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Pénurie de main-d’œuvre en Abitibi-Témiscamingue : la bataille des solutions politiques

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Des restaurants rapides aux heures réduites, des PME forcées d'acheter des maisons pour loger leurs travailleurs : en Abitibi-Témiscamingue, la pénurie de main-d’œuvre se voit partout, s'imposant comme un obstacle quotidien. À l'approche des élections provinciales, les candidats proposent deux visions distinctes pour sortir la région de l'impasse.

Des laboratoires médicaux aux ateliers de soudure, en passant par les écoles et les concessionnaires automobiles, les problèmes se manifestent dans tous les secteurs. La situation est si critique que le recrutement a déjà fait tomber plusieurs entreprises locales.

Régionaliser et décentraliser

Pour résorber cette crise et aider les entreprises, la majorité des partis du centre et de droite mise sur des leviers démographiques et économiques.

On ne veut pas revoir les seuils d’immigration, indique d’emblée Béatrice Déry, représentante de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue. Contrairement au Parti québécois, on conserve le seuil parce qu’on a besoin de ces gens-là chez nous. Ce qu’on propose, c’est de mieux répartir et d’encore plus régionaliser pour que 50 % des immigrants s’établissent dans les régions.

Béatrice Déry répond à une question sur l'accès aux services.

Béatrice Déry, candidate de la Coalition avenir Québec dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, a participé à une causerie électorale organisée à Lorrainville, le 21 septembre. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly

Elle assure justement que le récent Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) accordera un poids supplémentaire aux candidats qui s’installent en région dans des domaines recherchés, comme le manufacturier, la santé, l’éducation et le domaine de la construction.

Ancien ministre caquiste aujourd’hui candidat du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Dufour préconise plutôt d'adapter les seuils aux réalités du terrain. Député sortant d’Abitibi-Est, il appelle à miser davantage sur les travailleurs étrangers.

Le candidat d'Abitibi-Est pour le PLQ, Pierre Dufour, en présence de son chef Charles Milliard et de la candidate de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Leanne Loney.

Le candidat d'Abitibi-Est pour le PLQ, Pierre Dufour, était en présence de son chef Charles Milliard, lundi, et de la candidate de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Leanne Loney.

Photo : Radio-Canada / MARC-ANDRE LANDRY

Critiquant les mesures uniformes de son ancienne formation et les louvoiements entourant le PEQ, il cite l’urgence chez les commerçants locaux : Isabelle Leblanc, la franchisée des McDonald’s de la région, me disait, pas plus tard que la semaine dernière, que c’est une tragédie qui se passe présentement. Elle a de la difficulté à recruter le personnel nécessaire pour être capable de rouler selon les heures d’ouverture normales.

Du côté du Parti conservateur du Québec (PCQ), le candidat dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Francis Lapointe, mise sur des tables de concertation régionales.

Inspiré par La Grande séduction en Abitibi-Ouest, il croit que pourvoir les postes professionnels aura un effet d’attraction général.

Ça nous prend des professionnels, des docteurs, des dentistes, des ingénieurs pour bâtir la région [...]. Si on a un médecin qui vient à l’École de médecine du Nord de l'Ontario ici, qui pratique ici, les chances sont meilleures qu’il reste ici, illustre-t-il.

Réinvestir dans les services

À l'opposé, Québec solidaire (QS) lance un avertissement : la pénurie a fini par générer des effets pervers qui menacent le tissu social de l'Abitibi-Témiscamingue.

Cette mise en garde est lancée par la candidate solidaire dans Abitibi-Est, Sara Germain, qui dénonce la pérennisation de solutions temporaires, comme le recours à la main-d’œuvre indépendante en santé ou le navettage, le fly-in fly-out, dans l’industrie minière.

Ils viennent sur notre territoire, ils utilisent nos services, mais ils ne sont pas comptabilisés dans les enveloppes budgétaires pour l’octroi de services. Ça crée une double pression sur les services et les infrastructures, s’inquiète-t-elle. Je ne veux pas que l’Abitibi-Témiscamingue devienne une région à l’image de son nom, c’est-à-dire une région où l’on vient exploiter la ressource et quitter tout de suite après.

Sara Germain porte un macaron de Québec solidaire au centre-ville de Rouyn-Noranda.

Sara Germain est candidate aux élections du 5 octobre avec Québec solidaire dans la circonscription d’Abitibi-Est.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

La représentante solidaire mise sur le filet social et les services publics pour redonner à la région une force d’attrait, ainsi qu’une capacité de rétention. Garderies, transports interurbains, accès aux soins et crise du logement : elle croit qu’il faut avant tout des infrastructures capables d’accueillir les nouveaux venus.

On ne peut pas demander aux gens de s’établir dans la région tout en acceptant des services de moindre qualité, conclut-elle.

Le Parti québécois a décliné notre demande d’entrevue par l’intermédiaire d’une attachée de presse.

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