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« Négros, bougnoules, on va vous tuer » : à Lyon, des agressions racistes devant le stade de l’OL scandalisent

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Une élue locale et son compagnon ont dénoncé des violences subies en marge du match Lyon-Le Havre. La mère d’un lycéen de 17 ans rapporte qu’il a également été pris pour cible.

Des agressions racistes devant le stade de Lyon scandalisent. (photo de l’attelle portée par Meriem Bouchedda, l’une des victimes, à la suite des violences qu’elle a subies)

Capture d’écran Facebook (Meriem Bouchedda)

Des agressions racistes devant le stade de Lyon scandalisent. (photo de l’attelle portée par Meriem Bouchedda, l’une des victimes, à la suite des violences qu’elle a subies)

Ils ont pris pour cible des « négros » et des « bougnoules ». Au moins trois personnes ont été victimes d’agressions racistes samedi 29 août à proximité du Groupama Stadium, à Lyon, en marge du match de Ligue 1 opposant l’Olympique Lyonnais (OL) au Havre, ont rapporté plusieurs médias. Les faits dénoncés font l’objet d’une enquête visant à identifier les criminels, rapportent notamment RMC Sport, France 3 et 20 Minutes.

La première à donner l’alerte a été Meriem Bouchedda, élue d’opposition à Rillieux-la-Pape, violentée aux abords du stade, tout comme son compagnon, au cours d’une « nuit d’horreur » qu’elle a retracée pour 20 Minutes et France 3, ainsi que dans une publication Facebook.

Il était « vers minuit 15 » et « le match était terminé depuis une heure » lorsque six hommes vêtus de maillots de l’OL, « des bières à la main », invectivent les deux victimes qui marchent vers le tramway. « Ils regardent vers nous, et l’un d’entre eux lance : “Sales bougnoules” », se souvient l’élue de 21 ans. Constatant que les individus sont « bourrés », le couple de poursuivre sa route sous les insultes… rapidement suivies de violences physiques.

« J’ai vu la mort » et « tout le monde nous regardait et riait »

Un homme attrape le compagnon de Meriem Bouchedda par le cou et le pousse au sol, il est roué de coups par le groupe. La jeune femme tente de s’interposer, mais elle ne « faisai[t] pas le poids avec [ses] 50 kg ». « Un autre s’en est pris à moi, témoigne-t-elle, il m’a pris par les poignets […] puis m’a écrasé le pied, tout en essayant de [me] maintenir ». « J’ai vu la mort », assure la jeune femme, toujours choquée, affirmant qu’un des agresseurs a manqué d’étrangler son mari.

Elle raconte que le bruit a attiré « d’autres supporters » portant « des t-shirts “identités Lyon” » et « des écharpes Bad Gones » – un groupe de supporters qui se revendique « apolitique » mais dont certains membres sont liés à l’extrême droite, comme l’a notamment documenté Mediapart. Quand l’une de ces personnes demande ce qui se passe, un homme répond au sujet d’un des agresseurs : « C’est mon pote, t’inquiète pas, ce sont des sales Arabes, ils méritent. »

« Je les ai suppliés d’appeler la police ou les pompiers », assure Meriem Bouchedda, selon qui « tout le monde […] regardait et riait ». L’élue et son compagnon ont finalement réussi à se mettre à l’abri et à appeler la police. Tous deux se sont vu prescrire 15 jours d’incapacité temporaire de travail (ITT) et ont déposé plainte pour violences volontaires. Un dépôt confirmé par la préfecture du Rhône, tout comme l’ouverture d’une enquête.

« Négros, bougnoules, on va vous tuer »

Les deux vingtenaires n’ont pas été les seules personnes agressées samedi en marge du match. Un lycéen de 17 ans, qui n’allait même pas à la rencontre mais passait simplement sur le parvis à proximité du stade a été violemment attaqué vers 20 heures, rapporte le journal local Le Progrès. Mâchoire fracassée, nez cassés et des bleus partout, Adam (prénom d’emprunt) s’est vu prescrire 30 jours d’ITT.

Le lycéen et ses amis « ont croisé la route d’un groupe » de plusieurs dizaines de personnes, « certain[e]s avec des cagoules, des matraques », a témoigné la mère du jeune homme auprès du Progrès. « Ils ont commencé à les insulter : “Négros, bougnoules, on va vous tuer” ! » Les amis d’Adam réussissent à fuir, mais le jeune homme n’y parvient pas et se fait « lyncher » à « coups de pied » et « de poing », s’indigne sa mère, selon qui les agresseurs « ont failli le tuer » et « l’ont massacré ».

« Je ne vous souhaite pas de voir votre enfant comme ça, il a besoin d’un chirurgien facial », a-t-elle écrit sur Facebook. Le Progrès précise qu’une plainte a été déposée et que, là aussi, une enquête est en cours pour retrouver les criminels.

Des violences fermement condamnées par l’OL et plusieurs élus

L’Olympique lyonnais – qui ne mentionne pas, à ce stade, le cas d’Adam sur ses réseaux sociaux – avait réagi lundi à l’agression de Meriem Bouchedda et de son compagnon via un communiqué mis en ligne sur son site. Le club y « condamne fermement toute forme de violence » et affirme avoir ouvert « une enquête interne pour établir l’ensemble des faits ». L’OL assure qu’« il fera preuve d’une tolérance zéro envers les violences, le racisme, le sexisme et l’ensemble des discriminations » et fait savoir qu’il « se constituera également partie civile ».

Les trois agressions ont également été dénoncées par plusieurs élus de gauche ce mercredi. « Racistes, hors de nos stades, hors de nos vies », a écrit le coordinateur de LFI Manuel Bompard sur X, apportant son « soutien à Meriem Bouchedda et son conjoint », tout comme le sénateur écologiste du Rhône, Thomas Dossus, qui a condamné l’« agression raciste » et demandé que les responsables soient « punis et éloignés des stades », « si un lien avec des supporters est avéré ».

« La haine raciste se déchaîne aux abords du stade de l’OL », a abondé le maire LFI de Vénissieux, Idir Boumertit, dans le sillage de son homologue insoumis de Vaux-en-Velin Abdelkader Lahmar. Les deux hommes, tout comme le député LFI du Rhône Gabriel Amard, ont dénoncé les trois agressions et appelé la préfecture du Rhône et l’OL à réagir, déplorant l’« impunité » dont bénéficient les auteurs d’actes racistes.

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