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International 20/08/2026 07:18 Actualisé le 20/08/2026 09:01
Les familles des deux réalisateurs français détenus par les autorités togolaises ont fait part de leur « immense inquiétude ». RSF appelle à leur « libération immédiate ».
Par Timothée Barnaud avec AFP

OLYMPIA DE MAISMONT / AFP
Une voiture de gendarmerie à Lomé au Togo, en février 226. Photo d’illustration
Les familles des deux réalisateurs français arrêtés le 27 juillet au Togo et détenus avec un collaborateur local ont fait part ce mercredi 19 août de leur « immense inquiétude », notamment pour leur santé, Reporters sans frontières (RSF) appelant à leur « libération immédiate ».
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, qui étaient partis tourner un épisode de l’émission Les Routes de l’impossible, une série documentaire diffusée sur France Télévisions, ont été arrêtés le 27 juillet, avec Fred Vedomey, « collaborateur de médias à ce titre », a annoncé RSF dans un communiqué.
D’abord assignés à résidence, « ils ont été placés en détention provisoire et inculpés pour “fausses déclarations” le 17 août », selon les informations de RSF. Les trois hommes « sont privés de liberté et retenus au camp d’Agoè Logopé, près de Lomé, une installation des forces de l’ordre », ajoute l’organisation de défense des droits des journalistes.
« De graves problèmes de santé »
Le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a dénoncé une procédure « aussi injustifiée que disproportionnée », et appelé à « leur libération immédiate ».
Les familles des deux réalisateurs ont aussi pris la parole dans le communiqué de l’organisation. « Nous sommes bouleversés par la privation de liberté que subissent au Togo nos compagnons, nos pères, nos fils et nos frères » et « notre inquiétude est immense, notamment pour leur santé ».
« Sebastian souffre de graves problèmes de santé, nécessitant une prise en charge immédiate. Tous les deux sont pères de famille, et l’un de leurs enfants n’a que 13 ans », ajoute RSF. Selon Le Monde, une demande d’évacuation à l’étranger pour des raisons de santé a été refusée par les autorités, malgré des recommandations de médecins.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé auprès de France Inter suivre ce dossier « avec beaucoup d’attention », expliquant être « en lien avec les autorités du Togo pour qu’ils puissent être libérés au plus tôt ». Les familles des deux réalisateurs ont également été reçues au Quai d’Orsay.
« On est en règle »
Selon Patrice Lucchini, le directeur général de Tony Comiti Productions, société avec laquelle travaillent les réalisateurs, l’arrestation a eu lieu « du côté de Kara, où ils ont dépassé une zone » qui leur avait été conseillée, par inadvertance. Mais « on est en règle », a-t-il assuré, précisant que les réalisateurs « ont obtenu une autorisation de tournage » auprès du ministère de la Culture.
La Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) togolaise assure de son côté ne pas avoir été « informée de l’arrivée sur le territoire des deux personnes dont elle ignore le statut professionnel, ni des activités de tournage qu’elles devraient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays ».
Elle estime que la justice doit déterminer « les circonstances de la présence des intéressés sur le territoire national, la nature de leurs activités ainsi que, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés ».
Des tensions politiques
Petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest, le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, successeur de son père, Eyadéma, resté 38 ans au pouvoir. Il figure à la 97e place sur 180 pays au classement annuel de la liberté de la presse de RSF.
Les relations entre la France et le Togo se sont tendues ces dernières années, alors que le gouvernement de Lomé a fait le choix de se rapprocher de la Russie. RFI et France 24 ont été interdites d’antenne en juin 2025 pour trois mois, accusées d’avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations critiques envers le pouvoir. Ces médias français ne peuvent toujours pas émettre, selon l’AFP.
« Le Togo n’est pas le Mali, où les Français ne sont plus les bienvenus. Nos réalisateurs n’étaient pas non plus en train de tourner un reportage politique ou sécuritaire, mais un documentaire d’aventure et de découverte. L’affaire serait-elle politique ? », interroge auprès du Monde Tony Comiti, le fondateur de l’agence de production éponyme.
Comme le rappelle le quotidien du soir, l’arrestation de ces deux réalisateurs français a été révélée par le média indépendant togolais L’Alternative. Son fondateur, Ferdinand Ayité, est en exil en France, d’où il poursuit sa critique acharnée du pouvoir. Celui-ci estime que « Faure Gnassingbé veut [son] extradition » contre la libération des deux journalistes.


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