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REPORTAGE - Les minifusées qui traquent notamment les Shahed en vol, produites à bas coût, ont abattu 33 000 cibles en mars, un record. Alors que les pays du Moyen-Orient se les arrachent, Kiev en contrôle étroitement l’exportation pour en faire un levier diplomatique.
Par Elisabeth Pierson, envoyée spéciale dans la région de Dnipro
Le 8 mai 2026 à 23h42
Accroupi dans la cour, le soldat en sweat déboîte la base en plastique du minidrone, arme l’explosif, réassemble le tout en des gestes vifs et précis. Le montage a pris quelques secondes. « C’est tout bon ! », lance-t-il. Dans la salle à vivre de la cahute qui leur sert de position, le pilote, indicatif « Artist », pose son thé sur une table entre deux lits picots, s’assied, allume l’écran d’une tablette et saisit la manette. La minuscule fusée émet un court jingle électronique puis se tait, prête à décoller. Le voilà, cet intercepteur qui fait l’envie des pays du Golfe. Il neutralise un drone Shahed de cinq fois sa taille en plein vol. Depuis leur déploiement, il y a tout juste six mois, sur le front ukrainien, ces fusées en plastique, imprimées en 3D, d’un coût de 1 000 à 3 000 euros l’unité, ont révolutionné la défense antiaérienne.
« Ça a tout changé. On abat vingt-cinq à trente drones par semaine. On a même laissé tomber les mitrailleuses, elles ne servent plus à rien »


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