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Paul, la série : l’art délicat de l’autodérision

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L’humoriste Paul Mirabel se livre dans une autofiction hilarante disponible sur Prime Video.

« T’as vu ta dégaine ? On dirait Mark Zuckerberg qu’a pas inventé Facebook… » On pourrait aimer Paul, la série pour cette seule réplique ! L’autofiction de l’humoriste en panne d’inspiration est presque devenue un genre en soi (voir La Meilleure Version de moi-même, de Blanche Gardin, ou Désordres, de Florence Foresti), et Paul Mirabel se prête brillamment au jeu, comme coauteur (avec Mourad Winter, Yoann Gromb et Nathanaël Munnich) et interprète principal. « En l’écrivant, nous trouvions original de faire une autofiction dans le cadre de vie d’un trentenaire, avec des problématiques plus jeunes, précise-t-il. La meilleure façon de raconter de bonnes histoires, pour moi, reste de partir du réel. »

Reste qu’après ses spectacles Le Zèbre et Par amour, l’artiste s’est attaqué pour la première fois à une série, et l’approche change. « Concernant le stand-up, j’écris seul, et c’est très direct avec le public, poursuit-il. On écrit une blague, on la joue le soir, et on a le résultat instantanément. Pour cette série, d’abord, l’écriture a été collégiale. Et, entre ce qu’on écrit et ce qu’on tourne, certaines choses que l’on croit très drôles ne fonctionnent pas. Mais ça peut aussi être rattrapé au montage. Le process est différent. J’avais noté plein d’idées qui ne rentraient pas dans des spectacles en me disant qu’elles avaient peut-être leur place ailleurs, et ça a été le cas. »

Des blagues à deux de tension

À lire aussi «Ça fait quatre ans que je rentre chez France Inter en faisant croire que je suis Angèle» : la dernière de Paul Mirabel dans «La bande originale»

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Le synopsis ? L’artiste, toujours lunaire, a vendu à Amazon l’enregistrement de son nouveau show et un documentaire sur sa vie façon Orelsan, filmé par son meilleur pote (Abraham Wapler). À quelques semaines de la première, il n’a pas écrit une ligne… Ajoutez un amour de jeunesse qui refait surface (Enya Baroux) et laissez partir en vrille, de Paris à Ibiza, en passant par Montpellier, dont l’humoriste est originaire. Les affres de la création relèvent pour lui des expériences imaginées par son ami pour l’inspirer. Telle cette virée en discothèque où il fait tapisserie… « Ah, ça y est, j’ai trouvé, t’es le mec qui fait des blagues à deux de tension à la télé », lui lance une danseuse (Eva Huault, révélation, de L’Affaire Laura Stern  à Surveillant ! ), qui l’entraînera sur le tournage d’un clip de rap pour le moins hasardeux.

Le scénario joue sur divers registres : comédie pure, comédie romantique, émotion, avec une plongée dans son intimité entre un jeune frère autiste travaillant dans un restaurant inclusif et sa mère qui se désole (« Tu cours après quelque chose et ta famille n’existe pas »)… « Je n’ai pas été confronté à ça, c’était plus une façon de se rendre compte que, dans nos métiers, on peut être très centré sur sa carrière et soi-même alors que la vraie vie compte tout autant », souligne-t-il.

Paul Mirabel mêle le vrai au faux pour mieux se livrer et susciter le rire. « Le fait de travailler avec des gens de confiance (la série est coréalisée par Antoine de Bary et Nathanaël Munnich, NDLR), dans un projet dont je suis à l’origine, m’a permis d’accepter d’aller loin dans ce que je disais de moi, analyse-t-il. Je ne me suis pas trop posé la question, je n’ai pas de souci dans le fait d’être impudique et de confier des choses personnelles. C’est finalement plus dur sur scène quand on est seul en face des gens. Là, j’étais à l’aise. »

La crudité des dialogues ajoute à la jubilation. « Allez, on porte ses c… et on affronte le public, comme Jérémy Ferrari ! », lui lance son agent (Marine Leonardi). Cette dernière joue d’ailleurs les guests, à l’instar d’Alexandre Kominek et Éric Judor, dans des scènes hilarantes qui l’érigent en Dieu du stade bodybuildé. Cette « verdeur » dans les textes n’est pourtant pas habituelle chez l’artiste. « C’est vrai, réplique-t-il, mais, pour que Paul existe, il faut du relief autour ! » Pari réussi.

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