une expérience exceptionnelle, souligne le président de la STM, Aref Salem.
Les 6 mesures annoncées
- Augmentation du nombre de constables spéciaux (6,4 millions $ par année)
- Bonification de la capacité de surveillance (3 millions $)
- Partenariat renforcé avec le SPVM
- Augmentation du nombre d’intervenants sociaux dans le métro (1 million $ par année)
- Passages plus fréquents du métro à partir de 2027 (8 millions $ par année)
- Nomination de Martin Prud’homme comme directeur de la « Sûreté et résilience organisationnelle »
Un sentiment de sécurité en baisse
Le sujet qui revient le plus souvent quand on parle aux usagers, c’est le sentiment de sécurité, a précisé la mairesse.
En effet, un sondage réalisé par la STM en 2025 dévoilait que seul un usager du transport en commun sur deux disait s'y sentir en sécurité. La sécurité dans le transport collectif, ce n’est pas un luxe, c’est un besoin.
Mme Martinez Ferrada se dit consciente que le plan annoncé mardi ne règlera pas la situation du jour au lendemain, notamment en matière d'itinérance. Elle avoue que les ressources, comme les haltes-chaleurs et les refuges, doivent suivre.
Bien qu'une directive anti-flânage soit en vigueur jusqu'en avril prochain dans le métro, la mairesse se veut rassurante pour les personnes en situation d'itinérance. S’il fait -30 dehors et qu’il n’y a pas de ressources, on ne va pas mettre quelqu’un dehors.
Le métro ne peut pas être un refuge [...]. Il n’y a pas de bloc sanitaire. Il n’y a pas d’intervenant social. On a une voie alimentée qui est dangereuse, ajoute Marie-Claude Léonard.
Des signaux d'alarme
La Fraternité des constables et agents de la paix de la STM avait déjà salué, plus tôt ce mois-ci, la nomination de M. Prud’homme.

En plus d'avoir été au service de la SQ, Martin Prud'homme a travaillé au SPVM, au ministère de la Sécurité publique et à la Ville de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Son président, Kevin Grenier, en avait profité pour mettre en lumière plusieurs enjeux, dont l’augmentation importante du nombre de blessés parmi ses effectifs. Le nombre de constables blessés s'élevait à 140 au début du mois d'octobre, contre 145 pour l’ensemble de l’année 2025.
L'organisation réclame que ses membres soient équipés de pistolets à impulsion électrique et d’armes à feu pour leur sécurité. La STM refuse de donner suite à une telle demande.
Le nombre d’interventions des constables spéciaux est aussi en augmentation depuis deux ans dans le métro.
Les interventions menées par les constables spéciaux
| 55 532 | 68 732 | 46 169 |
La STM est sous le feu des critiques depuis plusieurs mois. La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) lui a ordonné en février de renforcer la sécurité pour protéger ses employés.
D’après des chiffres du SPVM, le nombre d’agressions (crimes contre la personne) a doublé depuis 2020. Il est passé de 546 en 2020 à 1025 en 2025.
En septembre, Radio-Canada rapportait que la STM teste des solutions d’intelligence artificielle pour détecter les flâneurs dans le métro.
Avec les informations de Marie Isabelle Rochon


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