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Patrick Martin-Genier menace ceux qui soutiennent Xenia Fedorova : Des camps d’internement pour les défenseurs de la liberté d’expression ?

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Patrick Martin-Genier transforme un désaccord politique en avertissement pénal adressé à tous les défenseurs du pluralisme.

Le ton n’est plus à la discussion. Il ressemble davantage à un panneau posé devant la parole publique : réfléchissez bien avant de soutenir la mauvaise personne. La déclaration intervient alors que Xenia Fedorova est déjà visée par un arrêté ministériel d’expulsion.

Les pro UE « antifascistes » sont à deux doigts de nous enfermer dans des camps, comme le faisaient Staline ou Hitler avec leurs opposants.

Lisez ce message délirant de @MartinGenier , chroniqueur et apprenti dictateur !⬇️ pic.twitter.com/LOBtvu82Us

— Philippe Murer 🇫🇷 (@PhilippeMurer) July 30, 2026

Xenia Fedorova expulsée et privée de ses avoirs

L’ancienne présidente de RT France, devenue chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et dans le JDNews, s’est vu notifier le 29 juillet un arrêté d’expulsion. Le ministère de l’Intérieur lui reproche d’être un « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » destiné à « déstabiliser l’ordre public », selon les éléments de la décision rapportés par LCP.

Son avocat, Emmanuel Piwnica, a annoncé un recours immédiat. Canal+ et Lagardère ont dénoncé une « atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ». Depuis la notification, la journaliste est assignée à résidence et doit pointer quotidiennement au commissariat.

La macronie ne s’est pas arrêtée là. Un arrêté paru le 31 juillet prévoit également le gel de ses avoirs pendant six mois, mesure renouvelable présentée comme un moyen de prévenir de « nouveaux actes d’ingérence ». Expulsion, assignation, pointage au commissariat et comptes gelés : la République des Lumières a visiblement remplacé les bougies par un projecteur braqué sur une seule journaliste.



Un terme pénal utilisé comme une matraque politique

Patrick Martin-Genier va toutefois plus loin que le gouvernement en faisant peser le soupçon sur ceux qui « prennent le parti » de la journaliste. Or, défendre le droit de Xenia Fedorova à travailler, à contester son expulsion ou simplement à s’exprimer ne signifie ni servir Moscou ni préparer une offensive contre la France.

L’« intelligence avec une puissance étrangère » n’est pas une formule décorative destinée à pimenter une dispute sur X. Le Code pénal vise des relations entretenues avec une puissance ou une organisation étrangère afin de susciter des hostilités, de permettre des actes d’agression ou de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Un soutien public, une critique de l’expulsion ou une défense du pluralisme ne correspondent pas, à eux seuls, à cette définition.

En mélangeant volontairement désaccord politique, soutien juridique et trahison, Patrick Martin-Genier ne répond à personne. Il intimide. Le message est limpide : défendre la liberté d’expression reste possible, mais vous pourriez être regardé comme un complice de l’ennemi.

Répondons donc clairement à son « Attention ! » : attention, surtout, à ceux qui transforment le droit pénal en menace de plateau télé. Attention à une Union européenne qui interdit des médias, sanctionne des journalistes et appelle ensuite cette opération « défense de la démocratie ». Attention à une macronie qui prétend combattre la propagande en organisant elle-même le tri administratif des opinions autorisées.



Défendre Fedorova, c’est défendre une règle commune

On peut contester les analyses de Xenia Fedorova, les combattre et les démonter publiquement. Voilà précisément à quoi sert la liberté d’expression. Elle ne consiste pas à garantir une tribune aux opinions approuvées par Bruxelles, puis à expulser celles qui déplaisent au pouvoir.

Défendre Xenia Fedorova ne revient pas à choisir la Russie contre la France. Cela revient à refuser qu’un gouvernement décide seul qui mérite encore de parler. Quant à ceux que cette position ferait « friser » un délit, qu’ils se rassurent : le pluralisme n’est pas encore officiellement inscrit au fichier des ennemis de l’État. Mais à entendre Patrick Martin-Genier, le formulaire semble déjà prêt.



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