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Municipales. Dans de nombreuses villes, les listes insoumises ont réalisé des scores spectaculaires. Une multiplication par onze de leurs résultats par rapport aux municipales de 2020. Une progression qui confirme l’implantation croissante de LFI dans le pays, lui assure déjà de nombreux conseillers municipaux, et a permis au mouvement insoumis de gagner 3 villes dès […]
Municipales. Dans de nombreuses villes, les listes insoumises ont réalisé des scores spectaculaires. Une multiplication par onze de leurs résultats par rapport aux municipales de 2020. Une progression qui confirme l’implantation croissante de LFI dans le pays, lui assure déjà de nombreux conseillers municipaux, et a permis au mouvement insoumis de gagner 3 villes dès le premier tour, dont Saint-Denis-Pierrefitte (2ᵉ plus grande ville d’Île-de-France).
Enfin, cette dynamique place LFI au cœur des rapports de force de seconds tours face aux risques de victoires de la droite et de l’extrême droite. Sophia Chikirou attend toujours l’appel d’Emmanuel Grégoire pour battre la droite à Paris. Même chose pour Sébastien Delogu à Marseille, qui a tendu la main à Benoit Payan.
Depuis dimanche soir, 20 heures, les plateaux télé et les studios radio ont été le théâtre d’une scène rare : éditorialistes et commentateurs, bien souvent très critiques à l’égard du mouvement insoumis, ont été contraints de reconnaître l’ampleur de cette dynamique, sans parfois réussir à cacher leur mécontentement. Retour sur ces heures où, sous le choc des urnes, il n’y a eu d’autre choix que de saluer la progression insoumise. Notre article.
Une soirée électorale qui déjoue les pronostics
Dimanche soir, au moment de la fermeture des bureaux de vote, une grande partie du récit médiatique semblait déjà écrite. Les municipales étaient présentées comme un scrutin dominé par les sortants, avec une gauche fragmentée et une droite en position de force dans plusieurs villes. Mais à mesure que les résultats remontent, ce scénario se fissure.
Dans ville après ville, les listes conduites ou soutenues par La France insoumise dépassent largement les attentes. Certaines arrivent en tête à gauche, d’autres se qualifient solidement pour le second tour. Les chiffres se confirment rapidement : les scores des listes insoumises sont multipliés par onze par rapport aux municipales de 2020. Face à cette progression, les analyses changent.
Pour aller plus loin : Saint-Denis-Pierrefitte, ville insoumise : retour sur la victoire éclatante de Bally Bagayoko
« LFI a été incroyablement sous-estimée »
Sur les chaînes d’information en continu, plusieurs éditorialistes reconnaissent la surprise. Sur le plateau de LCI, Christophe Barbier finit par résumer ce que beaucoup observent : « Le seul leader de la gauche aujourd’hui, c’est Jean-Luc Mélenchon ». Dans la même séquence, Isabelle Saporta ajoute : « LFI a été incroyablement sous-estimée par tous les sondages, comme d’habitude ».
Au fil de la soirée, les constats se multiplient. Certains évoquent une « dynamique », d’autres parlent d’une « progression très forte par rapport à 2020 ». Pour un mouvement régulièrement présenté comme marginal ou isolé dans le débat médiatique, ces phrases ont une portée particulière.
🔴 « On a tellement dit que LFI payerait… » – Sur LCI, tout le plateau reconnaît la percée historique de LFI pour le premier tour des élections municipales
« LFI est une puissance montante, qui a fait le pari des municipales et qui se retrouve avec un double-avantage.… pic.twitter.com/Wm4IgfFxDK
Une implantation locale qui progresse
Pendant longtemps, les municipales étaient considérées comme le point faible de La France Insoumise. Le mouvement était décrit comme puissant dans les scrutins nationaux mais peu implanté localement. Les résultats du premier tour viennent largement contredire cette analyse. Dans plusieurs villes, les listes insoumises réalisent leurs meilleurs scores historiques.
🔴 « Saint-Denis / Pierrefitte, première ville insoumise ! C’est historique ! » – Bally Bagayoko, premier maire insoumis de Saint-Denis, ville de plus de 150 000 habitants, au micro de l’Insoumission aux côtés d’Éric Coquerel
« Le 22 mars, nous pouvons gagner de nombreuses… pic.twitter.com/vBEbl4R9II
Dans d’autres, elles deviennent des actrices centrales du second tour. Les analystes reconnaissent qu’il y a clairement une implantation qui progresse. Cette progression s’explique aussi par un travail militant de long terme : porte-à-porte, campagnes de terrain, présence associative et mobilisation d’électeurs souvent éloignés des urnes. Des éléments rarement évoqués dans les commentaires médiatiques, mais qui apparaissent désormais dans les résultats.
Face aux risques de victoire et de l’extrême droite, LFI prend ses responsabilités
Autre élément marquant de la soirée : la volonté affichée par les Insoumis de construire des rassemblements pour empêcher des victoires de la droite ou de l’extrême droite. À Toulouse, l’accord a été trouvé très rapidement après le premier tour. Dans la nuit du lundi 16 mars, les listes de François Piquemal et de François Briançon ont annoncé leur fusion pour le second tour des municipales. L’objectif est clair : unir les forces de gauche pour battre la droite dans la ville.
🔴 Hadrien Clouet : « Partout où la droite et l'extrême droite menacent de gagner des mairies, il est normal de se réunir lorsqu'on a plus de choses en commun.
À Toulouse, Jean-Luc Moudenc :
– est responsable de l'augmentation des loyers
– est responsable de l'augmentation des… pic.twitter.com/0XBk2midwN
Dans d’autres villes, la main reste également tendue. À Paris, Sophia Chikirou attend toujours l’appel du socialiste Emmanuel Grégoire pour organiser l’union au second tour, comme les insoumis l’avaient proposé avant même le scrutin. Même situation à Marseille. Sébastien Delogu a proposé une alliance au maire sortant Benoît Payan pour battre l’extrême droite. Pour l’instant, la réponse se fait encore attendre. Dans plusieurs analyses télévisées, cette situation commence d’ailleurs à être relevée : dans certaines villes, les listes insoumises apparaissent comme des acteurs centraux pour empêcher des victoires de la droite ou de l’extrême droite.
🔴 Manuel Bompard : « Concernant Paris, Sophia Chikirou attend l'appel du socialiste Emmanuel Grégoire pour effectuer le rassemblement au deuxième tour, comme nous l'avions dit avant le premier.
Sinon, elle déposera dès ce soir sa liste municipale.
Si nos listes sont en… pic.twitter.com/osH7lBlFor
24 heures de sidération médiatique
Pendant près d’une journée, les chaînes d’information ont donc offert une séquence inhabituelle. Des éditorialistes surpris. Des analyses corrigées en direct. Et plusieurs commentateurs contraints d’admettre la progression du mouvement insoumis.
Sur LCI, Isabelle Saporta conclut même : « Il faut reconnaître que La France insoumise réalise une vraie percée ». Dans un paysage médiatique souvent critique à l’égard du mouvement, ces mots témoignent de l’ampleur de la surprise provoquée par les résultats.
🔴 Mathilde Panot : « Les macronistes ont totalement disparu du paysage politique ! L'après-Macron a d'ores et déjà commencé.
Je le redis très clairement : entre fascistes et antifascistes, il n'y a pas d'entre-deux. Il n'y a qu'un seul côté de la barricade ! » pic.twitter.com/KpggEBVt8f
Transformer l’essai au second tour
Le second tour des municipales aura lieu dimanche 22 mars. Vous n’êtes pas disponible pour voter ce jour ? LFI a mis en place une plateforme pour que vous puissiez faire procuration à quelqu’un·e. L’enjeu est désormais clair : transformer cette progression en victoires concrètes dans les communes. Partout où cela est possible, les insoumis continuent de défendre la même stratégie : rassembler les forces de gauche pour battre la droite et l’extrême droite et mettre en œuvre des politiques de rupture qui améliorent concrètement la vie des habitants.
Après cette soirée électorale qui a surpris jusqu’aux éditorialistes, une chose apparaît désormais difficile à contester. La France insoumise vient de franchir un cap dans ces élections municipales. Et pendant 24 heures, même les plateaux télé ont dû l’admettre.
Par Elias Peschier


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