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« SVP, arrêtez de travailler », relate Mónica Colín Silva, originaire du Mexique, citant sa conseillère en immigration. Arrivée au Canada en 2022 et titulaire d’une maîtrise de l’Université Laval depuis le printemps 2025, Mme Silva a appris lundi que sa demande de permis de travail postdiplôme avait été refusée puisqu’elle a échoué – par un point – un test standardisé de français. Résultat : son statut de résidente temporaire et celui de son conjoint sont révoqués.
Sous le choc, le couple, qui a une enfant de 8 ans, ne peut donc plus travailler au Canada. Couper les revenus de la famille au complet, c’est vraiment dur.
Nous sommes allés voir nos employeurs pour dire : "merci, mais ce n’est plus possible de continuer de travailler", explique-t-elle.
Arrivée au pays en août 2022 en tant qu’étudiante internationale, Mónica Colín Silva a débuté le mois suivant son parcours à la maîtrise en ergonomie à l’Université Laval, un projet de vie entamé il y a une dizaine d’années, dit-elle.

Après avoir obtenu sa maîtrise en ergonomie à l'Université Laval, Mónica Colín Silva s'est soumise aux quatre épreuves du test d’évaluation de français.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
Pour être acceptée à l’Université Laval, je devais être certifiée en anglais et en français, fait valoir celle qui détenait déjà un baccalauréat en physiothérapie avant de quitter le Mexique.
J’étais enseignante dans mon pays pendant 10 ans. Donc, j’ai de l’expérience en enseignement.
Malgré mes réalisations académiques et professionnelles, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a décidé que nous ne sommes pas admissibles et nous a refusé le permis, dit-elle.
Le test d'évaluation de français
Reconnu depuis 2002 par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le test d’évaluation de français comprend quatre épreuves obligatoires : compréhension écrite, compréhension orale, expression écrite et expression orale. Les résultats d’un test doivent dater de moins de deux ans au moment où une demande de permis de travail postdiplôme est soumise.
Source : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Pour réussir chacune des quatre épreuves, sur un total de 699 points, on exige d'obtenir un minimum de 428 points.
Or, pour l’épreuve d’expression écrite, Mónica Colín Silva a obtenu la note de 427. Il m’a manqué un seul point, souffle-t-elle.
Parmi les options qui s’offrent à elle, repasser l’examen et débourser de nouveau les 700 $ requis. Une somme qui est trop élevée pour elle.
Titulaire d'une maîtrise en ergonomie depuis le printemps 2025, par manque d'expérience au Québec, elle dit avoir été malgré tout incapable de trouver du travail dans son domaine.
C'est donc un emploi à temps partiel comme éducatrice dans un service de garde en milieu scolaire qu'elle occupait jusqu'à tout récemment. Son conjoint travaillait quant à lui dans deux restaurants.
Angoisse et épuisement
Ça passe pas bien, dit-elle. C’est difficile au niveau de la santé mentale. Je suis angoissée, je suis épuisée. Mon conjoint aussi.
Pour moi, travailler est sacré. C’est la façon dont on peut vivre.

Malgré la situation dans laquelle se trouvent actuellement ses parents, Victoria, 8 ans, peut toujours fréquenter l'école.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
Plutôt que de devoir abandonner leurs emplois du jour au lendemain, Mme Silva aurait à tout le moins souhaité qu’elle et son conjoint obtiennent un délai, une période de temps pendant laquelle ils auraient pu continuer à travailler, ne serait-ce que pour amasser de l’argent pour se permettre les billets d’avion.
Et, ainsi, être en mesure de quitter le Canada un casse-tête en moins.
Avec des informations d'Edouard Dubois et d'Alexandre Painchaud


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