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On attendait Juraj Slafkovsky, on a eu Oliver Kapanen

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MILAN – Oliver Kapanen a vécu un tournoi olympique assez unique.

Son entraîneur-chef l’a laissé de côté pour trois matchs durant les Jeux de Milan-Cortina. Et dans les deux autres rencontres où il avait été en uniforme, Antti Pennanen ne l’avait pas utilisé une seule fois.

Deux longs matchs à attendre en vain que son nom soit appelé.

Un joueur dans cette situation essaie de rester concentré dans le match, d’oublier qu’il commence à avoir faim, que 1000 choses lui entrent dans la tête, et de rester vigilant au cas où un joueur se blesse.

Mais plus le match avance, plus cet attaquant d’extra devient un spectateur et moins il serait à même d’aider l’équipe.

Ainsi sont gérés les bancs dans plusieurs pays européens lorsqu’on a droit à un 13e attaquant et un 7e défenseur.

Ils devraient bannir ça, c’est nul, a lancé Joel Armia après que la Finlande eut battu la Slovaquie 6-1 lors du match de médaille de bronze.

L’ancien du Canadien de Montréal a lui-même été cloué au banc et a agi comme pneu de secours plus tôt dans sa carrière. Ça ne l’a pas empêché de gagner ses galons et d’être cette année l’un des meilleurs joueurs de la Finlande aux Jeux olympiques.

Kapanen avait donc une bonne idée du sort qui l’attendait.

Or, en raison du forfait de la supervedette Mikko Rantanen, blessé la veille en demi-finales face au Canada, il a su samedi matin qu’il jouerait finalement lors du match pour la médaille de bronze.

Et qu’il jouerait sur le premier trio!

Kapanen était un peu confus, mais il a compris que Pennanen ne voulait pas vraiment toucher aux autres trios.

Aujourd’hui, quand Rantanen a déclaré forfait, j’ai tenté de savourer chaque présence. On n’a pas l’occasion de jouer beaucoup de ce genre de matchs. J’ai vraiment aimé ma journée et on en sort avec une médaille, donc je suis très content.

Je crois que notre trio a eu un excellent match. On a généré plusieurs occasions. J’en ai eu moi-même, mais je n’ai pas pu convertir, a poursuivi Kapanen.

Dès ses premières présences aux côtés de Sebastian Aho et d'Artturi Lehkonen, l’attaquant de 22 ans a participé au premier but de la Finlande. Il a contribué à gêner le travail du gardien Samuel Hlavaj. Ce dernier n’a pu maîtriser un retour de lancer, et Aho en a profité pour donner les commandes aux Lions.

Il n’a reçu aucune mention d’assistance, mais Kapanen a bel et bien touché à la rondelle sur la séquence.

Kapanen a par la suite frappé deux poteaux, formant avec Aho et Lehkonen l’unité la plus dangereuse des Finlandais.

Il était prêt depuis le premier jour, a dit Aho. Il n’était pas dans la position la plus facile dans laquelle se retrouver, mais c’est un jeune très mature et un excellent joueur. J’ai eu du plaisir à jouer avec lui.

Abonnés du podium

Le fait que Kapanen n’ait pas été utilisé jusque-là aux Jeux olympiques a, semble-t-il, été une grosse histoire en Finlande. Il était le plus jeune joueur de cette formation, mais néanmoins le quatrième buteur de son pays à l’échelle de la Ligue nationale de hockey (LNH), après Aho, Rantanen et Lehkonen.

Selon les médias finlandais, Kapanen devait initialement disputer le match du tour préliminaire face à l’Italie, mais étant donné que son cochambreur Anton Lundell a attrapé la gastro, Kapanen a dû rester en quarantaine pendant 24 heures de manière à ne pas exposer le reste de l’équipe.

En demi-finales, vendredi, on l’a revu au banc, où il a passé la soirée à regarder les Canadiens jouer à une vitesse qu’il trouvait ahurissante.

Kapanen n’avait pas participé à un match depuis que le Canadien avait rendu visite aux Jets de Winnipeg, le 4 février.

Deux semaines et demie d’absence, c’est le genre de chose que vivent tous les joueurs de la LNH à un moment ou un autre. Mais de revenir à froid dans un match ayant une médaille olympique à l’enjeu offrait un défi particulier pour Kapanen.

J’avais de l’énergie à apporter et j’étais frais et dispos, a-t-il néanmoins répondu avec un large sourire et sa médaille de bronze au cou.

La Finlande, championne olympique sortante, est ainsi montée sur le podium pour la cinquième fois lors des six derniers Jeux d'hiver.

Slafkovsky fulminait

Ce fut un match frustrant pour Juraj Slafkovsky et la Slovaquie.

Slafkovsky était dans un bon état d’esprit après avoir vu la Slovaquie se faire malmener par les États-Unis la veille, et il aimait les chances de son pays de causer la surprise face à la Finlande et d’ainsi protéger sa médaille de bronze obtenue en 2022, à Pékin.

Mais après avoir trouvé le moyen de s’inscrire à la marque en toute fin de deuxième période, les Slovaques ont redonné une avance de deux buts à leurs rivaux dès le début de la troisième période.

Slafkovsky fulminait.

En début de troisième période, on était là. C’était 2-1. On marque un but, et qui sait ce qui peut arriver.

Finir 4e ou finir dernier, c’est la même chose. Tu repars sans médaille. C’est nul.

Slafkovsky était le joueur le plus utilisé de la Slovaquie après deux périodes. Ses 22 min 39 s d’utilisation n’ont finalement été dépassées que par le défenseur Simon Nemec.

L’ailier de puissance du Canadien a eu beaucoup de difficulté à se démarquer.

Il avait été le héros dans la victoire de la Slovaquie face à la Finlande en phase préliminaire, alors qu’il avait inscrit deux buts et ajouté une mention d’aide. Or, ses occasions de marquer ont été rarissimes, samedi.

Non seulement la Finlande est-elle difficile à affronter lorsqu’elle prend les commandes, mais la leçon de la veille face au Canada était de ne pas jouer de façon exagérément défensive. Cette fois, les Finlandais ont continué d’appuyer sur le crayon.

Les coéquipiers de Slafkovsky étaient déçus, mais plusieurs semblaient encaisser la défaite moins durement que lui. Pavol Regenda a prédit qu’avec la perspective de quelques jours, les Slovaques allaient être fiers d’avoir fait partie du carré d’as, tandis qu’un pays comme la Suède ne peut en dire autant.

On a de jeunes supervedettes qui s’en viennent, qui ont 20 ou 21 ans, et qui dans quelques années seront à leur sommet, a indiqué Regenda, qui évolue pour les Sharks de San José. Je sens que le monde va entendre parler de nous dans le futur.

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