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Des politiciens réagissent à une nouvelle publiée mardi par le Globe and Mail selon laquelle un nouvel oléoduc passant par le sud de la Colombie-Britannique serait préféré par Ottawa, plutôt que par le nord comme le souhaiterait l’Alberta.
Ce différend de longue date entre les deux provinces de l’Ouest est au cœur d’un débat, depuis l'échec du projet de pipeline Northern Gateway en 2016. L’Alberta souhaite qu’un nouvel oléoduc passe par le nord de la Colombie-Britannique, où l’accès est plus direct vers les marchés asiatiques, alors que sa voisine s’y oppose.
En entrevue à The Current, une émission radiophonique de CBC, le ministre fédéral de l’Énergie, Tim Hodgson, dit qu'il ne faut pas s’emballer dans des hypothèses, puisqu’aucun oléoduc n’est officiellement proposé.
Je pense que c'est une question cruciale pour les Canadiens. Face au monde actuel et aux menaces de guerre commerciale, la question n'est pas de savoir si nous devons bâtir, mais comment le faire, explique-t-il.
Le premier ministre [Mark Carney] a été très clair : lorsque nous bâtissons, nous le faisons de manière écoresponsable et en partenariat avec les peuples autochtones.
Un protocole d’entente signé entre l’Alberta et Ottawa le 27 novembre 2025 ouvre la voie à la construction d’un oléoduc qui transporterait plus de 1 million de barils de pétrole vers l’Asie.
L'Alberta doit présenter sa demande pour l'oléoduc au Bureau des grands projets d'ici juillet 2026.
Dans un courriel envoyé mardi, l’attaché de presse de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, dit que L'Alberta, en tant que promoteur du projet, dirige l'évaluation de tous les tracés réalisables afin de garantir que la proposition est économiquement viable, socialement responsable et respectueuse des Premières Nations, sans confirmer si un tracé est préféré à un autre.
Par ailleurs, l’attachée de presse du ministre Tim Hodgson répète qu’Ottawa attend la proposition de l'Alberta avec impatience. D'ici là, toute prédiction sur les détails du projet reste hypothétique, mentionne-t-elle.
La pleine capacité de Trans Mountain
Adrian Dix, ministre de l’Énergie et des Solutions climatiques en Colombie-Britannique, estime qu’un oléoduc passant par le nord de la province pour se rendre au port de Prince Rupert est une mauvaise idée pour de nombreuses raisons. Il cite notamment l’acceptabilité sociale, la faible possibilité que des entreprises subventionnent le projet et le moratoire en vigueur.
Les pétroliers qui transportent plus de 12 500 tonnes métriques ne circulent pas entre Haida Gwaii et la côte, donc dans le détroit d'Hécate et le nord de l’île de Vancouver.

Un pétrolier quitte le port de Vancouver.
Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD
Il est possible que le gouvernement fédéral ait adopté mon avis sur le tracé, ajoute Adriane Dix. Nous travaillons en ce moment sur l’optimisation du tracé dans le sud de la province et l’oléoduc Trans Mountain.
Si leurs vues ont changé, les gens d'ici s'attendent à ce que la Colombie-Britannique soit de la partie quand les décisions nous touchent. Nous sommes toujours prêts à collaborer, précise le ministre.
Le ministre croit qu’il est encore possible de faire circuler davantage de pétrole dans cet oléoduc plutôt que d’en construire un nouveau.
Un risque pour l’environnement
Thomas Gunton, professeur de planification environnementale à l'Université Simon Fraser (SFU), estime que le risque de déversement est important, autant avec un tracé au nord qu’au sud de la province.
Les risques sont surtout associés à la hausse du trafic de pétroliers. Notre analyse de l'élargissement de Trans Mountain, qui est en cours, a conclu que la probabilité d'un déversement accidentel se situerait dans une fourchette de 43 à 75 % pendant la période d'exploitation de l'oléoduc, ajoute-t-il.
Thomas Gunton souhaiterait que le pétrole albertain soit plutôt acheminé vers les États-Unis, afin d'éviter des coûts importants. Il s'inquiète aussi du passage d'un plus grand nombre de pétroliers dans les eaux de l’anse Burrard, où des populations d’orques sont à risque.
Le pipeline agrandi Trans Mountain transporte quotidiennement environ 900 000 barils de pétrole de l'Alberta vers la Colombie-Britannique.
Avec des informations de CBC et de Julie Landry


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