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Dès les premières lueurs de l'aube à Nasirabad, une file d'attente composée d'hommes, de femmes et d'enfants s'est déjà formée devant l'usine de glace de la ville. Munies de seaux, de sacs et de récipients en plastique, ces personnes espèrent acheter des glaçons pour aider leur famille à supporter une nouvelle journée caniculaire. Taimoor, 12 ans, arbore son uniforme scolaire et explique qu'il s'agit de la tâche la plus importante de sa journée. «Si je ne ramène pas de glace, comment allons-nous supporter la chaleur à la maison?, demande-t-il. Et comment allons-nous boire cette eau qui semble bouillir?»
Une fois la glace récupérée, l'enfant se dépêche de rentrer chez lui pour la déposer, avant de reprendre le chemin de l'école. À 8h, le soleil tape déjà fort. Pour se rafraîchir, il s'asperge le visage avec l'eau qui fond autour des blocs de glace, raconte le Guardian.
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Alors que les températures s'envolent dans cette région du Pakistan, la protection contre la chaleur dépend de ce que chacun peut trouver, acheter ou improviser. Entourée de montagnes et de vergers de palmiers dattiers, Nasirabad est une petite ville située à environ 40 kilomètres de Turbat, dans le district de Kech. La plupart des habitants vivent dans des maisons en terre crue. Dans cette région, l'électricité n'est disponible que quelques heures par jour. Difficile dans ce contexte de faire fonctionner un réfrigérateur ou un ventilateur.
50°C à l'ombre
Les plus aisés se sont équipés de panneaux solaires. Pour les autres, la glace achetée chaque matin constitue parfois le seul moyen de trouver un peu de fraîcheur. En mai dernier déjà, le service météorologique pakistanais avait inclus Turbat parmi les régions susceptibles d'enregistrer des températures frôlant les 50°C. Les chaleurs extrêmes frappent l'Asie de plein fouet: en 2025, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a indiqué que le continent se réchauffe près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
À Nasirabad, les habitants mesurent cette accélération dans leur quotidien: la température de l'eau grimpe, les files d'attente pour obtenir de la glace s'allongent et les familles peinent à faire fonctionner les ventilateurs alors que le thermomètre s'emballe.
400 blocs de glace produits chaque nuit
Mohammad Haider est propriétaire de l'usine de glace. Chaque matin, vers 7h, les ouvriers lèvent le volet métallique et, en l'espace de deux heures, les 400 blocs produits pendant la nuit sont écoulés. «Cela m'attriste quand les gens ne parviennent pas à obtenir de la glace avant qu'il n'y en ait plus, regrette le gérant. Ils doivent alors passer toute la journée à boire de l'eau tiède.»
Le Pakistan figure à la 147ᵉ place de l'indice de résilience des pays face au changement climatique. Des investissements importants, couplés à des innovations technologiques, seront nécessaires pour mieux appréhender l'augmentation des températures. «La journée se passe dans la chaleur et l'étouffement, rapporte une habitante de Nasirabad. Il n'y a pas d'électricité pour faire fonctionner un ventilateur, et je n'ai pas les moyens d'acheter des panneaux solaires.» La nuit, de nombreuses familles préfèrent ainsi dormir à la belle étoile plutôt que de suffoquer dans leurs petites habitations.
La chaleur extrême a duré tout l'été. Dans ses prévisions pour le mois d'août, le service météorologique pakistanais avait annoncé des conditions très chaudes et sèches dans tout le Baloutchistan. Les autorités ont recommandé d'éviter toute exposition au soleil, de bien s'hydrater et d'utiliser l'eau avec parcimonie. Elles ont enjoint les agriculteurs d'adapter leurs activités et de protéger leur bétail.
Le Pakistan dispose bel et bien de plans de lutte contre les vagues de chaleur. Mais sur le terrain, à Nasirabad, les habitants disent surtout devoir compter sur eux-mêmes. Ils s'appuient sur des solutions d'infortune: des blocs de glace produits par une usine locale, des panneaux solaires sans batteries (celles-ci sont trop coûteuses), des voisins partageant leurs réfrigérateurs et des familles qui dorment à l'extérieur. En espérant que l'automne, et des températures plus clémentes, arrivent vite.





























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