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Et derrière la moyenne nationale, certains chiffres piquent davantage. Les produits frais augmentent de 5,8 % sur un an. L’énergie bondit de 16,7 %. L’alimentation dans son ensemble progresse plus modestement, de 1,1 %. Modestement, à condition d’oublier tout ce qui s’est passé avant.
Près de 24 % de hausse alimentaire depuis août 2021
C’est le piège classique des statistiques d’inflation. Lorsque l’inflation passe de 6 % à 1 %, cela ne signifie pas que les prix ont baissé. Cela signifie simplement qu’ils continuent à augmenter moins vite. Les séries historiques de l’Insee sur l’alimentation permettent de mesurer le chemin parcouru. L’indice des prix alimentaires s’établissait à 82,19 en août 2021. En août 2025, il atteignait déjà 100,64. En appliquant la hausse annuelle provisoire de 1,1 % annoncée pour août 2026, on arrive autour de 101,75.
En cinq ans, cela représente donc une hausse d’environ 24 %.
Un panier alimentaire de 100 euros aux prix d’août 2021 coûterait ainsi, toutes choses égales par ailleurs, près de 124 euros aujourd’hui. Voilà qui relativise légèrement les communiqués triomphants chaque fois que l’inflation ralentit.
Le problème n’est plus seulement l’inflation, mais le niveau atteint par les prix
Pour les ménages, la différence est essentielle. Le salaire, la retraite ou les prestations sociales peuvent être revalorisés ponctuellement. Mais une succession de hausses finit par créer un nouveau plancher de dépenses incompressibles. Alimentation, énergie, carburants, assurances : quelques points supplémentaires sur plusieurs postes suffisent à grignoter rapidement ce qui reste à la fin du mois.
La rentrée 2026 en donne un nouvel exemple. Le prix repère du gaz doit encore augmenter de 5,6 % au 1er septembre, tandis que l’Insee constate déjà une progression annuelle de 16,7 % de l’énergie.
L’avenir devient alors moins confortable qu’une simple lecture du taux d’inflation pourrait le laisser croire. Si l’énergie reste chère, elle finit par peser sur les coûts de transport, de production et de distribution. Les produits frais, particulièrement volatils, montrent de leur côté qu’un nouveau coup d’accélérateur peut rapidement revenir dans les rayons.
L’inflation ralentit parfois, la facture reste
C’est probablement le chiffre à retenir de ces cinq dernières années. Pas 2,4 %, pas 1,1 %, pas même 5,8 %, mais près de 24 % de hausse alimentaire accumulée depuis 2021. On peut toujours expliquer aux Français que l’inflation est « maîtrisée » lorsqu’elle ralentit. À la caisse du supermarché, le concept est plus difficile à vendre.
Sous la macronie, le miracle économique aura au moins réussi une chose : transformer une hausse exceptionnelle des prix en nouveau tarif normal. Et désormais, chaque petit ralentissement peut être présenté comme une victoire.


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