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On sait que les Mayas possédaient un important savoir scientifique, notamment en mathématiques et astronomie. Des textes datant de la période Classique (250 à 900 de notre ère) contiennent ainsi des formules mathématiques complexes permettant de prédire les événements astronomiques, des mises en correspondance et des harmonisations entre calendriers humains et cycles astronomiques, ainsi que des almanachs.
Ces démonstrations étaient parfois gravées sur des stèles monumentales ou sur les murs d'espaces cérémoniels, révélant leur place centrale dans la société maya.
Des savants mayas anonymes
Les Mayas ne sont bien sûr pas la première civilisation à avoir développé un tel savoir scientifique. Avant eux, les Grecs avaient déjà découvert de nombreux concepts mathématiques et réalisé de nombreuses observations du ciel.
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Ptolémée, Hipparque, Ératosthène... sont ainsi des noms bien connus d'astronomes de la Grèce ancienne, qui nous sont parvenus à travers les âges par une multitude de récits. Et c'est là que la différence est frappante avec la civilisation maya : contrairement aux Grecs, les savants mayas sont restés totalement anonymes.
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Sauf un. Récemment, une équipe d'archéologues a en effet réussi à identifier pour la toute première fois le nom d'un savant maya : Sak Tahn Waax. Cette signature, qui signifie « Renard à la poitrine blanche », a été découverte sur un mur, en dessous de formules mathématiques. Le lieu semble avoir servi de « salle de classe » autour du VIIIe siècle de notre ère sur le site archéologique de Xultun, au Guatemala.
Des archéologues ont réussi à décrypter cette inscription, qui s'avère être le nom du savant maya ayant écrit les formules mathématiques au-dessus. © Rossi et al. 2026, Antiquity
Un nom pour la première fois identifié sous une formule
L'inscription a initialement été identifiée en 2011, mais son sens est resté mystérieux jusqu'à ce qu'une équipe de chercheurs s'empare de l'affaire. C'est grâce à des scans en couleur haute résolution et à une imagerie multispectrale, qui permet d'analyser un objet dans différentes longueurs d'onde de la lumière pour révéler des détails invisibles à l'œil humain, que les chercheurs ont finalement réussi à reconstruire l'inscription dans son intégralité et à la décoder.
L'inscription a été retrouvée sur le mur d'une ancienne salle qui semble avoir été un lieu de transmission du savoir. © Rossi et al. 2026, Antiquity
Elle a ainsi révélé une formule mathématique permettant de synchroniser les calendriers mayas avec les cycles planétaires de Mars et de Vénus. « Ce sont vraiment des mathématiques élégantes et complexes », apprécie Heather Hurst dans cet article de Science. Pour la chercheuse, co-auteure de l'article publié dans la revue Antiquity, c'est ce qui explique que cette « œuvre » ait été exceptionnellement signée.
Mais s'agit-il vraiment d'une exception ou les archéologues n'ont-ils, jusqu'à présent, simplement pas regardé au bon endroit ?
Xultun apparaît en effet comme étant l'un des rares sites identifiés où il existe des preuves d'une production de codex, des livres manuscrits réalisés par les scribes sur des bandes d'écorces recouvertes de plâtre. Ces codex servaient notamment à consigner les cérémonies et rituels mayas, mais aussi les calculs sur les cycles astronomiques des astres et les calendriers.
Les lieux de production de ces codex devaient représenter d'importants « centres scientifiques » où le savoir était consigné, mais aussi transmis. Ces sites sont donc certainement plus propices à dévoiler le nom des savants mayas.


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