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«On aimerait un peu de vérité, les victimes le méritent» : le procès en appel de l’attentat de Strasbourg s’ouvre lundi à Paris

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Publié le 22/03/2026 à 06:30 - Mis à jour le 22/03/2026 à 08:38

Audrey Mondjehi (à gauche), seul des quatre accusés du premier procès à avoir interjeté appel, doit être rejugé. [Benoit PEYRUCQ / AFP]

Plus de six ans après l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, la justice se penche à nouveau sur le dossier. La cour d’assises spéciale de Paris juge à partir de lundi Audrey Mondjehi, seul accusé à avoir fait appel. Pour les victimes et leurs familles, l’espoir demeure d’obtenir enfin des réponses.

Nouveau chapitre judiciaire pour les victimes de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg. Le procès en appel d’un des accusés s’ouvre lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris. Audrey Mondjehi, seul des quatre accusés du premier procès à avoir interjeté appel, doit être rejugé.

Cet Ivoirien de 43 ans, ancien rappeur strasbourgeois et proche de l’assaillant, avait été condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers et d’une interdiction définitive du territoire français.

"Avoir des réponses"

Il est soupçonné d’avoir aidé Chérif Chekatt à se procurer une arme. Lors du premier procès, il avait été reconnu coupable d’association de malfaiteurs terroriste. La cour avait estimé qu’il avait connaissance du projet meurtrier de son ami, ce que l’accusé avait toujours nié.

Pour les parties civiles, ce nouveau procès représente à la fois une épreuve et une opportunité. "Un procès en appel pour les victimes, c’est toujours compliqué. Elles vont essayer d’avoir les réponses qu’elles n’ont pas eues en première instance. Mais il y a aussi un peu de résignation parce que le terroriste a été neutralisé, il ne comparaîtra donc pas. Mais on souhaite quand même aller jusqu’au bout des investigations", explique maître Arnaud Friederich, avocat de 14 parties civiles.

Un premier procès au goût d’inachevé

Parmi ses clients figure notamment un jeune homme blessé lors de l’attaque, ainsi que la famille d’une victime. Tous espèrent comprendre comment l’auteur des faits, pourtant fiché S et connu des services de renseignement, a pu passer à l’acte.

"Mes clients ne comprennent pas comment Chérif Chekatt a pu se procurer une arme et être en situation de commettre un acte de djihad, alors qu’il était radicalisé et que son entourage le savait, dont l’accusé", poursuit l’avocat.

Le premier procès avait laissé un goût d’inachevé pour les victimes. "Les parties civiles ont été déçues de l’absence d’explications. Audrey Mondjehi a cherché à se disculper. On aimerait un peu de vérité, un peu de sincérité. Les victimes et les familles le méritent", insiste maître Friederich.

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