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Les pratiques d’attribution de contrats en anglais seulement par des employés de la Commission de la capitale nationale (CCN) ne passent pas auprès de certains députés fédéraux. « Ils doivent, et vont, faire mieux », a réagi mardi sur X le ministre fédéral responsable de la société d’État, Joël Lightbound, aux révélations du Devoir.
« Le français est une richesse pour le Canada, pas un obstacle administratif. J’ai parlé directement avec la CCN à ce sujet », écrit le ministre libéral Joël Lightbound. « L’accès aux contrats publics ne peut, en aucun cas, être influencé par la langue. On s’attend à des pratiques exemplaires. »
La CCN, intendante des propriétés fédérales à Ottawa-Gatineau, aurait, dans certaines situations, favorisé des entreprises anglophones dans la réalisation de projets pour s’éviter des « délais » et des « frais » liés à la traduction de documents en français. Dans des courriels internes consultés par Le Devoir, un gestionnaire de la CCN écrivait en anglais à un employé : « Aller de l’avant avec un appel d’offres public poserait un risque au calendrier du projet en raison du temps additionnel requis pour la traduction des documents. »
« Nous demandons non seulement à la CCN qu’elle cesse immédiatement ces pratiques, mais qu’elle prenne aussi des mesures de réparation, et que le Conseil du Trésor enquête sur de telles pratiques au sein de ses différentes agences et ministères et qu’il partage ses conclusions avec la population », a pour sa part indiqué le député et porte-parole en matière de Langues officielles du Bloc québécois, Mario Beaulieu.
Il a déposé, en son nom personnel, une plainte auprès de la Commission des langues officielles à ce sujet. « On parle ici de discrimination directe envers les entrepreneurs francophones de la part d’une agence fédérale : c’est sérieux et le gouvernement ne peut simplement détourner le regard », a-t-il écrit dans une déclaration transmise au Devoir. « Encore une fois, les Québécois et les francophones voient leurs droits atteints par Ottawa ; un rappel bien clair que, même chez des organisations fédérales qui ont pied au Québec, il n’y a qu’une langue qui règne : l’anglais. »
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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