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Sport 02/07/2026 11:57
Au sortir de la victoire miraculeuse de la Belgique contre le Sénégal à la Coupe du monde, le sélectionneur français a utilisé une tournure de phrase des plus maladroites.

FRAN SANTIAGO / Getty Images via AFP
« On connaît ces équipes » : les mots ambigus de Rudi Garcia sur le Sénégal font polémique.
Peut-être a-t-il voulu rendre hommage aux Guignols de l’info et à la marionnette de Bernard Tapie qui s’emballait sur « l’enthousiasme, la générosité, l’amateurisme, le vrai » du football africain. Ou à celle de Thierry Roland et sa saillie culte sur « les grands enfants parfois un peu indolents » ? Après la qualification miraculeuse de la Belgique pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, conséquence d’un retournement de situation inédit face au Sénégal, le sélectionneur français des Diables rouges, Rudi Garcia, s’est fendu d’une sortie largement commentée.
Au micro de la RTBF, l’audiovisuel public francophone en Belgique, l’ancien coach du Losc et de l’AS Roma s’est adonné, ce mercredi 1er juillet, à un curieux exercice d’autosatisfaction. Alors que son équipe avait été largement dominée pendant 85 minutes et uniquement maintenue en vie par une grosse boulette du gardien adverse, Rudi Garcia s’est réjoui de la manière dont les siens ont géré la partie, assurant n’avoir jamais douté. Et de l’asséner : « Il n’y a rien à jeter de ce match. »
Après avoir frôlé la correctionnelle, il s’est même permis de tacler la gestion sénégalaise de la rencontre. « On savait aussi qu’ils feraient tout pour protéger leur but à 0-2. C’était une grave erreur je crois. Rappelez-moi de ne pas faire ça quand on mènera de deux buts », a-t-il notamment lâché. Et d’en venir à la phrase polémique : « On connaît ces équipes, ils perdent leur structure tactique vers la fin du match ».
« C’est quel genre d’équipe ? »
Un pluriel essentialisant pas explicité par le sélectionneur de 62 ans, mais qui n’a pas manqué de faire réagir. Ainsi, quelques minutes seulement après sa prise de parole au micro de la RTBF, Rudi Garcia était interrogé sur ce choix de mots en conférence de presse. « On a eu vent de votre déclaration. Quand vous dites “ce genre d’équipe”, c’est quel type d’équipe ? », lui a demandé un reporter sénégalais. Et pour cause, comme s’en moquaient les Guignols de l’info il y a une trentaine d’années déjà, le football africain a longtemps été caricaturé, jugé insuffisamment rigoureux sur le plan tactique par exemple.
Un cliché qui pouvait transparaître derrière la déclaration de Rudi Garcia. Lequel s’en est défendu. « Non, non, je n’ai pas dit ça. Vous vous trompez de déclaration », a-t-il répondu, balayant la question du journaliste. Avant de préciser ses propos : « J’ai dit que quand on mène, et c’est le cas pour toutes les équipes du monde, on a tendance à reculer et à essayer de protéger son but. » Et de mettre un peu dans son vin, en saluant finalement la performance du Sénégal, qui « méritait de passer autant que nous ».
Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités médiatiques du monde du football ont débattu du sens à donner aux propos de Rudi Garcia. Parmi eux, l’ancienne star de Lyon devenue consultant pour Canal+ Sidney Govou, dresse le constat d’une formulation pas forcément bienvenue, mais pas dénuée de fond pour autant : « La phrase est ambiguë, mais le constat est là. Beaucoup d’équipes d’Afrique ont du mal à garder un résultat, c’est factuel ! Donc on peut l’analyser sans manquer de respect pour la progression des ces équipes. »
Rudi Garcia après Bastian Schweinsteiger
Cette polémique survient alors que le début de Coupe du monde a déjà été marqué par plusieurs incidents du même acabit. Champion du monde 2014 et désormais consultant pour la télévision publique allemande ARD, Bastian Schweinsteiger s’est par exemple fait remarquer en qualifiant le football africain de « peu orthodoxe et sauvage » en marge du match entre la Mannschaft et la Côte d’Ivoire.
« Quand vous connaissez le foot comme lui, c’est bizarre d’avoir des propos de ce genre, qu’on peut qualifier sans langue de bois de racistes », a réagi, déçu, le sélectionneur ivoirien Emerse Faé. De son côté, l’ancienne gloire du Bayern Munich a là encore évoqué des considérations tactiques pour sa défense. « Je parlais de football, pas de personnes. C’est une analyse footballistique. Ni plus ni moins. Je n’avais absolument aucune intention d’offenser qui que ce soit. » Une analyse corroborée par la chaîne, qui n’a détecté « aucun racisme » dans les propos de son consultant.
Aux Pays-Bas, c’est un autre milieu de terrain star reconverti dans les médias, Rafael van der Vaart, qui a fait parler de lui. Au commentaire du match entre les Néerlandais et le Japon, sur la chaîne publique NOS, il a tenté ce qu’il a présenté comme une plaisanterie en disant que les joueurs japonais « se ressemblent tous ». Avant de se justifier par un tristement classique : « J’ai peur de ne plus pouvoir rien dire du tout. » Ce, avant de devoir présenter des excuses par le biais d’un communiqué. Une phrase qui rappelle là encore Thierry Roland, mais pas la marionnette cette fois. Si Kylian Mbappé assure que « le football, il a changé », il reste tout de même quelques relents d’une époque pas totalement révolue.


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