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Et s'il suffisait de mettre des mangeoires pour oiseaux face aux fenêtres des maisons de retraite pour améliorer la santé des résidents? C'est l'expérience qu'a menée Elisabeth Kals, professeure de psychologie à l'université catholique d'Eichstätt-Ingolstadt, en Allemagne. Elle a notamment étudié comment notre relation à la nature façonne nos expériences de vie et notre bien-être.
En à peine un mois, l'ambiance a changé dans les soixante-cinq maisons de retraite bavaroises où les oiseaux ont afflué. Les capacités cognitives, la mobilité et le bien-être des résidents se sont améliorés. Les patients étaient alors capables de mieux suivre les conversations, d'interagir avec leurs proches avec plus de vivacité, mais aussi de se souvenir des espèces aperçues.
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C'est ce que l'on appelle la thérapie par les oiseaux: prêter attention aux petits vertébrés ailés, même à travers une fenêtre, peut aider les personnes âgées à se sentir davantage en lien avec autrui, à éprouver des émotions positives et à stimuler leur mémoire, comme le rapporte la BBC.
L'ornithologie comme thérapie
Plusieurs études suggèrent que l'observation de ces animaux aurait des bienfaits psychologiques et contribuerait à ralentir le vieillissement cérébral. Tout comme l'apprentissage d'un sport ou d'un instrument de musique, la pratique pourrait influencer l'organisation du cerveau à plusieurs niveaux, selon que l'on soit un ornithologue chevronné ou un observateur du dimanche.
Erik Wing a dirigé des travaux à la Baycrest Academy for Research and Education de Toronto consistant à comparer les IRM cérébrales d'experts en ornithologie à celles de novices pendant qu'ils identifiaient des oiseaux. Les résultats publiés cette année dans le Journal of Neuroscience ont montré que les zones cérébrales sollicitées lors de l'observation des animaux faisaient preuve de «neuroplasticité», c'est-à-dire d'une capacité à modifier la structure cérébrale et son fonctionnement au fil du temps.
Les neuroscientifiques ont ainsi découvert que l'expertise en ornithologie pourrait freiner le déclin cognitif lié à l'âge en maintenant une meilleure organisation du cerveau. Des bénéfices ont été relevés sur l'attention, la perception et la reconnaissance visuelle.
Les résultats des études scientifiques s'appliquent désormais sur le terrain. En Bavière, les travaux d'Elisabeth Kals, financés à l'origine par des compagnies d'assurance maladie allemandes, ont poussé ces dernières à investir dans l'installation de mangeoires pour oiseaux et d'espaces d'observation dans plus de 400 maisons de retraite du Land. «C'était tellement efficace que cela a permis de réaliser des économies substantielles», souligne la chercheuse. Des initiatives similaires ont été mises en place aux États-Unis. Finalement, pour garder un cerveau jeune, il suffit peut-être de lever les yeux au ciel et de scruter la faune qui s'y trouve.





























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