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Une étude menée par l’Université de Calgary tente actuellement de dresser le portrait de l’accès aux soins d’affirmation de genre dans les provinces de l’Atlantique. Cependant, la participation des résidents de l’Île-du-Prince-Édouard demeure l’une des plus faibles de la région.
Les deux étudiants chercheurs Sandra Thoms et Nicholas Wallace cherchent à documenter le parcours de soins des personnes transgenres au Canada atlantique, un sujet où les données demeurent encore trop rares. Or, du côté de l'Île-du-Prince-Édouard, la collecte de témoignages piétine.
De l'avis d'AinZ Kendrick, responsable de la direction du Réseau des personnes transgenres de l'Île-du-Prince-Édouard, ce manque de participation s’explique aisément.
Il y a des stigmas toujours ici. Il faut qu'il y ait plus d'éducation pour mieux accepter des gens transgenres. [...] Beaucoup de personnes ne connaissent pas nos vies.
Selon AinZ Kendrick, de nombreuses personnes transgenres ont également peur de transmettre leurs données personnelles à des chercheurs inconnus, ce qui rend la communauté difficile à joindre.
Pour contourner ce frein, AinZ Kendrick préconise davantage de partenariats avec les acteurs du milieu. En créant des ponts avec des associations locales comme P.E.E.R.S. Alliance ou le Réseau des personnes transgenres, qui bénéficient déjà de la confiance de la communauté, les universitaires pourraient établir des liens.
Une politique favorable face à la réalité du terrain
Bien que la province dispose sur le papier d’un cadre réglementaire progressiste pour les soins d'affirmation de genre, l'accès concret aux traitements médicaux reste un parcours semé d'embûches.
Faute de pouvoir être opérées sur place, de nombreuses personnes transgenres sont obligées de quitter la province pour recevoir les soins chirurgicaux spécialisés dont elles ont besoin.
L'accès est très limité. Des gens qui veulent accéder à des transitions médicales, il faut qu'ils partent de l'île et fassent des procédures à Montréal. C’est très cher.
Même si les interventions chirurgicales hors province sont remboursées par le système de santé public provincial, les coûts annexes – déplacements, hébergement et perte de revenus pour les familles – représentent un fardeau financier majeur. De plus, la situation demeure problématique une fois que les patients sont de retour chez eux.
Après la procédure médicale, il n'y a pas de soutien. Si la personne n'a pas de médecin de famille, il faut aller aux urgences de l'hôpital. [...] C'est difficile d'avoir de l'aide, déplore AinZ Kendrick.
Vision globale de la prise en charge
Au-delà des seules interventions chirurgicales ou hormonales, la notion de soins d'affirmation de genre englobe une prise en charge globale. Comme le soulignent à la fois les chercheurs et les représentants communautaires, un soin respectueux commence par des gestes du quotidien, tels que l’utilisation du nom d’usage et des pronoms appropriés par l'ensemble du personnel soignant.
En levant les voiles sur la réalité du terrain, l'étude de l'Université de Calgary espère porter la voix des personnes concernées auprès des décideurs publics et inciter à une amélioration durable des soins d'affirmation de genre au Canada atlantique.
Avec des informations de CBC


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