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On chasse les blattes de nos cuisines depuis toujours : en 2025, Singapour en a envoyé dix chercher des survivants sous les ruines birmanes

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Dix blattes téléguidées glissées sous des tonnes de gravats pour chercher des survivants : la scène semble tout droit sortie d’un film de science-fiction. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit au Myanmar après le séisme dévastateur de mars 2025, marquant une première mondiale dans l’histoire des opérations de sauvetage.

À retenir

  • Après le séisme de magnitude 7,7 au Myanmar le 28 mars 2025, Singapour a déployé à Naypyidaw dix blattes siffleuses de Madagascar cyborgs équipées par HTX, la Nanyang Technological University et Klass Engineering and Solutions.
  • Chaque insecte porte un sac électronique avec caméras infrarouges et capteurs, piloté par stimulation d’électrodes et analysé via un algorithme de machine learning pour détecter des signes de vie.
  • Déployées le 31 mars sur un hôpital effondré puis le 3 avril à Naypyidaw, les blattes n’ont localisé aucun survivant mais ont permis d’explorer rapidement des zones inaccessibles, ouvrant la voie à une version amphibie présentée fin juin 2026.

Un séisme de magnitude 7,7 a frappé le Myanmar le 28 mars 2025, faisant plus de 3 000 morts selon les bilans rapportés quelques jours plus tard. Face à l’ampleur des destructions, les équipes de secours se sont retrouvées confrontées à un problème récurrent dans ce genre de catastrophe : comment explorer des décombres instables sans mettre en danger la vie des sauveteurs ni celle d’éventuels survivants coincés dessous ?

C’est dans ce contexte que Singapour a pris une décision aussi audacieuse qu’inédite. Fin mars 2025, l’agence HTX et la protection civile de la cité-État ont déployé à Naypyidaw dix cafards cyborgs de 6 cm conçus à la Nanyang Technological University, une première humanitaire mondiale qui allait bousculer notre vision du secours aux populations sinistrées.

Des cyborgs là où l’homme ne peut plus passer

Dans les ruines d’un bâtiment effondré, chaque centimètre carré peut cacher un danger. Les structures affaiblies menacent de s’écrouler à tout moment, et les chiens de recherche, aussi efficaces soient-ils, ne peuvent pas toujours s’aventurer dans les interstices les plus étroits. C’est précisément là que les insectes entrent en jeu.

La Singapore Civil Defence Force avait déjà envoyé sur place 80 personnels et quatre chiens de recherche dès le 29 mars 2025, dans le cadre de l’opération baptisée Lionheart. Mais le lendemain, un renfort inattendu est arrivé : deux ingénieurs de HTX et deux spécialistes de Klass Engineering and Solutions, accompagnés de leurs dix blattes équipées.

Ce choix n’a rien d’anodin. Grâce à leur taille réduite et à leur souplesse naturelle, ces insectes peuvent se faufiler dans des cavités totalement inaccessibles aux humains comme aux robots classiques. Une capacité précieuse quand chaque minute compte pour localiser des survivants sous des monceaux de béton.

Un sac électronique qui transforme un insecte en robot téléguidé

Les insectes utilisés ne sont pas n’importe quelle espèce. Il s’agit de blattes siffleuses de Madagascar, des cousines lointaines de nos cafards domestiques, mais nettement plus imposantes avec leurs 6 centimètres de longueur. Leur robustesse naturelle en fait des candidates idéales pour porter un équipement électronique sur le dos.

Ce fameux sac, fixé directement sur la carapace de l’insecte, embarque des caméras infrarouges et divers capteurs. L’ensemble permet de voir dans l’obscurité la plus totale, un atout indispensable sous des gravats où la lumière du jour ne pénètre jamais.

Le pilotage à proprement parler repose sur un principe fascinant : des électrodes viennent stimuler les nerfs et les muscles de la blatte, orientant ses déplacements comme on actionnerait un petit véhicule télécommandé. Les données collectées transitent ensuite par un algorithme de machine learning, capable de détecter des signes de vie à partir des mouvements ou des sons captés sous les décombres.

Ce dispositif, développé par l’agence HTX en collaboration avec la Nanyang Technological University et Klass Engineering and Solutions, était encore au stade de la recherche et du développement au moment du séisme. L’urgence de la situation a cependant poussé l’équipe à accélérer son passage sur le terrain, transformant un prototype de laboratoire en outil de sauvetage opérationnel.

Naypyidaw, le premier théâtre d’opération grandeur nature

Le baptême du feu pour ces insectes cyborgs a eu lieu le 31 mars 2025, sur les ruines d’un hôpital effondré. Un choix de site lourd de symbole, puisque c’est justement dans ce genre de structure que l’on s’attend à retrouver un grand nombre de personnes piégées sous les décombres.

Deux autres déploiements ont suivi le 3 avril 2025, cette fois dans la capitale Naypyidaw. Les équipes ont ainsi pu couvrir du terrain dans certaines des zones les plus sinistrées, là où l’accès restait particulièrement compliqué pour les sauveteurs humains.

Aucun survivant n’a finalement été localisé grâce à ces blattes cyborgs lors de cette mission. Un résultat qui peut sembler décevant à première vue, mais qui ne remet absolument pas en cause l’intérêt de la technologie. Explorer rapidement des zones dangereuses, même sans découverte immédiate, c’est déjà gagner un temps précieux et écarter certaines pistes pour concentrer les efforts ailleurs.

Cette première expérience sur le terrain a d’ailleurs ouvert la voie à de nouvelles avancées. Fin juin 2026, la Nanyang Technological University et l’université japonaise Waseda ont présenté une version amphibie de ces insectes cyborgs, capable de rester sous l’eau jusqu’à trois heures grâce à un générateur d’oxygène intégré. Le dispositif embarque désormais un système de pilotage, une caméra, une lampe et un traceur GPS, le tout protégé par une coque étanche.

De la recherche de survivants sous des bâtiments effondrés à l’exploration de zones inondées, ces petits robots biologiques esquissent un futur où la frontière entre vivant et machine devient de plus en plus poreuse. Une piste qui mérite d’être suivie de près, tant les situations de catastrophe naturelle continueront, hélas, de se présenter.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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