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On vous raconte la polémique après l'interview d'un député britannique interrompue par des tirs français dans la Manche

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Publié le 29/07/2026 15:35 Mis à jour le 29/07/2026 15:41

Temps de lecture : 4min

Le député Chris Philp, à gauche, lors de l'interview par la BBC au moment de l'incident avec un navire français, dans la Manche. (CAPTURE D'ECRAN BBC) Le député Chris Philp, à gauche, lors de l'interview par la BBC au moment de l'incident avec un navire français, dans la Manche. (CAPTURE D'ECRAN BBC)

Mardi, un patrouilleur de la Marine française a effectué un exercice dans la Manche, interrompant l'interview d'un député conservateur. Il dénonce une "tentative d'intimidation".

Il dénonce une "tentative d'intimidation", quand la Marine évoque un "exercice". L'interview d'un député britannique sur la BBC a été perturbée par des tirs d'un patrouilleur français dans la Manche, mardi 28 juillet. Selon les images diffusées par le média public britannique, relayées sur les réseaux sociaux, on découvre l'élu conservateur, Chris Philp, face à un journaliste sur le pont d'un bateau de pêche, avec en fond, un vaisseau militaire gris. L'interview se déroule à 3 milles des côtés français, soit environ cinq km.

Tandis qu'il s'exprime à propos des traversées de la Manche par les petites embarcations transportant des migrants, on peut entendre des détonations. "Quitter la CEDH signifierait que toute personne qui traverserait la Manche et arriverait à Douvres pourrait être immédiatement expulsée en l'espace d'environ une semaine...", explique le parlementaire, avant d'être coupé par des tirs. Il se tourne alors vers un navire militaire, se trouvant, selon la BBC, à environ 300 mètres de lui.

The French are now claiming that the shots were a training exercise

This is not credible

There were no warnings in place about live firing training exercises. They fired the live rounds at the closest point of approach to us - and didn’t fire anything that we saw before or… https://t.co/bB5cYWI6VM

— Chris Philp MP (@CPhilpOfficial) July 28, 2026

Interrogé, le journaliste de la BBC, Michael Keohan, a assuré avoir décompté 17 coups de feu tirés sans "aucun avertissement". Dans un post sur X, il dénonce "un navire de guerre français qui s'est approché et a tiré 17 coups de feu à balles réelles derrière nous. Il n'y avait eu aucun avertissement ni exercice préalable. J'ai eu l'impression qu'il s'agissait de tirs de sommation ou d'une tentative d'intimidation".

Une vidéo diffusée par la BBC montre un marin français tirant en direction de la mer, image confirmée par un photographe du Times. "Même maintenant, on ne sait toujours pas ce que visait le patrouilleur", précise le reporter. De quoi faire dire à Chris Philp qu'il s'agissait d'un moyen pour "l'empêcher de couvrir les traversées de migrants".

Pourtant, interrogée, la préfecture maritime de la Manche évoque un "exercice". Les autorités indiquent ainsi qu'un patrouilleur, le Flamant, avait bien procédé à "un exercice de tir à l'arme de poing au large du cap de Gris-Nez". Avant de préciser : "Afin de maintenir leur haut niveau d'opérabilité dans le contexte international actuel, les unités de la Marine nationale s'entraînent régulièrement", a indiqué la préfecture maritime, assurant que "les signaux réglementaires (...) ont été arborés".

"Cet exercice est sans lien avec la présence d'un navire britannique dans la zone, qui se trouvait hors de portée des tirs", poursuit la préfecture, précisant que "le PSP Flamant n'était pas engagé dans une opération de surveillance d'embarcation de migrants".

Une explication jugée "invraisemblable" par le parlementaire, qui est par ailleurs Secrétaire d'État à l'Intérieur du "cabinet fantôme" britannique, un organisme chargé de l'observation du secrétaire d'État à l'Intérieur. "Les Français affirment maintenant qu'il s'agissait d'un exercice d'entraînement. C'est invraisemblable. Aucun avertissement n'avait été donné concernant des exercices de tir à balles réelles. Ils ont tiré à balles réelles au point d'approche le plus proche de nous, et nous n'avons rien vu tirer avant ni après. Cela ressemblait trait pour trait à une intimidation délibérée", a-t-il écrit sur X.

Selon la BBC, les autorités françaises se défendent que l'exercice de tir "n'avait rien à voir avec un navire britannique dans la zone". Le gouvernement britannique a déclaré être en contact avec les autorités françaises afin d'établir les faits entourant l'incident.

Tandis qu'il réclame toujours des explications aux autorités, laissant penser qu'il s'agit d'un "incident diplomatique", Chris Philp s'est mis en scène, mercredi 29 juillet, sur une plage française du Pas-de-Calais, dénonçant la passivité des gendarmes français. "Il est extraordinaire que la marine française tire à balles réelles pour défendre ses eaux contre un homme politique britannique en visite, mais qu'elle ne puisse rien faire pour empêcher les traversées illégales de la Manche", a-t-il renchéri à la BBC. "Si la France témoignait aux passeurs la moitié du sérieux qu'elle m'a témoigné, les bateaux cesseraient de circuler. Au lieu de cela, les Français les laissent passer et les confient aux garde-côtes britanniques, c'est donc notre problème".

Dans une vidéo postée sur son compte X, très actif ces dernières heures, on voit l'élu marcher, les pieds dans l'eau, avec ce qu'il décrit comme un groupe de migrants et les accompagner jusque sur un bateau à Boulogne-sur-Mer, dénonçant des accords franco-britanniques : "Les Français n’ont fait aucune tentative pour arrêter le bateau en mer ou sur la plage !"

Quelques heures plus tôt, il assurait depuis un bateau dans la Manche vouloir filmer avec un drone "l'inaction des Français" pour empêcher les migrants d'embarquer sur ces pneumatiques. Des séquences reprises et diffusées en direct par des médias, tels que LBC ou GB News, classées très à droite sur l'échiquier politique britannique.

Si les traversées clandestines de la Manche ont baissé de plus de 40% sur un an au premier semestre 2026, Londres pousse les autorités françaises à davantage de fermeté à la frontière, y compris en mer, où les conventions internationales ne permettent pas d'intervenir au péril de la vie humaine. Fin juillet, plus de 150 migrants avaient tenté de traverser clandestinement la Manche à bord d'un même bateau pneumatique, jeudi 23 juillet. Le nombre d'arrivées s'élève actuellement à 13.007 depuis le 1er janvier et environ 200.000 depuis le début des traversées de la Manche par "small boats" en 2018.

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