Dans son analyse, Julia de Funès rappelle, dans l'émission "Culture médias", que la bienveillance ne consiste pas à éviter le désaccord. Ainsi, l'être humain semblerait basculer facilement vers la complaisance.
Entre la bienveillance et la complaisance, il n'y a qu'un pas. La philosophe Julia de Funès explique une idée assez simple. Aujourd’hui, on parle beaucoup de bienveillance, mais on finit parfois par la confondre avec la complaisance. Dans les environnements professionnels comme dans les relations personnelles, elle est essentielle. Pourtant, Julia de Funès met en garde contre une utilisation excessive et mal comprise de ce concept. "C'est vraiment deux attitudes dans le monde qui sont complètement différentes", explique-t-elle.
D'une attitude à l'autre
Or, comme le rappelle la philosophe, la véritable bienveillance implique au contraire le courage de la parole. Être bienveillant, ce n’est pas éviter le conflit, mais savoir écouter l’autre, prendre au sérieux ses idées, et oser les confronter. Dire à quelqu’un que son raisonnement est discutable ou incomplet n’est pas une attaque, mais une preuve de considération. Par exemple, si quelqu’un se trompe, lui dire avec respect peut l’aider à progresser.
Le problème, c’est que beaucoup de personnes n’osent plus critiquer ou contredire. Elles ont peur de paraître méchantes ou négatives et finissent par ne rien dire. "Les gens n'osent plus trop dire ce qu'ils pensent à leurs collaborateurs, à leurs équipes, à leur amis, de peur de passer pour quelqu'un de négatif, de critique, de méchant. Donc on préfère ne plus rien dire, on rentre dans le non-dit", a-t-elle constaté.
Déjà, Aristote définissait la vérité comme ce qui dépasse les contradictions. Autrement dit, c’est dans la confrontation des points de vue que naissent les idées les plus justes. Donc, la vraie bienveillance, ce n’est pas être toujours d’accord ou éviter les conflits. C’est au contraire oser dire les choses, mais avec respect. La complaisance, elle, consiste à se taire pour éviter tout problème et au final, cela peut faire plus de mal que de bien.


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