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« Piégés » pour mieux comprendre la pression sociale du vapotage

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Une cinquantaine d’élèves de l’école secondaire Marcel-Raymond, à Lorrainville, ont été « piégés » dans le cadre d’une activité de prévention du Plan génération sans fumée.

Attirés par la promesse de lunettes gratuites, ils devaient fournir des informations personnelles pour en obtenir une paire… avant de comprendre qu’il s’agissait d’une mise en scène pour aborder le vapotage et l'influence des amis.

Plusieurs adolescents ont accouru au local d’art dramatique au dîner après avoir entendu à l’interphone qu’une compagnie de lunettes de soleil renommée était à leur école. Toutefois, seuls 50 chanceux ont pu rentrer, dont Caleb Gélinas.

Caleb Gélinas lève ses lunettes de soleil pour montrer ses yeux.

Caleb Gélinas est amusé de s'être fait prendre au piège, comme la plupart des élèves sur place.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

C'était : "Je veux des lunettes", raconte le jeune homme de 16 ans. Ça avait l'air vrai, toutes des petites lunettes présentées avec la petite serviette pour les essuyer sur la table.

Un formulaire leur demandant d'inscrire leur nom, date de naissance, réseaux sociaux et signature leur était remis. Mon compte Snapchat? Est-ce qu’on est obligés de tout remplir?, pouvait-on entendre.

Des lunettes de soleil à la mode sont présentées sur une tables avec leur chiffon.

Les lunettes portaient l'inscription « Reflechizzy », un jeu de mots pour rappeler aux jeunes de réfléchir pour éviter de tomber dans un piège comme celui de la nicotine.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Plusieurs se sont posé des questions, comme Mélia Mayer. C'était marqué en tout petit en bas : "Si tu signes, tu t'engages à faire la pub sur les réseaux sociaux", fait que j'ai fait ouain, c'est bizarre, dit-elle.

Je me disais : ''Pourquoi une compagnie full connue viendrait dans notre école à nous?'' a-t-elle pensé. C’est sûr que les lunettes, ça faisait quand même vrai, avec le rideau et tout.

Mélia Mayer pose avec ses lunettes de soleil reçues sur la tête.

Mélia Mayer, 15 ans, était curieuse d'assister à « l'activité promotionnelle » avec ses amies, mais elle demeurait sceptique.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

La grande majorité a tout de même fourni les informations exigées pour obtenir les lunettes Reflechizzy.

La présence des enseignants rassurait Caleb Gélinas, même s’il demeurait sceptique. Je me suis dit que c’est peut-être un peu abusif le numéro de téléphone, TikTok, illustre-t-il. Et là quand [l’enseignant d’art dramatique] a fait son speech, il disait qu’il voulait qu’on fasse la promotion pour eux, fait que là, ça faisait un peu plus de sens.

La pression sociale et le marketing

L'intervenante en prévention des dépendances, Joany Vachon-Beaulieu, a ensuite expliqué aux jeunes ce qu’ils venaient de vivre. On vous a vendu du rêve, a-t-elle lancé.

Orchestrée dans le cadre du Plan génération sans fumée, un programme mis en place dans les écoles secondaires du Québec, la mise en scène visait à faire comprendre autrement aux jeunes la place de l’influence dans le vapotage.

On peut voir de dos les élèves écouter trois adultes en avant.

Les jeunes ont bien réagi au « prank ».

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Même sans y être directement lié, les élèves ont tout de suite saisi les parallèles, se réjouit Joany Vachon-Beaulieu. La pression sociale, l’influence, le marketing, tout ce qui se trouve derrière et qui fait en sorte que les jeunes vont commencer à consommer de la nicotine, cite-t-elle en exemple.

En leur demandant des renseignements personnels, le comité espérait faire réaliser aux élèves l’importance de réfléchir et de se faire confiance pour prendre une bonne décision.

On veut que, tout comme la nicotine, au moment où on va débuter ou qu’on va essayer cette substance-là, on peut être pris au piège.

Joany Vachon-Beaulieu pose devant une murale à l'école.

Joany Vachon-Beaulieu est intervenante en prévention des dépendances pour trois écoles au Témiscamingue. Elle se réjouit des questions soulevées par les élèves pendant l'activité.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

L’intervenante a l’habitude d’aller d’une classe à l’autre pour parler des impacts de la vapoteuse. Elle accompagne d’ailleurs un groupe de 15 élèves qui veulent cesser la nicotine.

Si la cigarette est de moins en moins populaire, le vapotage, lui, demeure tendance.

Actuellement, on observe que c’est peut-être moins populaire, la cigarette, avec toutes les conséquences qui sont connues [...] ce qui est moins le cas pour le vapotage, actuellement, parce que c’est encore quand même quelque chose qui est récent. C’est clair que c’est populaire, observe-t-elle. C’est des dosages de nicotine très très élevés.

Des adolescents sont assis aux tables et écoutent les trois intervenants de l'activité.

L’ensemble de l’école a été convié à la cafétéria au retour du dîner pour parler de l’activité qui avait eu lieu.

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Mélia et Caleb repartent avec des lunettes… et une réflexion sur la pression sociale et le vapotage.

On ne check pas vraiment pour s’informer sur le sujet avant de juste en acheter, constate Mélia Mayer. Il faut checker ce qu’on entend, il faut prendre des informations, pense aussi Caleb Gélinas.

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