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La relance du nucléaire. C'est ce que tous les médias semblent vouloir retenir de la dernière version de la programmation pluriannuelle de l'énergie publiée au Journal officiel il y a quelques jours. Sur les réseaux sociaux, le sujet se résume à des effets de manche et à des prises de position dogmatiques. C'est devenu un classique, vous en conviendrez.
Pourtant, la question mérite infiniment mieux. Par sa complexité. Aussi parce que les enjeux sont de taille. Stéphane Sarrade, le directeur des programmes Énergies au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), en a fait la démonstration dans le cadre du Paris-Saclay Summit 2026, ce mercredi 18 février. De notre côté, nous avons essayé d'en démêler les fils avec l'aide de Ludovic Dupin.
« La relance du nucléaire, ce n'est pas une décision franco-française. En Europe, quinze pays se sont dotés d'un plan pour le nucléaire. Un plan de relance pour ceux qui disposent déjà d'un parc ou un plan de développement du nucléaire civil pour d'autres. Mais cela va encore au-delà. La relance du nucléaire est mondiale. Les États-Unis et la Chine construisent des réacteurs à une vitesse jamais vue dans ces pays. À tel point que le président de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) évoque un "come-back" du nucléaire. Un come-back qui ne réussira que si la sûreté, l'acceptation du public et la capacité industrielle à livrer en temps et en heure sont au rendez-vous », nous précise le directeur de l'information à la Société française d'énergie nucléaire (Sfen).
⚡️ Le Gouvernement a présenté la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie, qui fixe la trajectoire énergétique du pays pour la prochaine décennie.
???? Un objectif : accélérer l’électrification et renforcer la souveraineté énergétique de la France.https://t.co/mAQDC7EX91
PPE 3 : ce que la nouvelle feuille de route énergétique de la France change vraiment
Avant d'entrer dans le vif du sujet, rappelons que la programmation pluriannuelle de l'énergie, c'est un peu comme une feuille de route dont se dote aujourd'hui notre pays pour définir comment il produira à l'avenir (jusqu'en 2035, plus exactement) une énergie plus française, plus décarbonée et plus compétitive. L'objectif le plus clairement affiché de cette PPE 3, la troisième du nom donc : passer de 60 % d'énergies fossiles dans notre consommation finale aujourd'hui à 60 % d'énergies décarbonées. Pour ce faire, l'État confirme donc aujourd'hui sa volonté de recourir, entre autres, à l'énergie nucléaire.
Le saviez-vous ?
Le nucléaire est classé parmi les énergies décarbonées, ou bas carbone, parce que les analyses de cycle de vie – comprenez, les analyses qui incluent toutes les émissions, de l’extraction des matières premières au traitement de la fin de vie de l’installation – estiment que la production d’un kilowattheure (kWh) d’électricité nucléaire émet l’équivalent de seulement 0,006 kilogramme de dioxyde de carbone (kgCO2e) (chiffres Ademe). Même l’éolien et le solaire ne font pas mieux avec respectivement au moins 0,141 kgCO2e/kWh et 0,0252 kgCO2e/kWh. Le gaz fossile ou le charbon évidemment, font pire : 0,243 kgCO2e/kWh pour le premier et même 1,06 kgCO2e/kWh pour le second.
Arrêtons-nous un instant sur cet objectif. Parce qu'on nous dit et on nous répète depuis des années maintenant que la France est l'un des pays champions du monde de la production d'électricité décarbonée. Et c'est vrai. Grâce historiquement au nucléaire et à l'hydroélectricité et désormais avec le soutien du solaire et de l'éolien, notre électricité est déjà bas carbone à 95 %. « Mais l'électricité, ce n'est que 25 % de l'énergie consommée en France », souligne Ludovic Dupin. Ainsi, pour atteindre nos objectifs climatiques, nous allons devoir décarboner d'autres formes d'énergie. « En Russie et en Europe de l'Est, par exemple, il y a des réseaux de chaleur alimentés au nucléaire qui fonctionnent très bien. La Chine s'y met aussi. »
Mardi, Emmanuel Macron a annoncé le lancement de petits réacteurs nucléaires...
Mais savez-vous que la France développait déjà des projets de petits réacteurs nucléaires modulaires dès les années 1970 ?#nucléaire
Thread : Une petite histoire des projets de SMR français. ⤵️ pic.twitter.com/DTNEEEdFrv
Ces petits réacteurs appelés à pousser près de chez vous
L'une des actions inscrites dans la PPE 3 sous-entend justement le développement de ce que les spécialistes appellent le « multiusage du nucléaire ». « On parle beaucoup du programme European Pressurized Reactor (EPR 2) -et nous y reviendrons -, mais dans le plan de relance du nucléaire français, il y a aussi le soutien au développement de petits réacteurs. D'une part, ceux qui compteront sur la même technologie que leurs grands frères qui produisent notre électricité aujourd'hui. Et d'autre part, ceux qui, à plus long terme, seront construits autour de technologies innovantes. » Dans le jargon, les SMR - pour Small Modular Reactor - pour les premiers et les AMR - pour Advanced Modular Reactor - pour les seconds.
De quoi parle-t-on exactement ? Quelle que soit la technologie, de petits réacteurs qui seront construits potentiellement en très grand nombre et installés un peu partout en France. « Près d'une usine de chimie et de sidérurgie, par exemple. Pour décarboner les process industriels. Cela veut donc dire une énergie nucléaire beaucoup plus présente sur notre territoire. Alors, le principal enjeu ici, ce sera celui de l'acceptation », estime Ludovic Dupin.
Des petits réacteurs, ça veut dire une énergie nucléaire beaucoup plus présente sur le territoire
La question est importante. Parce que l'État ne passera pas outre l'opinion publique. Une opinion qui n'a pas toujours été en faveur du nucléaire. « Après la crise de souveraineté industrielle déclenchée lors du Covid et la crise de souveraineté énergétique due à la guerre en Ukraine, les choses ont changé. Le consensus est désormais assez large, y compris du côté de partis politiques historiquement très opposés au nucléaire. » Le consensus autour de la prolongation du parc existant - nous y reviendrons également - et du programme EPR 2. Mais, concernant le développement des SMR et des AMR, la situation est différente. Les gens accepteront-ils de vivre à côté d'un réacteur ou verrons-nous fleurir une multitude de syndromes déjà connus pour l'éolien du « not in my backyard » ?
« Ces petits réacteurs sont très sûrs et ils seront évidemment soumis aux mêmes règles que les plus grands, voire à des règles plus strictes encore. Il n'y a pas vraiment de question de ce point de vue. » Le défi sera plutôt d'expliquer le pourquoi du comment de ces réacteurs miniatures, pour certains, basés sur des technologies nouvelles, et pour la plupart, destinés non plus à produire de l'électricité, mais à décarboner l'industrie ou à produire de la chaleur ou encore de l'hydrogène.
« Ce sont autant de secteurs clés pour la décarbonation de notre pays. » Un premier « crash-test » se prépare du côté de Chinon : un débat public autour de Newcleo et son projet de petit réacteur innovant pour alimenter une usine. « Nous aurons alors un aperçu de la façon dont la bonne image actuelle du nucléaire peut ou non diffuser vers ces nouveaux réacteurs », nous confie le directeur de l'information de la Sfen.
50, 60 ans et plus : jusqu’où peut-on pousser nos réacteurs nucléaires ?
Revenons-en comme promis au volet prolongation des réacteurs nucléaires existants tel qu'il est désormais inscrit à la PPE 3. Pour rappeler d'abord que la précédente programmation pluriannuelle de l'énergie prévoyait l'arrêt de 14 de nos réacteurs d'ici 2035. Le changement de braquet est donc total sur ce sujet. Dans les plans de l'État désormais, l'idée de « poursuivre le fonctionnement des réacteurs électronucléaires après 50 ans, puis 60 ans, voire au-delà, tant que toutes les exigences de sûreté applicables sont respectées. » Un nouveau défi pour l'industrie du nucléaire ?
Pas tout à fait, selon Ludovic Dupin. Il reconnait certes que, par le passé, l'exploitation des réacteurs existants a pu poser problème. « On se souvient du fâcheux épisode de la corrosion sous contrainte en 2022, notamment. » Mais tout cela semble derrière nous. « Aujourd'hui, la disponibilité du parc est inédite. » Résultat : des records de production et même des records d'exportation. En 2025, la France a fourni 95 térawattheures (TWh) à ses voisins.
Une aubaine pour la décarbonation du mix électrique allemand et italien, par exemple. Le tout grâce à un programme lancé par EDF, le plan Start 2025. Son objectif : maîtriser les arrêts des réacteurs pour leur maintenance. « Sans entrer dans des détails trop techniques, ce plan prévoit d'être au bon endroit au bon moment. Cela semble une simple question de bon sens, mais il faut rappeler que les chantiers dont il est question ici sont énormes. On parle de milliers d'intervenants à orchestrer. C'est d'autant plus important dans le paysage actuel que prolonger les réacteurs existants revient finalement à organiser les opérations de maintenance nécessaires pour les mettre à jour. »
Le vrai stress test pour nos centrales n’est peut-être pas celui que vous imaginez
Concernant les réacteurs nucléaires existants, le principal enjeu est finalement ailleurs. « Le réchauffement pose pas mal de questions », reconnait le directeur de l'information de la Sfen. Comment pourrons-nous adapter nos réacteurs pour qu'ils n'en souffrent pas ? Mais aussi pour éviter qu'ils endommagent encore plus l'environnement qu'il ne l'est déjà. « Le vrai problème, c'est la disponibilité en eau pour les centrales nucléaires en bord de rivière. Avec le changement climatique, les étiages peuvent être plus bas et l'eau peut être plus chaude. »
Non que la sûreté des réacteurs s'en retrouve menacée. « Des réacteurs fonctionnent avec de l'eau très chaude, ailleurs dans le monde. Dans le désert des Émirats arabes unis, par exemple. » Mais il existe en France une réglementation qui interdit aux réacteurs de puiser dans les fleuves pour ne pas réchauffer encore plus leur eau lorsqu'ils la rejettent. Et éviter ainsi un stress supplémentaire à la biodiversité. « Parce qu'à ce niveau, un demi-degré de plus peut s'avérer dramatique. »
Le risque, c'est donc de devoir arrêter de plus en plus de réacteurs durant l'été. « Le problème n'est pas tellement au niveau de l'alimentation en électricité, mais plus au niveau de la sécurité de l'approvisionnement. Parce que les réacteurs nucléaires participent aussi au maintien de la fréquence et de la tension sur le réseau. Si elles s'effondrent, on risque un black-out comme celui qui s'est produit au printemps dernier en Espagne. » Parmi les solutions, limiter la température de l'eau rejetée par les réacteurs. Grâce à des tours aéroréfrigérantes. « Elles sont déjà efficaces, mais des travaux sont menés pour améliorer encore cette technologie. »
Les ingénieurs commencent aussi à se pencher sur l’aspect tempête
« Les ingénieurs commencent aussi à se pencher sur l'aspect tempête. Jusqu'ici, nos réacteurs ont plutôt bien supporté ces aléas, mais les réseaux ont montré leurs faiblesses. Le récent arrêt de Flamanville est le résultat d'un réseau endommagé par les embruns salés déposés par la tempête Goretti. Dans un cas comme celui-là, le réacteur, coupé du réseau, peut être mis en sécurité puis redémarré rapidement dans plus de 90 % des cas. Mais quand l'opération échoue, la coupure peut durer plus d'une semaine. Avec le nombre des tempêtes appelé à se multiplier dans le contexte de réchauffement climatique, il ne faudrait pas que ça se produise trop souvent. »
Le nucléaire recrute : 100 000 emplois à pourvoir en 10 ans
Chose promise, chose due, intéressons-nous désormais au volet EPR. L'enjeu le plus important en la matière se situe au stade de la construction. Parce que tout le monde le sait, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. « Or ça fait 20 ans que nous n'avons construit aucun nouveau réacteur. À part l'EPR de Flamanville. Et le chantier de l'EPR de Flamanville, on ne va pas se mentir, ne s'est pas très bien passé. » Pour ceux qui n'ont pas suivi, il y a eu énormément de retard et beaucoup de surcoûts.
Pour satisfaire à cette ambition de la PPE 3 de construire six nouveaux réacteurs EPR 2, avec huit autres en option, la filière doit se réinventer à la vitesse grand V pour ne pas rater ce rendez-vous industriel décisif. « Le rapport Match 2025 du Groupement des industriels français de l'énergie nucléaire (Gifen) estime le besoin à 100 000 personnes en 10 ans. Des ingénieurs, mais aussi deux tiers de techniciens. »
Le nucléaire, en effet, aura besoin de soudeurs, de chaudronniers ou encore d'électriciens. La formation, c'est donc un défi majeur de ce point de vue. Pour y répondre, la filière a déjà lancé celle qu'elle appelle l'Université des métiers du nucléaire. « Ces formations attirent plutôt pas mal d'étudiants. Mais il faut faire encore plus. Séduire aussi des jeunes femmes. Sans quoi nous n'arriverons pas à pourvoir tous les postes qui vont s'ouvrir. » La féminisation du secteur pour répondre à un besoin en nombre donc. Mais aussi pour « profiter de personnels qui pensent et voient les choses un peu différemment ».
« Les EPR 2 s'annoncent comme des objets compliqués à construire. Nous pouvons le faire, mais pour cela, il nous faudra aussi une "supply chain" prête à répondre aux besoins. » Il est question ici, par exemple, de milliers de sous-traitants dont il faut s'assurer que l'activité soit pérenne sur les 20 ou 30 ans à venir. « Framatome, par exemple, a déjà racheté trois robinetiers français, pour éviter de se retrouver confronté à des problèmes de compétences techniques sur ces grosses valves indispensables au bon fonctionnement des réacteurs nucléaires », nous signale le directeur de l'information de la Sfen.
Le décret qui fixe la PPE 3 n'est pourtant intervenu que ce vendredi 13 février 2026. Est-ce à dire que la filière a pris de l'avance sur l'histoire ? « Les lignes avaient commencé à bouger dès 2022. »
Revenons un peu en arrière pour bien comprendre.
Parce que, il y a presque exactement quatre ans, notre président, Emmanuel Macron, en déplacement à Belfort, annonçait alors dans un discours qui faisait date : « Il nous faut reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France. » « La filière a immédiatement su qu'il fallait qu'elle se prépare à répondre au besoin s'il était confirmé. EDF, par exemple, y a investi trois milliards d'euros. Mais jusqu'ici, c'était un peu "à la confiance". Même si une loi d'accélération était venue simplifier certaines démarches administratives. » Celle-ci permet par exemple de commencer à réaliser des opérations de terrassement avant même l'autorisation officielle de construction des installations nucléaires. « Cette PPE 3 vient enfin sécuriser les projets, les investissements et l'engagement de la filière. C'est une bonne nouvelle », estime Ludovic Dupin.
Les SMR et les AMR sont aussi de nouveaux réacteurs à construire. Mais pour eux, la question se pose encore différemment. À l'heure actuelle, il n'existe aucun projet de construction. « Nous attendons les premiers début 2030. » L'enjeu reste de soutenir le programme France 2030 qui a amorcé le mouvement. L'investissement est de l'ordre du milliard d'euros. L'engouement est important. « Nous nous attendions à un premier tour de table avec cinq ou six porteurs de projet, nous en avons eu une quinzaine avec des technologies différentes. Le second tour de table doit aujourd'hui valider des modèles techniques, confirmer que la sûreté est garantie - avec les autorisations de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) - et sécuriser l'approvisionnement en combustibles. »
Il est en effet parfois question ici de combustibles « très exotiques », qui ne sont pas aujourd'hui produits « à grande échelle ». L'enjeu n'est donc pas uniquement industriel ici, il est aussi au niveau de la recherche et du développement. « Le but, c'est qu'à la fin, nous ayons un ou deux porteurs de projet qui puissent construire un démonstrateur. » La PPE 3 évoque un démonstrateur « à eau pressurisée », un SMR donc, qui ressemble à nos réacteurs actuels, et un démonstrateur de type AMR, plus innovant, « aux sels fondus, au sodium, à haute température ou autre ».
Sûreté : le garde-fou absolu que rien ne pourra contourner
Une question pourrait encore tarauder les esprits, et c'est normal. Celle de la sûreté. Mais du côté des industriels du nucléaire, on se veut confiant. « Dans le monde, la sûreté est la première préoccupation des industriels », affirme Ludovic Dupin avant de rentrer dans quelques détails utiles à la bonne compréhension du sujet.
D'abord sur la question de la « durée de vie » supposée de nos réacteurs. « On a beaucoup entendu parler de 40 ans. Mais il n'y a pas réellement de durée de vie pour un réacteur nucléaire en France. On sait seulement qu'au bout de 40 ans, certaines pièces demandent une attention particulière. » Parce que, dans un réacteur, tout est remplaçable. Sauf trois pièces : la cuve en acier, l'enceinte en béton et une partie du câblage électrique - il y en a des dizaines de milliers de kilomètres.
« Pour l'instant, tout cela résiste très bien. Aujourd'hui, l'avis de l'ASNR, c'est qu'il n'y a pas d'enjeu technique à aller au-delà de 40 années d'exploitation sur nos réacteurs. Tout en continuant ce qui a été fait depuis le début. À savoir des inspections tous les 10 ans (c'est la fameuse visite décennale dont vous avez peut-être entendu parler) qui permettent à l'ASNR de se prononcer, au cas par cas, sur la possibilité de prolonger les opérations pour 10 années supplémentaires. Ces visites sont aussi l'occasion de réaliser de lourds travaux pour amener les réacteurs au plus haut standard de sûreté existant, à savoir, pour l'ASNR française, celui de l'EPR. »
Pour les EPR 2, l'ASNR a donné son autorisation de construction. « Cela signifie que les experts jugent le design sûr. » Parce que l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection ne laisse rien au hasard. La garantie que la relance du nucléaire français ne sera pas un saut dans l'inconnu.
Concernant les SMR et les AMR, les premiers dossiers viennent juste d'être transmis à l'ASNR. Il y a, une fois encore, un petit quelque chose de différent ici. « Pour mettre un réacteur classique en sécurité, il faut des pompes qui envoient de l'eau, des systèmes de refroidissement actifs qui sont alimentés par de l'électricité. Pour les petits réacteurs, on parle de sûreté passive. Si on les arrête, les lois de la physique font le travail pour nous. Le modèle a déjà été appliqué aux États-Unis, mais l'ASNR doit le valider. »
La PPE-3 acte enfin une relance nucléaire crédible.
Prolongation du parc, 6 EPR2, cycle du combustible, SMR : les bons signaux sont là.
⚠️ Mais sans choc d’électrification, le risque de surcapacité pèsera sur les coûts et la robustesse du système.
➡️ Position de la Société…
Électrifiez-vous sous peine de faire patiner le nucléaire… et les renouvelables
« La relance du nucléaire fait surtout face à un autre problème, celui de la consommation », souligne Ludovic Dupin. Parce qu'aujourd'hui, la France produit déjà beaucoup d'électricité bas carbone... qu'elle ne consomme pas.
« Pour atteindre nos objectifs climatiques, nous avons besoin d'électrifier. Mais ça coince. Les voitures électriques ne séduisent pas. Les gens ne font pas installer de pompes à chaleur. Un grand plan d'électrification vient d'être lancé. Il sera crucial. Sans lui, ni nucléaire ni renouvelables ne décolleront. Parce que nous avons besoin de trouver des débouchés pour notre électricité bas carbone. Dans les années 1990, la France a trouvé une solution à sa surproduction dans la promotion du chauffage électrique, notamment. Aujourd'hui, voyons ce que le Gouvernement mettra en place pour gérer cette période et encourager l'électrification. »
En attendant, le signal envoyé par la PPE 3 à la filière nucléaire est plutôt positif. « Nous espérons que cela va attirer des investisseurs », conclut le directeur de l'information de la Sfen. Parce que les installations nucléaires coûtent cher. Des milliards d'euros.
Quelques institutions bancaires s'engagent déjà. « Mais pour aller au bout et financer nos réacteurs à des taux avantageux, proches de ceux des énergies renouvelables - de l'ordre de 3 à 4 % -, nous aurons besoin d'investisseurs privés. Le projet Sizewell de construction de deux EPR en Angleterre a réussi le pari. C'est un signe concret que le nucléaire devient de plus en plus un actif intéressant pour les investisseurs... »


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