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Les Valkyries de Gatineau ne seront pas sur le terrain cet été. L’équipe de football féminin, qui devait entamer sa quatrième saison d’existence, doit prendre une pause faute de joueuses.
Je me sens triste, déçue, frustrée! Beaucoup de choses, s’exclame la présidente du club, Sonia Rodi, qui a lancé l’organisation il y a quelques années.
Le club a besoin d’un minimum d’une quinzaine de joueuses pour ses activités dans la Ligue féminine de football mineur du Québec (LFFMQ), mais il n'y avait plus qu’une dizaine d’athlètes qui voulaient participer à la saison qui a commencé cette semaine.
[Les joueuses] pleuraient quand on a fait l’annonce. Elles sont tellement déçues se désole Mme Rodi.
J'avais des filles qui devaient jouer une troisième et dernière saison alors que d’autres attendaient de jouer une première fois. On avait tellement hâte pour la saison.

L'entraîneuse Sonia Rodi surveille de près ses joueuses des Valkyries pendant un entraînement. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jonathan Jobin
Si les Valkyries sont forcées de prendre une pause cet été, ce n’est pas faute d’efforts de ses dirigeants. Sonia Rodi a travaillé d’arrache-pied lors des derniers mois pour recruter des joueuses.
J'ai visité une dizaine d'écoles secondaires sur l’heure du dîner! Ce sont des heures de bénévolat. On a vraiment tout essayé, se désole Rodi.
On a même donné des rabais de 100 $ à chaque fille qui amenait une amie. On est monté à 19-20 joueuses durant l’hiver, mais après [les blessures] et les autres sports ont pris la place.
La compétition du flag football
Les Valkyries s’expliquent mal leurs difficultés à assurer la viabilité du programme. Ils voyaient grand lors du lancement de l’équipe et pensaient même pouvoir créer une formation pour les moins de 15 ans pour ajouter à leur offre.
Depuis, chaque saison a amené son lot de défis pour le recrutement et la popularité grandissante du flag football s’ajoute dans l’équation.
On perd beaucoup de filles qui vont vers le flag malheureusement, reconnaît Rodi qui souligne que les programmes masculins sont confrontés au même problème de baisse des inscriptions. [La discipline] s'en va aux Jeux olympiques bientôt. Tout le monde veut y aller parce qu'il y a plus de débouchés pour les filles.

Les Valkyries de Gatineau ont déjà eu plus d'une vingtaine de joueuses.
Photo : Gracieuseté des Valkyries de Gatineau
Le flag est dans les écoles et plein de cégeps, ça donne des options. Elles peuvent ensuite aller dans la NCAA.
Il semble que les parents d’athlètes ont également plus de craintes envers le football contact que pour le flag football.
Les parents pensent que le flag est plus sécuritaire, mais les joueuses se blessent presque davantage [dans ce sport]. Il y a beaucoup moins de blessures avec nous, probablement parce qu'on a de l'équipement, explique Rodi.
Chose certaine, la direction souhaite que ce ne soit pas la fin des Valkyries de Gatineau. C'est une pause temporaire, assure l’entraîneuse-chef, qui a plein d’idées pour relancer son programme, notamment une association avec une équipe d’Ottawa et un partenariat avec le Rouge et Noir.
Mais… si le recrutement ne fonctionne pas bien l'an prochain, il faudra peut-être repenser notre direction, réfléchit Sonia Rodi, qui espère ne pas en arriver là.


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