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Avec la hausse du prix de l’essence et du kérosène, les relations tendues entre le Canada et les États-Unis, et l’instabilité mondiale, le Bas-Saint-Laurent pourrait accueillir cet été des foules de touristes en quête de dépaysement.
Après une excellente saison en 2025, le président-directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent, Pierre Lévesque, s’attend à poursuivre sur cette lancée. C’est sûr que les problèmes mondiaux puis les problèmes avec les États-Unis nous favorisent, explique-t-il.
Le PDG rappelle que la région est somme toute à proximité des grands centres, ce qui représente un net avantage. On met les moyens qu’il faut pour pouvoir être visible.
Tourisme Bas-Saint-Laurent dépense d’ailleurs environ 1 million de dollars en publicité, uniquement pour la saison estivale. Récemment, on a commencé une nouvelle campagne dans les Maritimes pour être plus présents sur ce marché-là, qui est quand même à proximité, ajoute Pierre Lévesque.

Pierre Lévesque, président-directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Il ajoute que l’offre touristique régionale est bien connue des Québécois.
Je pense qu’on est dans le top 5 des destinations [au Québec] depuis quelques années.
CAA Québec devrait publier son traditionnel sondage sur les intentions de vacances estivales des Québécois au début du mois de juin. L’an dernier, le Bas-Saint-Laurent se trouvait en cinquième position alors que 13 % des répondants avaient l’intention de visiter la région.
Le taux d’occupation dans les établissements d’hébergement démontre cet intérêt. Il a augmenté globalement de 8,9 % entre 2024 et 2025.
Pierre Lévesque fait d’ailleurs valoir que l’offre d’hébergement est en hausse dans la région, notamment avec le projet d’agrandissement de l’Hôtel Universel et la construction d’un nouvel établissement par l’Hôtel Lévesque à Rivière-du-Loup.
L’Hôtel Rimouski est également en train d’ajouter des chambres et Témiscouata-sur-le-Lac accueillera la bannière Quality Inn & Suites au cours des prochaines semaines.

Les travaux d'agrandissement du centre des congrès de l'Hôtel Lévesque sont en cours depuis quelques mois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron
Il y a beaucoup d’investissements qui se font en ce moment, constate celui qui est à la tête de Tourisme Bas-Saint-Laurent.
L’impact du prix de l’essence
Pierre Lévesque estime que, peu importe le prix de l’essence, les Québécois vont continuer à voyager. Selon lui, ils chercheront peut-être, par contre, à limiter leur kilométrage. Ça peut nous favoriser à cause de la proximité.
Le titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Marc-Antoine Vachon, croit aussi que les Québécois ne s’empêcheront pas de se déplacer cet été.
Le voyage s’inscrit, selon lui, dans les façons de prendre soin de soi. On est prêts, non seulement à dépenser, mais à investir dans notre santé mentale, explique M. Vachon.
Les Québécois pourraient cependant être tentés d’aller moins loin pour réduire leurs dépenses, notamment en renonçant à se déplacer en avion.

Le Bas-Saint-Laurent serait avantagé par sa position stratégique, à moins de deux heures de Québec et moins de quatre heures de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Tourisme Bas-Saint-Laurent
Plutôt que d’aller outre-mer, on va se rabattre sur le Québec et j’ose espérer qu’on va être agréablement surpris, ajoute le professeur de l’École des sciences de la gestion.
Il indique que le désir de voyage demeure très fort, mais certains vacanciers vont chercher à le faire de façon économique. Le Bas-Saint-Laurent pourrait se démarquer, selon M. Vachon.
C’est une région qui est reconnue pour avoir un excellent rapport qualité prix quand on la compare à d’autres régions. Alors, si on cherche une solution économique, ça semble être un choix tout à fait logique, affirme Marc-Antoine Vachon.
Il insiste sur le fait que le Québec doit continuer de séduire parce que, pour la première fois en quatre ans, le nombre de Québécois qui comptent voyager dans leur propre province connaît un recul. Et qui gagne? C’est le reste du Canada. Beaucoup l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, un peu l’Ouest, aussi.
Avec les informations de Raphaëlle Ainsley-Vincent


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