NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Derrière les exploits qu’il raconte, Steven K cherche aussi des réponses aux questions qu’il se pose sur lui-même.
« Ce livre est une façon de graver dix années de rencontres, de recherches et d’apprentissages dans le marbre. »
Le Média en 4-4-2 : Bonjour Steven, merci d’avoir accepté l’invitation du Média en 4-4-2 pour parler de ton nouveau livre, « Un timide sans limites : de l’échec scolaire au Guinness des records ».
Pour commencer, pourquoi as-tu décidé de raconter ta propre histoire maintenant, après avoir passé tant d’années à raconter celle des autres ?
Steven K. : À l’origine, je pensais simplement mettre fin à mon média après dix années d’interviews, en 2023. J’avais envie de tourner cette page et, surtout, de laisser une trace de tout ce que ces dix années m’avaient appris.
J’ai toujours beaucoup aimé mettre les autres en lumière, raconter leurs parcours et leur donner une place qu’ils n’ont pas toujours dans les médias traditionnels. Et avec le recul, je me suis rendu compte qu’il existait un véritable fil rouge entre leurs histoires et la mienne : la timidité, le fait de se sentir parfois invisible, différent, ou de ne pas forcément trouver sa place dans les médias mainstream.
Ce livre est donc aussi une manière de leur rendre hommage et de les remercier. Toutes ces personnes m’ont fait confiance en acceptant de venir témoigner devant mon micro, et leurs histoires ont aussi contribué à construire la mienne.
Enfin, j’avais envie de laisser une trace écrite de ce travail. Les vidéos sont formidables, mais elles peuvent être éphémères. Un livre, c’est différent : c’est quelque chose que l’on peut conserver, transmettre et relire des années plus tard. C’est une façon, en quelque sorte, de graver dix années de rencontres, de recherches et d’apprentissages dans le marbre.

« J’avais envie de partir à la recherche de réponses à mes propres questions en allant à la rencontre des autres. »
Le Média en 4-4-2 : Dans ton livre, tu reviens sur ce mot, « cancre ». Qui te l’a collé, et qu’est-ce qu’il a changé dans la façon dont tu te voyais ?
Steven K. : Pour moi, le mot « cancre » est un mot qui peut véritablement briser la confiance en soi, surtout lorsqu’il est adressé à un enfant ou à un adolescent, à un âge où l’on est encore en train de se chercher, d’apprendre et de construire sa personnalité.
La première fois qu’on m’a traité de « cancre », c’était au lycée, et c’est le proviseur qui me l’a dit. Je raconte précisément cette histoire dans le livre, parce que ce moment m’a profondément marqué. Et, honnêtement, il me marque encore aujourd’hui.
Je pense aussi que le fait de ne pas avoir eu, à cette époque, des parents avec lesquels je pouvais vraiment échanger et communiquer m’a obligé à me construire seul. Cela m’a forgé un caractère très indépendant, mais ça a aussi laissé des traces.
Avec le temps, j’ai réussi à me renforcer grâce à mes amis, au sport, aux rencontres, et aussi à quelques petites claques de la vie qui m’ont obligé à avancer. Mais je ne dirais pas que tout cela m’a complètement « réparé ». Je reste quelque part un peu abîmé par certaines choses.
Et finalement, je crois que c’est aussi ce qui fait la personne que je suis aujourd’hui. J’ai gardé mon âme d’enfant, ma curiosité et cette envie d’aller de l’avant, même lorsque je ne me sens pas prêt, même lorsque je ne me sens pas légitime ou que je ne suis pas spécialiste. C’est justement cette curiosité et cette envie d’essayer qui continuent de m’animer.
Le mot « cancre » a donc laissé une cicatrice, mais je refuse qu’il définisse qui je suis.
Le Média en 4-4-2 : Tu dis que le mot « cancre » a laissé une cicatrice : comment as-tu osé lancer tes premières interviews malgré cette blessure ? Que dirais-tu à nos lecteurs qui, des années après l’école, se pensent encore incapables d’aller pleinement vers les autres à cause de ce qu’on leur a dit ?
Steven K. : Quand on te traite de « cancre », ça laisse effectivement une cicatrice. On te met dans une case, et pendant longtemps, tu finis parfois par croire que cette case te définit. Puis, en grandissant, je me suis rendu compte qu’on passe notre temps à mettre les autres dans des cases. C’est peut-être une tendance profondément humaine : on cherche à comprendre, à catégoriser, à juger. Mais heureusement, tout le monde ne fonctionne pas comme ça. Il y a toujours des exceptions.
Cette expérience a aussi développé chez moi une forme de jugement très forte… mais surtout envers moi-même. Je suis devenu très dur avec moi. Je me demandais constamment si j’étais à la hauteur, si j’étais légitime, si j’avais le droit d’aller vers les autres.
Puis j’ai compris quelque chose : nous avançons tous avec nos croyances, nos blessures, nos expériences et, parfois, simplement avec notre instinct de survie. En 2016, je me suis alors posé deux questions très simples : « Qu’est-ce que j’aime vraiment dans ma vie ? » et « Qui suis-je ? »
Et la réponse est venue assez naturellement. J’aime écouter. J’aime rencontrer des personnes exceptionnelles, des gens qui me donnent l’impression de venir d’ailleurs, presque comme des super-héros. C’est quelque chose qui vient aussi de mon enfance, de mon amour des jeux vidéo, mangas, de Marvel et des comics. Mais surtout, j’avais envie de partir à la recherche de réponses à mes propres questions en allant à la rencontre des autres.
C’est comme ça que je me suis lancé dans les interviews. Ce n’était pas simplement de la motivation. C’était un élan. Quelque chose qui bouillonnait en moi, une véritable étincelle de vie qui m’a poussé à sortir de moi-même et à aller vers les autres.
Et finalement, c’est peut-être ça que je dirais à quelqu’un qui, des années après l’école, se sent encore incapable d’aller vers les autres : n’attendez pas forcément de ne plus avoir peur ou de vous sentir totalement légitime. Moi, je ne me suis jamais senti complètement prêt. Je sors encore tout le temps de ma zone de confort. Mais parfois, il faut simplement écouter cette petite étincelle en soi et lui donner une chance de devenir une flamme.
« Je cherche à comprendre ce qui fait qu’un être humain pense et agit comme il le fait. Parce que c’est aussi en allant vers ce qui nous dérange, plutôt qu’en le fuyant, qu’on apprend à mieux se connaître soi-même. »
Le Média en 4-4-2 : Tu parles de tes invités comme de « super-héros ». Parmi les rencontres que tu racontes dans le livre, laquelle a le plus changé ta façon de voir la vie ? Peux-tu nous raconter ce qui s’est passé et ce que tu en as gardé ?
Steven K. : Je n’ai pas forcément une rencontre précise qui a changé ma façon de voir la vie. En réalité, mes interviews s’inscrivent davantage dans une quête de Soi. Ma manière de regarder le monde était déjà assez ancrée depuis mon enfance. Vers 13 ou 14 ans, j’avais déjà conscience des mécanismes de la société, des injustices, des rapports de pouvoir et des différentes intentions qui peuvent guider ceux qui nous gouvernent.
En revanche, chaque interview m’a permis d’apporter un nouvel angle à ce que je savais — ou pensais savoir. Certaines personnes m’ont fait réfléchir, d’autres m’ont apporté de l’affection. À travers ces rencontres, j’ai aussi cherché, quelque part, à reconstruire une autre famille.
J’aime d’ailleurs dire que j’ai interviewé des « gentils » et des « méchants ». Pas parce que je considère réellement les gens comme tels, mais parce que j’aime comprendre ceux dont la vision du monde est parfois totalement opposée à mes propres valeurs. Qu’est-ce qu’ils voient que je ne vois pas ? Comment construisent-ils leur raisonnement ? Qu’est-ce qui les a amenés à penser ainsi ?
Et puis, chaque rencontre peut prendre une dimension très différente. Je peux avoir l’impression de retrouver un grand-père de substitution, un père, une mère, une sœur, un frère d’âme… ou simplement rencontrer un professeur, un ami, quelqu’un qui va m’apprendre quelque chose.
Il y a aussi les personnes qui incarnent quelque chose qui, chez moi, provoque une véritable peur. Par exemple, le vertige ou les serpents. Ce qui m’intéresse alors, c’est justement d’aller à la rencontre de cette peur, de comprendre ce qu’elle représente et pourquoi elle existe.
Enfin, certaines rencontres m’ont particulièrement marqué parce qu’elles concernaient des pionniers, des personnes qui ont accompli des choses importantes dans leur domaine mais qui restent largement invisibles. Cela m’a fait prendre conscience de la différence entre ce qui est officiellement reconnu et ce qui existe réellement mais demeure dans l’ombre.
Au fond, ce sont tous ces paramètres — la quête de soi, la famille que l’on se crée, la confrontation à des visions différentes, les peurs, les rencontres et les personnes invisibilisées — qui ont construit ma façon de regarder la vie. Je ne peux donc pas citer une seule rencontre : c’est l’ensemble de ces visages et de ces histoires qui m’ont transformé.
Le Média en 4-4-2 : Tu dis avoir rencontré des personnes dont les valeurs sont à l’opposé des tiennes. Peux-tu nous raconter un de ces échanges et ce qu’il t’a appris ? Comment réussir à écouter quelqu’un avec qui l’on est profondément en désaccord, sans renoncer à ses convictions ?
Steven K. : Je me souviens notamment d’une rencontre avec un ami proche des frères Costes, les propriétaires de l’Hôtel Costes à Paris, qui possèdent également plusieurs cafés réputés dans les grandes avenues parisiennes. C’est quelqu’un dont l’énergie et la vision du monde étaient très sombres, à l’opposé de ma manière de voir les choses.
Cette rencontre m’a appris quelque chose d’important : la flatterie peut être une forme de manipulation. Derrière un compliment, il peut parfois y avoir une intention, un intérêt ou une volonté d’influencer l’autre. J’ai appris, à travers cet échange, à prendre du recul par rapport aux paroles des gens, à ne pas me laisser atteindre ou déstabiliser par ce qu’ils peuvent dire de moi. À écouter, oui, mais sans être dupe.
Je pense que ma capacité à écouter des personnes avec lesquelles je suis profondément en désaccord vient aussi de mon histoire personnelle, de mon enfance et de mes blessures. J’ai traversé des épreuves qui m’ont obligé à me remettre constamment en question, parfois dans la douleur. Avec le temps, j’ai compris que cette remise en question était nécessaire pour grandir. C’est un peu comme les étirements en sport : ça tire, ça fait parfois mal, mais c’est aussi ce qui permet au corps de gagner en souplesse.
Pour moi, c’est pareil avec les idées. Si je ne fréquente que des personnes qui pensent comme moi, je risque de rester enfermé dans mes propres certitudes. Écouter quelqu’un qui a une vision opposée à la mienne, c’est accepter de me confronter à quelque chose qui me dérange, sans forcément y adhérer. Je peux essayer de comprendre son raisonnement sans partager ses valeurs. Comprendre n’est pas cautionner.
Et surtout, je crois qu’il faut apprendre à faire la différence entre remettre ses idées en question et renoncer à ses convictions. Je peux écouter, douter, réfléchir, changer d’avis sur certains points, tout en restant fidèle à ce qui est important pour moi.
Au fond, je ne cherche pas nécessairement à convaincre les gens que j’interviewe, ni à sortir d’une rencontre en ayant raison. Je cherche à comprendre ce qui fait qu’un être humain pense et agit comme il le fait. Parce que c’est aussi en allant vers ce qui nous dérange, plutôt qu’en le fuyant, qu’on apprend à mieux se connaître soi-même.
« C’est peut-être ça, mon travail depuis dix ans : regarder derrière les objets, derrière les exploits et derrière les histoires que nous croyons connaître, pour retrouver les êtres humains qui se trouvent derrière. »
Le Média en 4-4-2 : Tu évoquais aussi ces pionniers dont les réalisations sont importantes, mais qui restent dans l’ombre. Peux-tu nous présenter l’un de ceux que tu racontes dans ton livre : qu’a-t-il accompli, et pourquoi, selon toi, son nom reste-t-il si peu connu ?
Steven K. : Il y a une rencontre qui illustre parfaitement ce que j’appelle mes « pionniers invisibles » : celle de Roger Dambron, que j’ai eu la chance d’interviewer en 2017.
Un jour, en regardant une série ou un film policier, je me suis fait une réflexion toute simple : à chaque fois qu’un suspect est recherché, on voit apparaître un portrait-robot. Mais qui a inventé ce procédé ?
Je me suis mis à chercher, et je suis tombé sur un Français, Roger Dambron.
En réalité, l’appellation qu’il avait donnée à son invention était « photo-robot ». Le 22 janvier 1952, il avait créé un jeu à partir de morceaux de photographies de visages. Puis, à la suite d’une enquête policière, sa méthode a été utilisée pour reconstituer le visage d’un suspect à partir des souvenirs de témoins. Petit à petit, ce qui était au départ un jeu de société est devenu un véritable outil d’enquête.
Et Roger Dambron ne s’est pas arrêté là. Il a imaginé beaucoup d’autres choses, il a écrit, composé des chansons… C’était un véritable touche-à-tout. J’ai eu l’honneur de le rencontrer à la fin de sa vie et cette rencontre m’a profondément marqué. Sa fille Arlette était également présente dans cette histoire, et je garde un souvenir très précieux de nos échanges. Je lui rends d’ailleurs hommage dans mes remerciements.
Ce qui m’interpelle, c’est le paradoxe : son invention est devenue quasiment universelle. Elle est présente dans d’innombrables films et séries policières à travers le monde, mais combien de personnes connaissent le nom de Roger Dambron ?
Et c’est précisément ce qui me passionne. Je me demande toujours : pourquoi certaines personnes deviennent-elles célèbres alors que d’autres, qui ont pourtant créé des choses extraordinaires, restent dans l’ombre ?
Pour moi, Roger Dambron représente cette richesse française que l’on ne valorise peut-être pas suffisamment : le savoir-faire, la créativité, l’invention, ce que j’appelle volontiers le « génie français ». Je pense aussi à Jacques Cooper, le dessinateur du TGV, ou à Marc Lassus, pionnier de la carte à puce. Ils font partie de ces personnes que j’ai voulu remettre en lumière dans mon travail. Le livre leur rend d’ailleurs une place, puisque tous deux figurent parmi les pionniers présentés.
Je crois qu’on aime parfois davantage les personnalités qui savent occuper l’espace médiatique, parler fort, communiquer et se vendre. À l’inverse, certains inventeurs ou créateurs sont beaucoup plus discrets. Ils ont consacré leur vie à chercher, fabriquer, créer, transmettre… mais ils ne sont pas forcément des hommes ou des femmes de réseaux ou de communication.
C’est justement pour cela que j’aime aller les chercher. Je ne veux pas seulement interviewer les personnes que tout le monde connaît. Je veux aussi comprendre qui sont celles qui ont réellement contribué à notre quotidien sans que nous connaissions leur nom.
Et finalement, c’est peut-être ça, mon travail depuis dix ans : regarder derrière les objets, derrière les exploits et derrière les histoires que nous croyons connaître, pour retrouver les êtres humains qui se trouvent derrière.
Le Média en 4-4-2 : Tu as passé des années à faire connaître les réalisations des autres, puis tu as voulu décrocher ton propre record Guinness. D’où est venue cette envie, et qu’est-ce que cette reconnaissance représente pour toi, qui t’es longtemps senti invisible ?
Steven K. : J’ai toujours pris énormément de plaisir à mettre en lumière les parcours des autres.
Avant même de partager leurs histoires, je me sentais privilégié de pouvoir côtoyer ces personnes, ces esprits qui, pour beaucoup, ont marqué l’histoire à leur manière.
Je pense notamment aux sportifs de haut niveau, aux champions du monde et aux recordmen et recordwomen du Guinness World Records.
J’étais fasciné par leurs parcours, mais aussi par le fait de pouvoir échanger avec eux, de découvrir l’être humain derrière l’exploit.
L’idée de décrocher mon propre record est arrivée à un moment très particulier de ma vie. Je souhaitais mettre fin à mon média en janvier 2025, après des années d’interviews. Je me demandais comment terminer cette aventure de la plus belle manière possible.
Au départ, j’avais pensé réaliser une vidéo, seul, pour raconter tout ce que j’avais vécu depuis la création de mon média Steven K en 2016, ce que j’avais appris et remercier toutes les personnes que j’avais interviewées et qui m’avaient accordé leur confiance.
Mais, lorsque j’ai essayé de concrétiser cette idée, je trouvais qu’il manquait quelque chose. Ce n’était pas assez fort symboliquement pour marquer la fin de cette aventure.
Et puis, j’ai pensé au Guinness World Records. Je me suis demandé s’il existait des records dans le domaine de l’interview. J’ai fait quelques recherches et j’en ai trouvé !
Je me suis alors dit : « Voilà, c’est comme ça que je veux marquer le coup. » Il y avait quelque chose d’assez amusant dans l’idée d’avoir, moi aussi, mon propre record Guinness, après avoir passé tant d’années à raconter les exploits des autres.
Aujourd’hui, avec Chloé Frammery, nous détenons deux records Guinness dans le domaine de l’interview. C’est une aventure assez singulière, et pour moi, cette reconnaissance représente beaucoup plus qu’un simple chiffre ou qu’un titre.
J’ai longtemps porté les blessures de mon parcours scolaire, notamment cette étiquette de « cancre » qu’on m’a collée. J’ai grandi avec des doutes, avec le sentiment de ne pas toujours être à ma place ou d’être invisible.
Alors, voir aujourd’hui mon travail reconnu officiellement par une institution internationale, c’est une forme de réparation. Je ne dirais pas que cela efface mes blessures, mais cela contribue, à sa manière, à rééquilibrer les choses.
C’est une preuve que le petit garçon qui doutait de lui pouvait, lui aussi, accomplir quelque chose d’extraordinaire.
Mais je ne voulais pas que cette reconnaissance soit uniquement personnelle. Ce qui compte pour moi, c’est aussi de laisser une trace durable de ces années de rencontres. Derrière ces records, il y a toutes les personnes que j’ai interviewées, leurs histoires, leurs réalisations, mais aussi les liens que nous avons tissés.
Finalement, je vois ces records comme une sorte d’archive officiellement homologuée, une manière de graver cette aventure dans le temps.
Ce n’est pas seulement mon histoire que je souhaite inscrire quelque part, c’est aussi celle de toutes ces personnes qui m’ont fait confiance et que j’ai eu la chance de mettre en lumière.
Pendant des années, j’ai essayé de rendre les autres visibles. Et, au moment de refermer ce chapitre, j’ai trouvé une façon de laisser une trace de ce travail collectif.
Au fond, ce record n’est pas une fin en soi : c’est une manière de dire merci, et de faire en sorte que toutes ces rencontres ne disparaissent pas avec le temps.
« Je ne voulais pas simplement réaliser un exploit : je voulais rendre hommage à ces rencontres et laisser une trace de cette aventure. »
Le Média en 4-4-2 : Tu évoques deux records Guinness. En quoi consistent-ils exactement, et peux-tu nous raconter le moment où le défi a été le plus difficile à tenir : qu’est-ce qui t’a permis de continuer ?
Steven K. : Il s’agit de deux records Guinness assez particuliers, qui sont tous les deux liés à l’interview.
Le premier consiste à avoir interviewé Chloé Frammery au sujet de son livre La Suisse au cœur, qui retrace l’histoire d’une résistante des années 2020, le tout dans un bain froid. Le deuxième consiste à avoir été interviewé par Chloé sur mon propre parcours d’intervieweur, à travers toutes les rencontres que j’ai réalisées depuis 2016, avec plus de 600 personnalités.
Au-delà de l’aspect insolite de ces records, le véritable défi a été de tenir sur la durée. Il fallait rester concentré, me souvenir des personnes que j’avais rencontrées, de leurs histoires, des anecdotes échangées au fil des années. C’était un véritable travail de mémoire, mais aussi d’endurance.
Et puis, il y avait évidemment la fatigue physique. Pour tenir plusieurs heures sans dormir, il fallait aussi trouver des moyens de continuer à fonctionner. On a notamment découvert que les sardines étaient particulièrement efficaces pour nous aider à tenir ! C’est assez inattendu, mais parfois, ce sont les petites choses très concrètes qui font la différence.
Mais je crois que ce qui m’a surtout permis de continuer, c’est de me raccrocher au sens de ce défi. Derrière les chiffres, les heures et la fatigue, il y avait toutes ces personnes que j’avais eu la chance de rencontrer depuis 2016. Je ne voulais pas simplement réaliser un exploit : je voulais rendre hommage à ces rencontres et laisser une trace de cette aventure. Quand on sait pourquoi on fait quelque chose, cela aide à trouver les ressources nécessaires pour aller au bout, même lorsque le corps et l’esprit commencent à fatiguer.

Le Média en 4-4-2 : Merci Steven pour cet entretien ! Le mot de la fin est à toi.
Steven K. : À travers mon parcours et toutes les personnes que j’ai eu la chance de rencontrer, j’ai compris une chose essentielle : chacun avance dans la vie avec ses propres croyances. Et ces croyances sont extrêmement puissantes. Elles influencent notre façon de voir le monde, de comprendre les autres et de prendre nos décisions. Parfois, elles vont même bien au-delà de ce que l’on considère comme vrai ou faux, parce qu’elles touchent à notre histoire, à nos blessures et à notre manière d’interpréter la réalité.
J’ai aussi compris que nous n’avions pas tous le même rythme, ni les mêmes repères, ni le même niveau de compréhension des choses. Chacun avance à sa manière, avec ce qu’il est et ce qu’il a vécu. Et ce que nous pensons savoir ou maîtriser n’est pas toujours aussi solidement acquis que nous l’imaginons.
C’est pourquoi je crois profondément à l’importance de se remettre en question, de ne sous-estimer personne et de ne pas juger trop vite. Derrière chaque personne, il y a une histoire que l’on ne connaît pas forcément, des épreuves que l’on ne soupçonne pas et des choses que l’on pourrait apprendre, à condition de prendre le temps de l’écouter.
Écouter l’autre ne signifie pas forcément être d’accord avec lui. Cela signifie accepter de sortir de ses certitudes, essayer de comprendre un autre point de vue et reconnaître que nous n’avons pas toujours toutes les réponses.
Et puis, il y a une autre personne que nous oublions parfois d’écouter : nous-mêmes. À force de vouloir comprendre le monde et les autres, il faut aussi apprendre à se poser des questions, à écouter ce qui se passe en nous et à mieux comprendre qui nous sommes.
Si je devais résumer tout ce parcours en quelques mots, je dirais donc : restons curieux, restons humbles et continuons à nous remettre en question. Ne jugeons pas trop vite, ne considérons jamais quelqu’un comme insignifiant et n’oublions pas qu’une rencontre peut parfois nous apprendre bien plus que nous l’imaginions.
C’est finalement ce que toutes ces années d’interviews m’ont apporté : bien au-delà des records, des personnalités rencontrées ou des histoires racontées, elles m’ont appris que chaque être humain a quelque chose à nous transmettre. Encore faut-il prendre le temps de l’écouter.
Retrouvez Steven K et prolongez les rencontres
Après avoir raconté les autres, Steven nous a raconté un peu de lui. Pour poursuivre la découverte de ses invités et de ses projets, retrouvez-le sur Instagram et sur sa chaîne YouTube.
Son podcast Sabaïdi, consacré au Laos et aux parcours humains qui lui sont liés, est également à découvrir sur Spotify, YouTube et TikTok.
Pour découvrir son livre Un timide sans limites : de l’échec scolaire au Guinness des records, rendez-vous sur sa boutique officielle.


8 hour_ago
48


























.jpg)






French (CA)