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De l’alpinisme hivernal à la navigation polaire, il n’y a qu’un pas que Pascale Marceau a franchi avec audace. L’exploratrice franco-ontarienne d’exception est de retour d’un périple de deux ans dans les eaux glaciales de l’Arctique et ses yeux sont déjà rivés vers sa prochaine expédition extrême.
Pascale Marceau est une alpiniste et exploratrice polaire franco-ontarienne originaire de Sudbury, aujourd’hui établie en Alberta.
Reconnue pour ses exploits d’endurance hors norme dans le Grand Nord canadien, elle a marqué l’histoire de l’alpinisme en devenant la première femme à réussir l’ascension hivernale d’un sommet majeur du Yukon en 2019, le mont Wood.
En 2021, elle a codirigé la première expédition entièrement féminine à atteindre le sommet du mont Lucania au Yukon, le troisième plus haut sommet du Canada.

Pascale Marceau effectue de longues expéditions de ski de fond dans le Grand Nord.
Photo : courtoisie
Après de longs périples d’endurance en ski dans les régions nordiques, cette aventurière d’exception s’est tournée depuis deux ans vers un tout nouveau défi : la navigation dans les eaux glaciales de l’Arctique.
Une navigatrice née de l’inattendu
Rien ne prédestinait Pascale Marceau à la voile, si ce n’est son amour de l’Arctique. L’étincelle est venue de son partenaire d’aventure. Alors qu’elle regardait son écran d’ordinateur rempli d’images de voiliers, il lui a annoncé son intention d’en acheter un.
J’étais pas convaincue, j’étais pas sûre, on n’avait jamais vraiment fait de voile, mais on avait un super beau projet, se rappelle-t-elle.
C’est le désir de passer plus de temps dans cette région polaire qu’ils aiment tant qui a finalement poussé le couple à se lancer dans l’aventure.
L’itinéraire d’une odyssée boréale
Le périple s’est étalé sur deux ans. Le grand départ a eu lieu à la fin mars 2025 sur le lac Supérieur, où l’équipage devait briser une fine couche de glace pour avancer.

Lonnie Dupre (à gauche) et Pascale Marceau se prennent en photo sur le sommet du mont Wood, au Yukon
Photo : Avec l'autorisation de Pascale Marceau
L’exploratrice raconte qu’ils ont traversé l’ensemble des Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent, avant de longer la côte nord du Québec.
À chaque étape, les défis changeaient de visage, passant des écluses et des courants intenses aux marais, pour finir par la houle impressionnante du golfe du Saint-Laurent.
Après avoir traversé la mer du Labrador et atteint le sud du Groenland, ils ont mis le cap vers le nord le long de la côte ouest.
Ils ont franchi le cercle arctique pour conclure leur premier été en août 2025 à Aasiaat.

Pascale et son partenaire ont traversé le Groenland au cours de leur périple.
Photo : soumise par Pascale Marceau
En juin 2026, l’équipage a repris la mer avec l’objectif de monter le plus haut possible.
Il leur a fallu près de deux mois pour naviguer à travers les glaces et atteindre le village de Qaanaaq, où Pascale avait déjà hiverné en 2022.
Le pack de glace se déplaçant de manière anormale cet été-là, la fenêtre météo ne leur permettait pas de continuer de façon sécuritaire.
L’équipage a donc rebroussé chemin vers le sud, retraversé la mer du Labrador et jeté l’ancre à Terre-Neuve le 15 septembre 2026.
Naviguer à l’aveugle dans l’inconnu
Plus le voilier progressait vers les hautes latitudes, plus la logistique devenait précaire. Pascale Marceau explique que le défi le plus éprouvant résidait dans l’absence totale de repères cartographiques fiables, là où la majorité des plaisanciers font demi-tour.
Plus on avançait, moins il y avait d’informations. Il n’y avait plus de carte. Même les chartes qu’on a sur l’ordinateur, puis sur papier, on ne marquait plus s’il y avait des roches.

La passion pour le plein air de Pascale Marceau a commencé dans les sentiers de Sudbury et l'a menée au mont Wood, au Yukon, soit la sixième plus haute montagne au Canada.
Photo : Avec l'autorisation de Pascale Marceau
Pour pallier ce manque, l’équipage a dû scruter l’imagerie satellite de Google Earth afin de dénicher des baies protectrices au milieu des glaces.
La science, la chaleur humaine et le phoque au menu
Malgré les dangers évidents, l’aventurière assure que le voyage en valait la peine.
En plus d’accomplir des missions scientifiques en route, l’équipage a vécu un choc culturel et humain extraordinaire dans les communautés isolées qui ne voient parfois passer qu’un seul voilier tous les deux ou trois ans.
Pascale Marceau reste profondément marquée par la générosité des habitants du Grand Nord.
Malgré des conditions de vie rudes, l’absence d’eau courante, le froid constant et la longue noirceur polaire, les gens les ont reçus à bras ouverts.

Au cours de ses expéditions dans le Grand Nord, Pascale Marceau va à la rencontre de villages isolés au cœur de régions glaciales, tels que celui de Kullorsuaq.
Photo : soumise par Pascale Marceau
Les enfants du village insistaient pour transporter leurs cruches d’eau et leur livrer le diesel.
Invités dans les salons des villageois, les navigateurs ont partagé leur quotidien et ont même pu déguster de la baleine et du phoque.

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L'alpiniste Pascale Marceau de Canmore sur le mont Lucania au Yukon
Photo : Pascale Marceau
Cap sur le Grand Nord extrême
L’appel du Nord ne s’éteint jamais chez Pascale Marceau. L’exploratrice planifie déjà sa prochaine aventure polaire.
Le plan est d’établir le camp de départ à Grise Fiord (Île d’Ellesmere), la communauté la plus septentrionale du Canada.
De là, ils mettront le cap vers le nord absolu avant d’entreprendre une traversée complète de l’océan Arctique pour rejoindre la côte ouest du Groenland. Ils redescendront ensuite vers le village de Qaanaaq.
Avec les informations d’Eric Robitaille


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