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Financée par la mairie avec l’argent public, cette animation arrive visiblement avec son kit de déconstruction précoce.
La présentation officielle ne laisse guère de place au doute sur l’intention. Il ne s’agit pas seulement de raconter des contes, mais d’« aborder les questions d’égalité » et d’« interroger la normalisation des représentations ». Une formule pour le moins ambitieuse lorsqu’elle s’adresse à des enfants qui entrent à peine en maternelle.
Des contes pour enfants, avec un message déjà bien cadré
Selon la fiche publiée par la Ville de Paris, le collectif Les Contes à Paillettes proposera notamment l’histoire « d’une princesse à moustache éprise d’indépendance » et celle « d’un prince s’éprenant d’un autre prince ». Le programme promet des récits « inclusifs et décalés », pensés pour transmettre confiance en soi, curiosité et respect de l’autre.
Le document officiel ne décrit aucun contenu sexuel. Il faut donc s’en tenir aux faits : il s’agit de lectures de contes, ouvertes au public familial, avec une communication explicite sur l’égalité et la remise en cause des représentations traditionnelles. Le débat ne porte pas sur un contenu qui n’est pas annoncé, mais sur le choix de proposer ce type d’animation à partir de quatre ans dans une bibliothèque municipale.
Car le sujet n’est pas anodin. Une bibliothèque publique a vocation à accueillir tous les lecteurs et toutes les familles. Lorsqu’elle devient le lieu d’une animation liée à un festival militant, le minimum serait que les parents disposent d’une information limpide sur le contenu, les intervenants et l’objectif pédagogique poursuivi. Ici, la réservation permet au moins d’éviter la surprise, mais la mairie revendique elle-même une volonté d’orienter les représentations des plus jeunes.
Une bibliothèque municipale transformée en terrain idéologique
La formule « interroger la normalisation des représentations » mérite d’être prise au sérieux. Elle indique que le spectacle ne se présente pas comme une simple parenthèse fantaisiste, mais comme un outil de sensibilisation. En clair, la mairie choisit d’associer un équipement culturel public à une vision précise de l’éducation et de la famille.
Les parents peuvent juger ces histoires charmantes, inutiles ou prématurées. Ils doivent surtout pouvoir choisir en connaissance de cause. À quatre ans, un enfant n’a pas besoin qu’une institution publique lui assigne une lecture politique de la féminité, de la masculinité ou de la famille. Il a besoin d’histoires adaptées à son âge, d’imaginaire et de repères simples, sans que chaque personnage devienne le support d’une démonstration.
La mairie du XIVe assume son choix. Reste à savoir si elle a consulté les habitants sur l’usage de leurs bibliothèques, sur le budget consacré à cette programmation et sur la place accordée à des animations idéologiques au sein de lieux financés par tous. La gratuité pour le public ne signifie pas que l’opération n’a aucun coût : elle est organisée dans un établissement municipal, avec des agents, des locaux et une communication publique.
Les familles qui souhaitent y assister le pourront le 18 novembre, de 16 heures à 17 h 30, au 5 rue de Ridder. Les autres peuvent au moins demander une chose élémentaire : que les bibliothèques restent d’abord des lieux de lecture, plutôt que des laboratoires de normalisation destinés aux enfants de maternelle.


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