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Quand les parents réclament des explications, l’administration parisienne semble davantage préoccupée par ses listes de décorations.
L’information, révélée le 13 octobre 2026 par Le Canard enchaîné, ajoute un épisode particulièrement embarrassant au scandale du périscolaire parisien. Car les autorités avaient été prévenues. Plusieurs d’entre elles, même.
Les familles ne sont pas au bout de leurs découvertes dans la sordide affaire du périscolaire parisien. La dernière en date ? Le 14 juillet 2025, dans la liste estivale des médaillés d’honneur de la ville de Paris, figurait le nom du chef des animateurs de l’école Saint-Dominique, l’un des établissements au cœur du scandale.
Deux mois plus tôt, le nouveau décoré avait été suspendu en raison de soupçons de «violences sexuelles» sur une petite fille.
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— Le Canard enchaîné (@canardenchaine) October 14, 2026
Une plainte en mai, une distinction en juillet
Reprenons les dates. Le 6 mai 2025, le chef des animateurs de Saint-Dominique, officiellement responsable éducatif ville (REV), est suspendu de ses fonctions. La veille, les parents d’une fillette ont donné l’alerte. Une plainte contre X pour « violences sexuelles » est déposée.
La suspension n’est pas une condamnation et les faits reprochés restent soumis à l’enquête judiciaire. Elle constitue néanmoins une mesure suffisamment sérieuse pour justifier l’éloignement de cet agent des enfants.
Selon Le Canard enchaîné, la mairie du 7e arrondissement, administrée par Rachida Dati, est informée. La mairie centrale, alors dirigée par Anne Hidalgo, également. Le service départemental chargé de la jeunesse reçoit lui aussi l’information, tandis qu’un signalement parvient au parquet de Paris.
Puis arrive le 14 juillet. Sur la liste estivale des médaillés d’honneur communaux figure le nom du responsable suspendu. Une distinction destinée à saluer les services rendus aux collectivités territoriales. La juxtaposition des deux événements a quelque chose de particulièrement sordide.
Précision importante : la présence sur cette liste ne permet pas d’établir qu’une cérémonie de remise a effectivement eu lieu. La médaille d’honneur régionale, départementale et communale est attribuée par arrêté préfectoral, selon une procédure dont les candidatures sont déposées plusieurs mois avant la promotion. Une candidature antérieure à la plainte pourrait donc expliquer son inscription initiale. Elle n’expliquerait pas, à elle seule, pourquoi la distinction n’aurait pas été réexaminée après la suspension.
Des parents tenus dans l’ignorance
L’autre aspect de cette affaire concerne l’information transmise aux familles. Alors que le responsable éducatif était suspendu, les parents auraient été informés qu’il se trouvait simplement en arrêt maladie.
Le motif réel de son absence n’aurait donc pas été communiqué. La protection de la vie privée et la présomption d’innocence imposent évidemment des précautions. Mais pour des parents dont les enfants étaient confiés quotidiennement au service périscolaire, apprendre plusieurs mois après les faits qu’une plainte pour violences sexuelles avait provoqué cette suspension pose une question autrement concrète : que savaient-ils des risques éventuels ?
Ce défaut de transparence allégué s’inscrit dans une série d’alertes concernant Saint-Dominique et plusieurs autres établissements parisiens.
La mairie de Paris face à ses responsabilités
Depuis, les révélations se sont accumulées. Plusieurs animateurs ont été suspendus, des enquêtes judiciaires ouvertes et des familles ont dénoncé les carences de l’encadrement municipal. En mai 2026, seize personnes avaient notamment été placées en garde à vue dans les enquêtes concernant Saint-Dominique et les établissements voisins.
Le nombre de suspensions a continué d’augmenter dans la capitale. En juin 2026, le maire Emmanuel Grégoire annonçait 132 animateurs suspendus depuis janvier, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes.
Les responsabilités politiques et administratives doivent être distinguées des responsabilités pénales individuelles. Être destinataire d’un signalement ne signifie pas avoir personnellement décidé d’une décoration, ni avoir cherché à dissimuler une infraction.
Mais les questions adressées à la municipalité demeurent précises. Qui avait proposé cet agent pour la distinction ? À quelle date ? Sa suspension a-t-elle été transmise au service chargé des candidatures ? Quel responsable pouvait demander le réexamen du dossier ? Et pourquoi les familles ont-elles reçu une explication médicale plutôt qu’une information adaptée à la gravité de la situation ?
Ces interrogations s’ajoutent à celles déjà formulées par les familles, dont certaines ont déposé plainte contre Anne Hidalgo et Patrick Bloche pour non-assistance à personne en danger.
Le Canard enchaîné a donné à ses révélations un titre difficile à améliorer : « Paris mérite la médaille de l’omerta ». Reste un travail moins honorifique pour l’administration parisienne : retracer exactement qui savait quoi, et à quel moment.


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