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Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a annoncé mardi que cinq suspects ont été arrêtés et que six autres seront amenés devant la justice dans le cadre de son enquête parallèle concernant les circonstances précédant le décès de Nooran Rezayi, 15 ans, atteint mortellement par le tir d’un policier de Longueuil en septembre 2025.
D’abord, rappelons les faits : le 21 septembre 2025, l’adolescent a été atteint par deux balles au torse tirées par un agent du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), lors d’une intervention dans une rue résidentielle de l’arrondissement de Saint-Hubert. Les policiers s’étaient déplacés après un appel au 911, qui faisait état d’un groupe de jeunes « cagoulés et armés ». La mort du jeune Nooran avait ensuite été constatée à l’hôpital.
Le décès de l’adolescent avait soulevé l’indignation populaire. Le SPAL a été blâmé pour avoir attendu plus d’une heure et demie avant d’informer le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) de l’événement. Depuis, l’enquête du BEI concernant la responsabilité policière dans ce dossier est terminée et son rapport a été transféré au Bureau des enquêtes criminelles et pénales, qui est responsable de l’affaire.Une autre enquête administrative sur la façon dont le SPAL a géré les débuts de l’enquête et la coordination avec le BEI a été déclenchée par le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, en début juin.
L’enquête parallèle du SPVM, qui s’est conclue mardi, avait pour sa part un objectif distinct : celui d’établir si les jeunes « cagoulés et armés » venaient de commettre un crime ou s’ils s’apprêtaient à en commettre un au moment du drame. Elle devait obligatoirement être confiée à un corps policier autre que le SPAL, d’où l’implication du SPVM. En clair, cette enquête parallèle s’intéressait seulement aux éléments précédant l’intervention policière du SPAL.
« Nous confirmons qu’un total de 11 suspects sont visés par des accusations criminelles dans le cadre de notre enquête parallèle », a confirmé mardi l’inspecteur-chef du SPVM David Shane, en conférence de presse. Cinq suspects ont été arrêtés et six autres sont accusés par voie de sommation, c’est-à-dire, qu’ils ont été accusés sans être arrêtés formellement et qu’ils resteront donc en liberté d’ici leur passage devant la cour, indique-t-il. Les chefs d’accusations varient, mais comprennent le complot d’enlèvement, le complot de séquestration, le complot de voies de fait, le port d’un déguisement dans un dessein criminel, la possession d’armes dans un dessein dangereux, l’attroupement illégal et le non-respect d’ordonnances.
L’inspecteur-chef David Shane a souligné que les suspects faisaient face à des accusations de port d’arme et non de port d’arme à feu, ce qui suggère que l’arme en cause pourrait être d’un autre type.
Si certains ont depuis atteint la majorité, tous les suspects avaient entre 13 et 17 ans au moment des faits, selon le SPVM. « On parle d’un dossier qui implique des mineurs, donc on ne pourra pas aller loin dans les nouvelles données », a expliqué l’inspecteur-chef David Shane. Ils comparaîtront tous devant la Chambre de la jeunesse.
D’ailleurs, le SPVM n’a pas voulu confirmer si Nooran Rezayi faisait partie des personnes accusées.
À la fin février, le SPVM avait effectué neuf perquisitions dans cinq municipalités de la Rive-Sud dans des résidences habitées par des adolescents afin de recueillir des éléments de preuves dans cette enquête.


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