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John Mowatt veut faciliter l’intégration et la rétention des travailleurs autochtones dans les mines de l’Abitibi-Témiscamingue avec le projet Nikan, terme qui signifie « aller de l’avant » en langue anicinabe.
Avec son entreprise, Nikan Construction, John Mowatt offre des services de génie civil en sous-traitance à l’industrie minière depuis cinq ans. Une entreprise qu’il a fondée en partenariat avec Dubé Excavation, de Rouyn-Noranda.
Pour ce faire, il a d’abord dû surmonter ses propres préjugés envers l’industrie minière.
Dany Dubé m’a fait visiter une mine qui a complètement changé ma perception des mines. Ce n’était pas du tout comme je le pensais.

John Mowatt est très fier d'offrir l'opportunité à d'autres Autochtones de pouvoir travailler dans le domaine des mines avec son projet et son entreprise, Nikan Construction.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Puis, c’est une rencontre avec un surintendant au complexe minier LaRonde d’Agnico Eagle, à Preissac, qui lui a mis la puce à l’oreille en matière d'employabilité et de roulement de personnel chez les Autochtones embauchés par la compagnie minière.
« Il m’a dit : ''J’aime comment tu présentes ta compagnie, mais j’aimerais avoir des success stories”. On a commencé à regarder ce qui se passait, parce qu’il me disait qu'il y avait des Autochtones qui venaient travailler [à la mine], mais qu'ils ne restaient pas longtemps », se rappelle M. Mowatt.
Beaucoup de méconnaissance
John Mowatt a donc discuté avec des Autochtones qui avaient travaillé dans le domaine minier pour essayer de comprendre ce qui clochait. Il a alors réalisé qu’il y avait encore beaucoup de méconnaissance, tant du côté des travailleurs miniers que des Autochtones.
Ce qu’on a fait, c’est qu’on a développé, avec la mine LaRonde, un projet qui s’appelle Nikan, qui prépare en amont les gens qui travaillent dans le domaine minier. C’est un projet de formation et d'intégration sur l'histoire autochtone, sur ce qu'est un Autochtone, sur comment travailler avec un Autochtone, explique John Mowatt.

Le complexe minier LaRonde d'Agnico Eagle, à Preissac, près de Cadillac. (Photo d'archives)
Photo : SITE : Agnico Eagle Limited
Entre 500 et 600 travailleurs miniers ont ainsi été sensibilisés depuis, à travers des formations et des conférences offertes par cet entrepreneur qui se passionne pour ses origines anicinapek.
« Après les formations, ce que disent souvent les gens, c’est : ''On ne le savait pas''. C’est sûr, ça n’a jamais été dit. Beaucoup de gens me disent que ç'aurait dû être fait depuis longtemps. Nous, on l’a fait parce qu’on croit au projet. Il faut se parler et apprendre à travailler ensemble. C’est vraiment important pour moi. C’est aussi important pour la minière. C’est pour ça qu’on est rendus là en 2026 », fait valoir John Mowatt.
Une agente de liaison a été mise à la disposition des travailleurs autochtones par la minière. Toute l’initiative a valu le prix Relations communautaires de l’Association minière du Québec au complexe minier LaRonde.
On essaie de tout mettre en place pour que ça fonctionne et le résultat est là aujourd’hui. Ça fonctionne!, souligne John Mowatt.
Des exemples de réussite
Aujourd’hui, environ une dizaine d’Autochtones travaillent pour Nikan Construction dans différentes mines de la région.
On en a trois ici, à LaRonde, dont deux qui sont là depuis environ trois ans. Et ça va en grandissant de plus en plus. On est vraiment fiers de ça, affirme John Mowatt.
Jordan Kistabish, un citoyen de Pikogan de 46 ans, est l’un de ces exemples de réussite. Il travaille comme journalier à LaRonde depuis le début du projet.
Je travaille à la surface. J’aime bien ça. Je suis manuel. J’ai une équipe avec laquelle je travaille beaucoup. Ce sont des allochtones. En tant qu’Autochtone, ça fait différent que de travailler dans ma communauté. C’est beaucoup de positif. Premièrement, c’est payant!, lance-t-il, en riant. Et je suis bien entouré.

Jordan Kistabish, qui fait ici l'inspection d'un extincteur, a oeuvré dans le secteur de la construction et au service des travaux publics à Pikogan avant de se joindre à Nikan Construction.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Taylor Mapachee, 27 ans, avait déjà travaillé dans la fosse de la mine Casa Berardi, au nord de La Sarre. Une expérience qui a duré quatre mois. C’est Jordan Kistabish qui l’a approché à Pikogan, il y a près de trois ans.
Je suis journalier de l’entretien de la cour à la surface. Je travaille un peu partout sur le site, et puis, en hiver, je travaille sur le déneigement. Je suis content de travailler ici. Je garde ça pas mal positif, raconte-t-il.
Grande reconnaissance
Tous deux sont très reconnaissants envers John Mowatt et le projet Nikan.
C'est un élément important pour nous, puis pour notre communauté aussi. C'est sûr qu'on veut faire venir les gens ici pour qu’ils puissent avoir une chance de participer. Je peux dire que John a fait un super beau travail depuis le début. Je suis super reconnaissant qu’il m’ait donné cette chance de travailler pour Nikan, puis pour la mine, souligne Taylor Mapachee.

Dans le cadre de son travail de journalier, Taylor Mapachee peut être appelé à transporter d'autres travailleurs ou des équipements sur le site du complexe minier LaRonde.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Il m’a permis de venir dans les mines, de voir d’autres opportunités de jobs, renchérit Jordan Kistabish. On est bien ici. C’est ça qu’il a réussi à faire avec moi, John. Il m’a allumé une petite lumière en tant que travailleur, puis il m'a donné une meilleure estime de soi.


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