Pour avancer vers la connaissance, la démarche scientifique peint le plus souvent l’inconnu en hypothèse destinée à être confrontée à la logique ou à l’expérience. Vient alors le travail, ardu, pour trouver une réponse: l’hypothèse est-elle vraie ou fausse? L’innovation technologique ou médicale fonctionne-t-elle ou non? On peut aussi tomber sur quelque chose entre les deux, auquel cas on doit réviser sa méthode ou son hypothèse. Ensuite, si la conclusion est claire, il faut la confirmer, en montrant que la répétition de l’expérience scientifique donne le même résultat. On publie alors ce travail et la conclusion à laquelle il mène, et si la logique ou les résultats expérimentaux qu’on a développés sont confirmés par autrui, on peut alors affirmer que l’hypothèse colle à la vérité – du moins à la vérité dans l’état des connaissances actuelles, telles que nous les avons un peu élargies. Ce qu’on avait supputé, maintenant on le sait: on sait d’abord l’énoncer et on sait ensuite que cet énoncé est valable, car on l’a démontré avec rigueur.
L’hypothèse, point de départ habituel de la démarche scientifique, est par essence éphémère. Elle est émise pour être confrontée à une épreuve qui, forcément, lui enlèvera sa raison d’être: celle de l’accord – ou pas – avec la logique ou avec des données expérimentales mesurées avec rigueur. Pas d’accord et l’hypothèse meurt, et si accord il y a, elle se transforme en savoir.


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