
Une affaire étrange a donné lieu à une enquête aux États-Unis : au cours des deux ou trois dernières années, une série de décès et de disparitions impliquant d’éminents scientifiques, ingénieurs et militaires liés à des programmes américains sensibles s’est discrètement accumulée. Il ne s’agit en aucun cas de personnes choisies au hasard : ce sont des individus qui avaient accès à des données classifiées relatives à la recherche aérospatiale, à la technologie nucléaire, et même au domaine des « phénomènes aériens non identifiés » (UAP), anciennement connus sous le nom d’OVNI (objets volants non identifiés).
Le président américain Donald Trump a lui-même reconnu l’existence de cette affaire la semaine dernière, déclarant devant les caméras :
« Je viens de sortir d’une réunion sur ce sujet, c’est donc une affaire assez sérieuse… Espérons que ce soit une coïncidence… mais certains d’entre eux étaient des personnes très importantes. »
Trump a gloussé en prononçant le mot « coïncidence » (voir ici vers la 26e seconde de cette vidéo -ci-dessous).
Les cas connus faisant actuellement l’objet d’une enquête fédérale, soit une dizaine ou une douzaine depuis 2023, concernent des membres du personnel liés à des institutions telles que le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, le Laboratoire national de Los Alamos et le Laboratoire de recherche de l’armée de l’air. Parmi eux figure le général de division à la retraite (et ancien commandant) William Neil McCasland, porté disparu depuis février. McCasland a autrefois dirigé le Laboratoire de recherche de l’armée de l’air et était impliqué dans des examens internes de documents liés aux phénomènes aériens non identifiés (UAP). Parmi les autres personnes concernées figurent l’ingénieure aérospatiale Monica Jacinto Reza, qui a disparu lors d’une randonnée en 2025 (dans des circonstances étranges), ainsi que plusieurs physiciens et membres du personnel technique décédés dans des contextes variés et souvent obscurs.
Officiellement, aucun lien n’a été confirmé entre ces affaires à ce jour. Des agences fédérales, notamment le FBI et le Département de l’Énergie, examinent la question, mais aucune explication globale n’a encore été avancée.
Au-delà des théories du complot farfelues, il est difficile de qualifier de « coïncidence » une tendance aussi évidente. Le profil sensible des personnes impliquées alimente les spéculations. Certains analystes évoquent la possibilité d’une implication étrangère (gouvernements ou entités), pour laquelle il n’existe toutefois aucune preuve à ce jour. Quoi qu’il en soit, Trump a promis vendredi que des documents « intéressants » sur les ovnis étaient en cours d’examen et seraient déclassifiés très prochainement.
Il existe toutefois un autre angle qui ne doit pas être ignoré. Les États-Unis traversent déjà ce que l’on ne peut qualifier que de période de tensions institutionnelles internes, que j’appellerais un conflit intra-« État profond ». Trump s’est après tout ouvertement positionné contre des éléments bien implantés au sein de l’appareil du renseignement et de la sécurité – tout en étant soutenu par d’autres acteurs clés de l’« État profond », notamment les géants de la tech [Big Tech]. On se souviendra que le dirigeant américain a survécu à pas moins de trois tentatives d’assassinat au cours de son parcours politique menant à son deuxième mandat, des incidents qui ont eux-mêmes soulevé de sérieuses questions sur des défaillances en matière de sécurité intérieure – à tel point que le directeur des services secrets américains de l’époque a dû démissionner au milieu d’un scandale.
Dans ce climat de grande intrigue impliquant les services de renseignement (qui rappelle l’époque de la Guerre froide), on a même assisté à une dimension complexe liée au chantage politique ou au « kompromat », notamment dans l’affaire Epstein, qui, curieusement, coïncide dans le temps avec les événements en Iran, comme je l’ai déjà écrit.
À ce contexte déjà assez chaotique s’ajoute le fait que, pas plus tard qu’au début de l’année 2025, les États-Unis ont connu une véritable « crise des ovnis (ou UAP) », marquée par des observations massives, des drones présumés, des perturbations de l’espace aérien et même des déclarations d’urgence au niveau des États. Ces incidents se sont produits non seulement sur le territoire américain, mais aussi à proximité d’installations militaires américaines à l’étranger, du Royaume-Uni à l’Allemagne. Les autorités ont déclaré à plusieurs reprises que ces phénomènes n’étaient pas d’origine étrangère, éliminant ainsi ce qui aurait autrement constitué l’explication géopolitique la plus commode.
Si ces phénomènes aériens (qui se poursuivent encore aujourd’hui) ne sont pas liés à des puissances rivales, comment les expliquer ? Comme je l’ai fait valoir, soit des éléments au sein du complexe militaro-industriel américain mènent des opérations classifiées (impliquant des technologies militaires ou classifiées) qui débordent dans le domaine public, alimentant ainsi la confusion et la panique, soit certaines parties du système agissent de manière moins coordonnée, plus chaotique, voire « rebelle » – dans le contexte d’une « guerre » intra-État profond ou de ce qu’on appelle des « opérations psychologiques ».
Pour en revenir aux récentes disparitions, le chevauchement entre le domaine lié aux ovnis et les personnes liées à la recherche de pointe n’est pas nécessairement fortuit. Il est intéressant de noter que, depuis des décennies, on observe une tendance documentée d’observations de phénomènes aériens non identifiés à proximité d’installations nucléaires et de sites d’armement. Cela remonte aux années 1940 et a été documenté dans des centaines de cas.
L’incident de la base aérienne de Malmstrom en 1967, par exemple, au cours duquel plusieurs missiles nucléaires auraient été mis hors service à la suite de l’apparition d’un objet non identifié, reste l’un des cas les plus cités.
De plus, une étude réalisée en 2025 a mis en évidence une corrélation statistique significative entre les phénomènes aériens inexpliqués et les essais d’armes nucléaires. Parallèlement, des bases de données ont recensé des milliers d’observations à proximité d’infrastructures nucléaires. Il ne s’agit pas là de spéculations marginales et, encore une fois, on peut difficilement écarter cette hypothèse d’emblée.
L’« hypothèse extraterrestre » et la « théorie de la coïncidence » ne sont donc pas les seules options : compte tenu de tout ce qui précède, même si l’on souhaite garder l’esprit ouvert à l’idée qu’il existe de nombreux phénomènes inexpliqués dans notre monde (et peut-être sur d’autres planètes), il serait tout de même très raisonnable de supposer qu’au moins une partie du phénomène dit « UAP » a un lien avec des projets secrets de haute technologie très terrestres liés à la DARPA, à des programmes tels que HAARP et à d’autres agences et projets des États-Unis et/ou d’autres grandes puissances – allant des armes secrètes à toutes sortes de technologies secrètes pouvant être militarisées.
Dans ce contexte, la disparition de personnes hautement habilitées, ayant accès à des informations aussi sensibles, laisse entrevoir la possibilité d’efforts de confinement interne, de contrôle de l’information, voire d’élimination de témoins.
C’est apparemment la saison des événements très étranges aux États-Unis. Que ces développements indiquent une ingérence étrangère, des programmes technologiques clandestins ou un conflit intra-étatique, il est tout à fait clair que les États-Unis (malgré tous les documents récemment déclassifiés) traversent actuellement une période de secret inhabituel et d’intrigues accrues, ce qui rend cette superpuissance particulièrement imprévisible – et ce, à une époque de frictions géopolitiques majeures.
Uriel Araujo
Article original en anglais : UFOs, Scientists Missing: Deep State Intrigue in US Getting Weirder, le 21 avril 2026.
L’article en anglais a été publié initialement sur InfoBrics.
Traduit par Mondialisation.ca
Image en vedette via InfoBrics
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Uriel Araujo est un chercheur spécialisé dans les conflits internationaux et ethniques. Il contribue régulièrement à Global Research et Mondialisation.ca.
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Uriel Araujo, Mondialisation.ca, 2026


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