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Le malaise des enseignants a sauté aux yeux de tous, début juin lors des manifestations organisées à Bruxelles. Déjà criée depuis plusieurs mois, la colère a alors atteint son paroxysme. Au moment de partir en vacances scolaires, les différents mouvements de contestation avaient assuré qu'ils ne faibliraient pas durant l'été.
À la veille de la rentrée, le mouvement Mars Attacks – né fin mars de l'initiative d'une douzaine d'écoles, ce mouvement de contestation en marge des syndicats rassemble désormais plus de 300 écoles – et les syndicats comptent bien maintenir la pression sur le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Mais pas à n'importe quel prix.
Rentrée chaotique
"Cette rentrée s'annonce chaotique, il n'y a pas un jour qui passe sans que je ne reçoive des appels d'enseignants préoccupés par leur avenir qui demandent comment ils peuvent quitter l'enseignement et se réorienter", lance Roland Lahaye, secrétaire général CSC enseignement.
Le syndicaliste pointe notamment du doigt le passage du nombre d'heures de cours de 20 à 22 heures pour les enseignants du secondaire supérieur qui pèse sur les écoles. "Plutôt que de ramener un peu de sérénité et de calme, la ministre continue à jouer la provocation. Elle aurait tout à gagner à rassembler les acteurs pour exposer ses projets plutôt que de faire, comme d'habitude, ses grandes communications qui sont finalement contreproductives", ajoute-t-il.
Le point de Valérie Glatigny, à quelques jours de la rentrée : "Il n'y a pas d'économies dans l'encadrement des élèves"L'annonce faite ce jeudi par la ministre de l'Enseignement, Valérie Glatigny (MR), de renoncer à son projet de suppression des nominations dans l'enseignement, faute d'accord avec le fédéral sur un taux de cotisation patronale plus avantageux, n'est pas de nature à calmer la colère des enseignants.
"Tant les syndicats que les profs qui sont au courant des mécanismes financiers de la Fédération pointaient déjà ce problème il y a neuf mois, fustige pour sa part Sébastien Demarche, professeur de français et membre de Mars Attacks. À titre personnel, je me demande pourquoi nous avons perdu autant de temps et créé autant de tension."
Pas de grève dès la rentrée
Le malaise dans le monde enseignant n'a pas disparu durant l'été. "Il n'y a pas de doute là-dessus", martèle Roland Lahaye. Leur colère devrait donc continuer à se manifester. "Une manifestation aura lieu le 10 septembre à Liège et il y aura probablement d'autres actions aux alentours de la fête de la communauté française, sauf si, d'ici là, le gouvernement, et pas juste la ministre, nous invite à dialoguer sereinement, en mettant à l'avance une série de points sur la table", prévient-il encore.
Aucune action de grande ampleur ne devrait toutefois être organisée dès la semaine prochaine. "Nous savons que la rentrée est toujours un moment particulier et nous ne souhaitons pas la perturber pour la perturber, ce n'est pas l'objectif. La rentrée doit se passer de manière sereine. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas, dans les jours ou les semaines qui suivent, une reprise des actions comme nous les avons connues avant les vacances."
Le mouvement Mars Attacks n'exclut pas non plus des actions. Mais la main est désormais laissée aux syndicats. "Durant la première semaine de rentrée, nous allons tenter d'objectiver l'impact des mesures, explique Sébastien Demarche. Mars Attacks suivra très probablement les syndicats qui tirent la locomotive pour le moment."
La gratuité scolaire sera insuffisante selon la Ligue des familles : "29 euros de subvention pour une dépense de 102 euros, quelque chose coince"Les deux mouvements se disent complémentaires, là où Mars Attacks prend en charge la contestation, les syndicats gèrent le côté plus institutionnel. "Je pense qu'il existe une sympathie des citoyens à notre égard et y aller trop fort avec des grèves ne serait pas productif. Reste que les mesures du gouvernement ne passent pas, il va donc falloir trouver le moyen de continuer à donner cours tout en se faisant entendre", détaille Sébastien Demarche.
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