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Les résidents de Parent voudraient pouvoir recevoir plus de soins dans leur village. C’est l’un des enjeux sur lesquels ils mettent l’accent en vue des élections : ils souhaitent pérenniser les services qu’ils ont déjà. Ils rêvent aussi d’être plus autonomes afin d’éviter des allers et retours en ville.
Leur CLSC leur est précieux : plusieurs types de soins sont offerts, comme des soins à domicile de base, de la contraception, des suivis d’état de santé, de la vaccination, etc. Les infirmiers peuvent aussi stabiliser des patients avant de les transférer à La Tuque en cas d’accident.
Les citoyens qui font partie du Comité citoyen de santé du village ont constaté que le personnel infirmier qui travaille auCLSC ne peut intervenir dans certaines situations, notamment celles qui les forceraient à sortir de l’établissement.
Par exemple, le 25 août dernier, un villégiateur de 76 ans a chuté d’une échelle en forêt, à six kilomètres du village. Il a fallu 3 h 30, selon des témoins, avant qu’il ne soit pris en charge par les ambulanciers, faute de premier répondant disponible. Il a été transporté jusqu’à La Tuque, puis à Trois-Rivières. Bilan d’après ceux qui l’ont assisté : fracture du coude, de la hanche, du bassin et de plusieurs côtes.

Le nom « dispensaire » est l'ancienne appellation du CLSC de Parent, encore fréquemment utilisée par les résidents.
Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne
Le directeur de la proximité, du partenariat, de la fluidité et des opérations du Haut-Saint-Maurice au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Patrick LeBel, qui s’occupe notamment du CLSC, explique que les infirmiers ne peuvent quitter leur poste à moins que la vie d’une personne soit sérieusement menacée. Même chose pour le transport en ambulance : même si le véhicule est entreposé à même leurs locaux, il n’est pas possible pour les infirmiers de l’utiliser.
Advenant le cas, parlons hypothétiquement, qu’ils doivent faire ça, bien, eux ne voudront pas le faire parce qu'ils ne se sentiront pas en sécurité de le faire. Ça ne fait pas partie de leur champ d’expertise d’aller chercher quelqu’un dans la communauté. Ils ne sont pas formés pour déplacer des gens dans la communauté, explique M. LeBel.
Comment faire plus?
Michel Morin occupe l’un des trois postes d’infirmiers qui sont pourvus sur quatre. Il fait la route depuis Montréal toutes les trois semaines pour venir donner un coup de main à Parent. En 40 ans de pratique, il en a passé 25 dans des milieux éloignés. Avec son expérience, il estime qu’il serait possible d’offrir plus de soins grâce à des ordonnances collectives.
Plus au nord, les ordonnances et les pratiques sont plus poussées encore que présentement à Parent, ce qui serait quand même très, très bien pour la communauté parce qu’on est quand même à deux ou trois heures de distance [d’un hôpital], raconte-t-il.
Une ordonnance collective est une autorisation médicale, signée par un médecin pour une manœuvre en particulier, qui permet aux infirmiers de prodiguer ce soin précis, sans que le patient consulte un médecin au préalable. Quelques-unes sont déjà prescrites au CLSC. D’ailleurs, deux nouvelles s’ajouteront, soit le dépistage du cancer colorectal et du streptocoque de type A (déjà offert dans plusieurs pharmacies au Québec).
Une membre du Comité citoyen de santé donne l’exemple d’un accident impliquant une coupure de scie ou d’un hameçon coincé dans la chair.
Je me coupe. Pour faire des points de suture, il faudrait qu’ils me gèlent, mais ils n’ont pas le droit comme ils n’ont pas l’ordonnance de xylocaïne encore. C’est des niaiseries, tu vas me dire, mais ce sont des niaiseries qui sont importantes pour nous et qui feraient qu’on éviterait de descendre à La Tuque
Au moins deux personnes rencontrées ont affirmé s’être fait recoudre à froid.
Une rencontre avec les Parentois pour trouver des solutions
Patrick LeBel a rencontré les résidents du secteur le 16 septembre dernier, en compagnie, notamment, du maire de La Tuque, du directeur général et du conseiller municipal. L’objectif : partager leurs inquiétudes et trouver des solutions.

La rencontre avec les acteurs du CIUSSS a eu lieu au même endroit, dans l'église du village, une semaine plus tôt que notre rencontre avec les citoyens de Parent.
Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne
Durant cette rencontre, plusieurs idées ont été soulevées par les résidents, dont quelques-unes ont fait leur chemin jusque dans les bureaux administratifs. Par exemple, tenter un partenariat avec la communauté de Wemotaci, qui bénéficie de visites régulières de médecins.
On est en contact régulier avec eux, mais tu sais, c’est un établissement autonome avec une communauté autonome qui a déjà une bonne population à desservir, mais c’est sûr que s’il y a des ententes qu’on peut faire et qu’il y a une ouverture… C’est une idée qui mérite d’être explorée. Par contre, c’est du financement du fédéral, ce n’est pas provincial. Il faudrait voir, indique M. LeBel, en rappelant que sa priorité est plutôt de soigner les gens à Parent, et non de les transférer.
Ensuite, la télémédecine. Ça nous prend un médecin qui accepte et ça, c’est un problème. Si personne de La Tuque n’accepte, il y en a peut-être un de Shawinigan, de Sherbrooke, de Trois-Rivières, de n’importe où, on s’en fout, mais un médecin qui accepte qu’on communique avec lui, lance Mme Robichaud du Comité.
Finalement, elle a aussi évoqué la possibilité de ramener un service de transport médical par hélicoptère en cas d’urgence, plutôt qu’en ambulance, qui peut prendre plus de quatre heures lorsqu’elle provient de La Tuque et que l’état des routes le permet.
L’équipe du CIUSSS qui était sur place explorera toutes les pistes de solutions possibles pour le secteur de Parent. M. LeBel a qualifié d’important, le travail et la mobilisation du Comité citoyen de santé.
Les Parentois voudraient que leur prochain ou prochaine député(e) puisse faire accélérer les procédures avant qu’un drame ne se produise.


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